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Maroc-Belgique
Bruxelles-Capitale recentre sa coopération vers le sud

Par L'Economiste | Edition N°:2758 Le 17/04/2008 | Partager

Guy Vanhengel est ministre du gouvernement de Bruxelles-Capitale chargé des Affaires étrangères et des Finances. Capitale de l’Europe, la métropole belge pèse 1/5 du PIB du pays et plus du tiers de l’impôt sur les sociétés grâce à une impressionnante concentration des quartiers régionaux des multinationales. 250.000 Marocains ou Belges d’origine marocaine vivent dans la région. Après avoir focalisé son aide sur l’Europe centrale, Bruxelles réoriente sa coopération vers les pays du sud. Le Maroc est un des premiers bénéficiaires de ce recentrage. Avec Rabat, la capitale belge entretient un partenariat exemplaire. - L’Economiste: Vous avez un accord de partenariat avec la région de Rabat. En quoi consiste-t-il? Et où en êtes-vous aujourd’hui?- Guy Vanhengel: Nous avons mis sur pied ce partenariat il y a 3-4 ans. Depuis, une grande amitié s’est installée au niveau des équipes concernées par son application. Nous nous sommes dit qu’il fallait travailler sur un accord de coopération après que la région de Bruxelles ait par le passé, concentré toute son énergie vers les pays de l’Europe centrale qui ont adhéré à l’Union européenne, pour se réorienter vers des pays ayant beaucoup de ressortissants chez nous. Il se fait que la population d’origine étrangère la plus importante dans la région bruxelloise est marocaine. Elle est évaluée à près de 250.000 dont des bi-nationaux. Avec nos amis de Rabat, nous travaillons sur des domaines très variés dont l’environnement, l’imagerie médicale, notamment le dépistage du cancer du sein. Bruxelles dispose d’un hôpital à l’expertise mondiale reconnue dans le domaine de l’oncologie qui travaille en collaboration avec l’université et le CHU de Rabat. Nous travaillons aussi sur des domaines un peu plus festifs qui, au niveau de l’image respective des deux régions, ont un impact particulier. Il existe une collaboration entre le Comité national olympique marocain, le ministère des Sports du Maroc et la région de Bruxelles. Ensemble, nous allons organiser régulièrement le mémorial Van Damme, un des meetings d’athlétisme les plus cotés dans le monde. - Que représente la région de Bruxelles-Capitale dans l’économie belge?- Bruxelles est une petite région par sa superficie. Elle compte19 communes et un million d’habitants. Mais elle n’en est pas moins le moteur économique du pays. 20% du produit intérieur brut provient de la région bruxelloise, ainsi que 35% de l’impôt sur les sociétés. Bruxelles-Capitale est, par ailleurs, le plus important bassin d’emplois du pays: 650.000 y sont disponibles dont 350.000 occupés par des non-Bruxellois. Il ne fait l’ombre d’un doute que Bruxelles est un des piliers économiques du pays. Son capital-image est une ressource inestimable pour notre pays. Bruxelles est connue dans le monde entier comme la capitale de l’Europe, même avant d’être celle de la Belgique. Selon les experts, la valeur financière de cette image s’élève à 640 milliards de dollars. L’un de nos atouts est la concentration des institutions européennes. Elle constitue un levier stratégique de communication. En dehors de Washington, Bruxelles concentre, par ailleurs, la plus forte population des journalistes étrangers dans le monde. C’est une ville qui est probablement la métropole la plus cosmopolite d’Europe avec plus de deux cents nationalités. Le monde entier est pratiquement représenté à Bruxelles. Il n’y a pas un seul pays qui ne compte pas de ressortissant à Bruxelles. - Elle affronte aussi de gros problèmes d’intégration des immigrés.- Le problème d’intégration est réel, notamment au niveau social. Le plus important, c’est d’aider les populations venues vivre chez nous à s’épanouir et à grimper dans l’échelle sociale. Pour cela, il n’y a qu’un instrument efficace, la formation pour favoriser leur insertion sur un marché de l’emploi de plus en plus exigeant sur le niveau de qualification. La maîtrise d’au moins deux langues est une exigence minimale. Du fait de la tertiarisation de l’économie régionale, les standards exigés par les employeurs sont de plus en plus draconiens en termes de qualification.- Vous avez aussi en charge les Affaires étrangères de Bruxelles-Capitale. Est-ce que la région a une diplomatie propre?- Tout à fait. Nous avons un réseau d’attachés commerciaux répartis un peu partout dans le monde, y compris au Maroc. Ils sont souvent attachés aux ambassades de Belgique et travaillent en collaboration avec leurs homologues de la Wallonie et de la Flandre. Ils travaillent sous la tutelle de la région mais en parfaite coordination avec la diplomatie fédérale.- Vous abritez une concentration de multinationales et de grandes firmes. En tant que responsable des Finances de la Région, vous devez être un homme heureux sur le plan des recettes fiscales.- Vous touchez là le cœur de l’imbroglio institutionnel du système belge. C’est vrai que nous avons des moyens importants, le budget de Bruxelles-Capitale est d’environ 3 milliards d’euros. De l’extérieur, ça paraît très important, mais par rapport au rôle économique de la capitale, nous estimons que nous sommes un peu lésés. C’est un combat que beaucoup de responsables des métropoles doivent mener de par le monde. Lorsque je rencontre mes collègues, je constate que nous partageons le même problème.


Déficit de com

- L’Economiste: Les entreprises bruxelloises sont peu visibles dans les projets au Maroc.- Guy Vanhengel: Vous avez raison. C’est quelque chose qui m’interpelle aussi. L’explication tient au manque de contact entre nos deux pays. Chez nous, tous ces programmes de développement qui sont initiés au Maroc, ne sont pas encore suffisamment connus. Nos grandes entreprises sont souvent impliquées dans les grandes opérations dans les pays pétroliers du Golfe, mais elles ne connaissent pas encore les opportunités existantes au Maroc et le dynamisme de son économie. De même, la population belge a encore une vue tronquée et datée de ce qui se passe dans ce pays. Dans une conférence où j’avais été convié, l’auditoire était surpris d’apprendre que le gouvernement marocain comptait sept femmes ministres. Cela tient en partie au fait que les Belges d’origine marocaine continuent à avoir une image du Maroc d’il y a trente, quarante ans. Ces clichés continuent à être véhiculés dans l’opinion, les progrès réalisés par le Maroc sont mal ou peu connus chez nous. C’est une des raisons pour laquelle je suis de ceux qui pensent que l’organisation du meeting d’athlétisme en juin prochain à Rabat est un vecteur de communication pour le Maroc. Dans l’autre sens, il faudra que le Maroc muscle sa politique de communication pour faire connaître tout ce qu’il entreprend sur le plan économique et les réformes qu’il réalise. Pour l’instant, ces éléments là sont mal connus chez nous.Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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