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Maroc-Espagne
Plus de sujets tabous des deux côtés

Par L'Economiste | Edition N°:1940 Le 18/01/2005 | Partager

. Un effort de pédagogie pour accompagner les entreprises au MarocJuillet 2002, le Maroc et l'Espagne étaient au bord de la confrontation militaire sur la désormais célèbre île de Torah (dont la superficie ne dépasse pas un stade). Juillet 2004: ils décident d'envoyer un contingent militaire pour rétablir la paix à Haïti. Etrange hasard de calendrier. En deux ans, les relations entre les deux pays ont complètement changé: d'un affrontement évité de justesse, ils sont passés à une entente historique qui a fait d'eux, non seulement de bons voisins mais, bien au-delà, des émissaires de paix dans le monde. Et cette entente, l'ambassadeur d'Espagne à Rabat, Luis Planas Puchadas, la qualifie de «structurelle« et «stratégique«. Il ne faut pas, dit-il, y voir un rapprochement conjoncturel, lié au bon vouloir du gouvernement socialiste, mais un engagement des deux pays pour «une réconciliation pérenne«. «Tout le monde a compris les leçons du passé«, assure-t-il. Il serait peut-être difficile de croire, comme le pense Larbi Messari, expert des relations maroco-espagnoles, que cette dynamique a été enclenchée en décembre 2003, sous José Maria Aznar lui-même, lorsque ce dernier est venu parapher à Marrakech l'accord financier «le plus élevé jamais signé par l'Espagne«: trois conventions portant sur une enveloppe de 390 millions d'euros. Pourtant, c'est sous ce même Aznar que les relations diplomatiques et politiques, ont atteint un seuil alarmant. Entre le Maroc et l'Espagne, les affaires se traitent et des partenariats économiques se nouent indépendamment des aléas politiques: plus de 60% d'échanges commerciaux depuis 1998. Deuxième partenaire commercial après la France et premier investisseur international au Maroc en 2003 (grâce à l'arrivée d'Altadis), l'Espagne a consolidé ses rapports avec le Maroc dans des secteurs variés comme le textile, les télécoms, l'agroalimentaire, le tourisme et prochainement dans la pêche, si les consultations préliminaires aboutissent à un accord. Ce qui est demandé, c'est un «effort de pédagogie« de la part de l'Administration marocaine pour expliquer la facilitation des procédures. «Il faut miser sur l'accompagnement des entreprises«, explique l'ambassadeur. Le langage des hommes d'affaires n'a pas suivi celui des politiciens. Heureusement! Car tant que des dossiers politiques sensibles resteront en suspens, personne ne peut garantir la pérennité de cette entente. La preuve en est ces hésitations espagnoles sur la question du Sahara. Juste après leur arrivée au pouvoir, le chef de la diplomatie espagnole Angel Moratinos et son patron Luis Zapatero ont créé l'événement en propulsant la formule «de la diplomatie active«, qui appelle au dialogue direct. Au fil des visites dans la région et de la réceptivité ou non des responsables rencontrés, cet appel au dialogue direct subira quelques changements. Il ira jusqu'à la reconnaissance du plan Baker II, contesté par le Maroc, et au droit à l'autodétermination. Jamais les susceptibilités de la diplomatie n'ont été aussi révélatrices. Car en réalité, l'enjeu politique du Sahara dépasse les bonnes intentions de Zapatero. «Le gouvernement socialiste n'a pas une grande marge de manœuvre«, explique Messari. Il ne dispose que d'une majorité relative au Congrès des députés et n'est que la seconde formation au Sénat, derrière le Parti Populaire. L'équipe Zapatero doit donc contenter les petites formations tels Izquierda Unida (d'obédience communiste) et certains partis nationalistes qui servent d'appui ponctuel à sa gestion. Et ces formations soutiennent justement l'autodétermination. Zapatero veut éviter que cette question ne fédère ses alliés occasionnels en un front du refus qui priverait les socialistes de majorités qualifiées parfois nécessaires au Congrès et au Sénat.De toutes les façons, l'Espagne ne peut pas aller au-delà de sa première proposition de dialogue direct. «La solution ne peut être trouvée que par les pays eux-mêmes«, affirme l'ambassadeur espagnol. L'encouragement des échanges économiques peut-il dissiper les blocages politiques? Sans trancher, la réponse de l'ambassadeur espagnol est éloquente. «L'euro a été pensé au départ pour satisfaire des besoins de commodité commerciale. Et c'est devenu un outil politique«. Pour cet ancien directeur de cabinet de l'ex-commissaire au Budget Pedro Solbes, cet exemple montre que les exigences du commerce intérieur, basées au départ sur les questions économiques, finissent par influer sur le politique. Il est vrai que concernant le Sahara, l'Espagne ne peut donner plus que ce qu'elle a. Au durcissement des procédures migratoires du côté marocain, l'Espagne a répondu en procédant à un mouvement de régularisation en masse. Mais l'approche diverge sur l'implication des pays sahéliens, origine des flux, à travers des aides accrues. Et c'est ce que demande Rabat. Mais Madrid, qui affirme être arrivée «à l'idée que le Maroc est un pays de transit«, estime que l'approche adoptée actuellement est la bonne (la preuve en est la baisse du nombre des candidats à l’émigration(1). «Nous ne pouvons pas arriver à zéro migrants. En revanche, nous nous sommes engagés dans une organisation des flux migratoires à travers un recrutement des travailleurs à l'origine«, explique l'ambassadeur. Nadia LAMLILI -----------------------------------------------------------------------(1) Le nombre d'immigrés clandestins capturés à leur arrivée à bord d'embarcation de fortune en Espagne a baissé de 18% en 2004 par rapport à 2003, selon le Secrétariat d'Etat espagnol à l'Immigration.

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