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Mise à niveauÇa ne marche pas

Par L'Economiste | Edition N°:1738 Le 01/04/2004 | Partager

. Les trois fonds dédiés ne fonctionnent pas à plein régime. Les banques exigent toujours des garanties réelles. Les entreprises hésitent à jouer la carte de la transparenceLes entreprises ne se bousculent pas pour profiter des instruments de la mise à niveau. Faut-il ou non s'en inquiéter? Bien sûr, les avis sont partagés. Du côté du ministère de tutelle et de l'Agence nationale pour la PME (ANPME), l'on estime qu'il est prématuré de tirer la sonnette d'alarme, le processus étant encore en phase de démarrage. La campagne de communication grand public, initiée par le comité national de mise à niveau, et qui s'est étalée sur 8 semaines, a été bouclée le 7 mars dernier. Il est trop tôt pour en évaluer l'impact en termes de dépôts de dossiers. «Cependant, elle a permis d'attirer l'attention de la cible et de susciter une hausse de la demande d'informations auprès des organismes impliqués dans le processus de mise à niveau», indique le ministère des Affaires économiques, des Affaires générales et de la Mise à niveau de l'économie. L'évolution du processus paraît donc normale puisque les chefs d'entreprise doivent prendre le temps de s'informer, de s'acclimater aux nouvelles exigences. C'est dans cette perspective qu'une campagne de proximité a été lancée le 22 mars à travers les différentes régions. De leur côté, les patrons de PME reconnaissent les efforts déployés par l'Etat pour enclencher la dynamique. Mais les risques d'échec sont bien là, estiment-ils. «Sur le terrain, les banques continuent à demander trop de garanties réelles, celle de la Caisse centrale de garantie ou de Dar Ad-Damane ne suffit pas à couvrir le risque. De plus, les lignes étrangères sont complexes et contraignantes», explique Hammad Kassal, président de la Fédération des PME/PMI. Quant aux banquiers, ils invoquent comme toujours, la non-fiabilité des comptes, la rareté de projets viables et la complexité des procédures liées au financement. «Les banques n'allègeront pas le poids des créances en souffrance en continuant à financer comme par le passé, des projets sur la base de la taille de garanties réelles présentées», souligne un patron d'entreprise. Ces divergences donnent lieu à des débats au sein du comité de financement, depuis plus d'un an. Quelques mesures d'assouplissement ont fini par être adoptées. Il s'agit essentiellement de l'unification des taux d'intérêt des différentes lignes étrangères à 5% et de la rémunération des banques (autour de 1%). Reste à réduire les délais de déblocage des lignes françaises et italiennes entre autres. «La direction du Trésor et la Fédération des PME ont travaillé sur ce point. Pour la ligne française, le délai devrait être ramené de 6 mois à 90 jours et pour la ligne italienne, de 1 an à 120 jours», précise le président de la FPME. Mais les délais demeurent encore trop longs et peuvent compromettre la viabilité des projets de restructuration, estiment les entrepreneurs. Dans les faits, l'on assiste souvent à un désistement et la PME finit par opter pour un crédit à moyen terme (CMT), commercialisé par sa banque, moyennant un taux d'intérêt de 7,5%, soit un différentiel de 2,5 points par rapport aux lignes étrangères. Le différentiel de taux n'est donc pas dissuasif et l'entreprise a une bonne maîtrise de ses délais et donc de ses coûts. De plus, les lignes étrangères donnent lieu à des crédits liés à l'achat de matériel en provenance du pays donateur. La FPME a exprimé le souhait de généraliser cette clause à l'ensemble des pays de la zone Schengen, pour accorder une plus grande liberté de choix à l'entreprise importatrice d'équipements. Mais au-delà de ces mesures techniques, le Comité national devra trouver le moyen de resserrer le lien entre l'entreprise et sa banque. En effet, c'est cette relation qui reste essentielle dans la vie d'une entreprise. L'une des pistes de réflexion porte sur le renforcement du rôle d'assistance technique des banques au profit des entreprises. A titre d'exemple, la convention conclue récemment entre l'ANPME et la BCP prévoit l'accompagnement des entreprises clientes dans leur mise à niveau, à travers un package couvrant les volets technique et financier. Reste à régler le problème épineux du surdimensionnement des garanties. Pour exemple, le Foman prend en charge 30% du programme d'investissement et le crédit bancaire, la moitié. Les 20% restants doivent être financés en fonds propres. Côté garanties, l'aval de la Caisse centrale couvre 50% de ce crédit. En définitive, la banque endosse seulement 25% du risque lié au projet d'investissement global. Or, elle exige de manière systématique les garanties classiques comme le nantissement de fonds de commerce et du matériel et la caution personnelle.


Faut-il revoir les critères d'éligibilité des fonds?

Trois fonds ont été mis en place pour financer la mise à niveau des entreprises. Le Fortex, datant de 2003, est destiné à l'industrie du textile et de l'habillement. Le Renovotel, 200 millions de DH, vise la restructuration des unités hotelières et a démarré la même année. Ces deux fonds ont été confiés conjointement à la Caisse centrale de garantie et Dar Ad-Damane.Le Foman, doté de 400 millions de DH, a été lui mis en place fin 2003 et le premier dossier a été agréé en janvier 2004. A noter que ses engagements sont limités à 30% maximum du coût du programme de mise à niveau éligible avec un plafond de 2,5 millions de DH, le reliquat étant assuré par les fonds propres de l'entreprise à hauteur de 20% minimum et par crédit bancaire.Parmi les dysfonctionnements relevés, la concurrence entre le Fortex et le Foman. «Les conditions du Foman étant plus favorables, l'arbitrage pour le financement de la mise à niveau des entreprises du textile se fait souvent en faveur de ce fonds, et donc au détriment du Fortex», souligne un expert de la mise à niveau. Une réflexion est actuellement menée pour repositionner le Fortex et lui permettre de remplir sa mission. A noter que le Renovotel n'est pas concurrencé par le Foman puisque que ce dernier ne s'adresse pas aux entreprises hôtelières.Autre faiblesse de ces fonds: ils financent exclusivement les programmes d'investissement et ignorent les problèmes de trésorerie que connaît la majorité des entreprises et qui sont liés aux délais de recouvrement trop longs. «Le volet restructuration financière des PME a été totalement occulté dans le dispositif. Or, c'est le problème numéro un de ces structures», ajoute l'expert. Pour accélérer la dynamique, il faudra, selon lui, mettre en place un fonds spécifique dédié au financement des besoins en fonds de roulement.Mouna KABLY

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