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    Europe

    Maroc-UE : L'accord remporte l'unanimité du parlement

    Par L'Economiste | Edition N°:238 Le 11/07/1996 | Partager

    La Chambre des Représentants a ratifié, vendredi 5 juillet, l'accord de partenariat entre le Maroc et l'Union Européenne signé le 26 avril. L'unanimité des élus cache une différence de vision entre les partis de la majorité et ceux de l'opposition.


    Premier accord international à être soumis au Parlement pour ratification, l'accord de partenariat entre le Maroc et l'Union Européenne vient de remporter l'unanimité de tous les partis politiques. Ils ont tous signalé les avantages que tirera le Maroc d'un tel accord. Néanmoins, le vote pour n'a pas été motivé par une même conception des relations avec l'UE. Les uns ont évoqué les effets bénéfiques sur l'économie marocaine. Pour eux, il s'agit d'une nécessité économique et commerciale, vu la position géographique du Maroc et l'ancienneté des relations. Pour les autres, l'accord est un acte volontaire qui reflète un choix délibéré fait par le pays. Toutefois, bien qu'ils admettent que certaines clauses de l'accord auront des effets négatifs sur les finances de l'Etat, notamment la baisse des droits de douane, ils n'incitent pas moins à aller dans le sens de l'association avec l'Europe. Ils insistent cependant sur le fait que les Etats européens doivent respecter leurs engagements envers le Maroc, notamment pour qu'ils revoient la question des quotas appliqués aux produits agricoles. La majorité a proposé également que, selon le principe des intérêts bien compris, l'Europe doit aider le Maroc à réduire son endettement par la reconversion d'une partie de la dette en participations.

    Vote pour le défi


    Les raisons qui ont poussé l'opposition à voter en faveur de l'accord sont différentes et plus profondes. Si le Maroc signe cet accord c'est parce qu'il y est obligé. L'opposition est pour l'accord parce qu'il représente un défi, même si pour elle le gouvernement actuel est incapable de le relever. Pour Fathallah Oulalou, chef du groupe parlementaire de l'USFP, le gouvernement a négocié sur la même base qu'en 1969. L'économie, a-t-il dit, n'a pas évolué depuis, et les mêmes dossiers ont été discutés, à savoir les tomates, la pomme de terre, les agrumes et les fleurs. Ces dossiers ne sont pas favorisés par l'accord actuellement, a dit le député, qui enregistre néanmoins le cas positif des sardines. Depuis cette date, les structures de la production n'ont pas changé, ce qui met le Maroc dans une situation de faiblesse vis-à-vis de l'Europe. L'industrie n'a pas changé et les échanges sont restés peu diversifiés, l'Europe représentant pour le Maroc 70% des échanges extérieurs, des sources de financement, de l'investissement direct étranger, du transfert de technologie. C'est l'industrie qui court le plus de risques avec l'accord. La concurrence internationale oblige le pays à penser sa mise à niveau, laquelle nécessite des moyens financiers importants. Dans le secteur du textile, l'accord multifibres qui donnait des avantages au Maroc n'aura plus d'effet. Les entreprises se retrouveront alors en confrontation directe avec les concurrents d'Asie dont la compétitivité est très élevée.

    La mise à niveau de l'Administration


    L'Europe doit participer et les Marocains sont tenus d'exécuter leurs programmes puisque la partie non utilisée des fonds durant l'année ne sera pas reconduite l'année suivante, d'où l'urgence de la réforme de l'Administration. Celle-ci doit, vu la nouvelle donne, faciliter le processus de mise à niveau, les investissements étrangers et permettre aux investisseurs nationaux de réaliser leurs projets sans entraves. L'enjeu est grand pour le pays.

    Mais pour Fathallah Oualalou, si le Maroc a besoin de l'Europe, cette dernière ne peut trouver d'alternative à l'association avec le Maroc. En effet, dit-il, l'Europe est en concurrence avec deux autres régions, d'une part l'Amérique et d'autre part l'Asie, lesquelles ont constitué des structures d'association qui en font des espaces économiques très importants, étant donné leurs populations et les structures économiques dont elles disposent. Pour l'Europe, le pourtour méditerranéen constitue l'espace économique naturel propice au renforcement de ses capacités concurrentielles. Pour l'opposition, le gouvernement n'aurait pas pris en compte cet élément qui renforce pourtant la position du Maroc dans les négociations.

    L'accord selon les députés de l'opposition doit être global et porter aussi bien sur le politique, le culturel que l'économique. L'Europe doit respecter l'identité marocaine, ses choix politiques et son droit au développement. Quant au Maroc, l'opposition signale que la mise à niveau n'est pas une question de compétitivité industrielle, bien que ce volet soit très important. Il est nécessaire qu'elle porte également sur l'aspect politique.

    Hakim ARIF

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