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    Marchés à terme : L'attrait des produits dérivés

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    Les produits dérivés passionnent et inquiètent en même temps. Si leur utilité a été prouvée plus d'une fois, les risques qu'ils présentent ne sont pas négligeables. En témoigne l'effondrement de la 7ème banque britannique Barings. Aperçu sur ces instruments non encore développés au Maroc.


    Nombre de grandes banques et entreprises continueront à succomber aux charmes des produits dérivés et ce, malgré les risques qu'ils cachent.
    Instruments financiers logés hors-bilan, les produits dérivés se définissent par rapport à un actif sous-jacent (liquidité, matières premières, action...), dont ils "dérivent". Leur valeur dépend de la variation (la dérive) du cours de l'élément auquel ils se rapportent. Théoriquement, ils permettent de réduire le coût d'endettement et l'exposition au risque, de couvrir des décalages de trésorerie, d'intégrer le besoin de refinancement imprévisibles et de dégager des gains d'arbitrage. Il existe au moins trois grandes familles de produits dérivés: les swaps, ou contrats d'échange du risque, les contrats à terme et les options.

    Le contrat à terme est un engagement commercial entre un vendeur et un acheteur afin d'échanger un produit déterminé à un prix et à une date future. En fait, les opérateurs échangent des contrats et non des produits. En concluant un contrat à terme, le vendeur s'engage à livrer un produit sur une échéance donnée, et inversement l'acheteur s'engage à en prendre livraison et à le payer au prix négocié. Il est à préciser que peu de contrats se dénouent par livraison physique du produit négocié. Les contrats à terme peuvent être assimilés aux swaps dans la mesure où ils sont comparables à des swaps ne comportant qu'une seule date d'échéance.
    L'option est le droit, et non l'obligation, détenu par l'acheteur de réaliser une transaction sur un produit à une date ultérieure et à un prix donné. La technique de l'option se pratique, non seulement sur des actifs physiques (métaux, produits agricoles), mais aussi sur des devises, des actions mobilières ou encore des contrats à terme.

    Marché de gré à gré


    L'ensemble de ces produits sont traités soit sur des marchés organisés, soit sur des marchés de gré à gré. Lorsqu'ils sont négociés sur les premiers, les transactions sont standardisées sous forme de contrats-types. Ces derniers sont échangés publiquement, c'est-à-dire en bourse à la criée ou par le biais de systèmes informatiques. Ils sont en outre dénoués par une chambre de compensation qui assure la bonne fin des opérations.
    Quand les dérivés sont traités sur des marchés de gré à gré, ils sont identifiés par un contrat juridique bilatéral et ont des caractéristiques propres qui répondent aux besoins de l'une et/ou de l'autre des parties prenantes. Contrairement aux marchés organisés qui eux sont transparents et mieux connus du public, ceux de gré à gré ont conservé une opacité qui inquiète.
    L'utilisateur des produits dérivés cherche à optimiser, selon ses anticipations, la répartition des risques de variation de cours de ses actifs ou de ses dettes. Les swaps lui offrent la possibilité d'échanger un prix fixe contre un prix variable. En payant le prix fixe, l'intervenant gèle la valeur de son actif puisque la variation de ce dernier est couverte par la réception du prix variable. Il peut, à l'inverse, faire évoluer la valeur de cet actif en fonction du prix du marché, en décidant de recevoir le prix fixe en échange du variable. Pour leur part, les options offrent à leur utilisateur la possibilité de faire assumer le risque potentiel qu'il porte par une contrepartie extérieure, moyennant le paiement d'une prime.

    Jugés très complexes car basés sur une formule mathématique qui l'est autant, les produits dérivés ont ébranlé Barings. L'affaire a été présentée par les patrons de bourses américaines comme une bénédiction, celle qui allait leur permettre de se résoudre à discipliner les marchés à terme.
    C'est ainsi qu'un groupe américain, composé de six importantes firmes d'investissement new-yorkaises (CS First Boston, Goldman Sachs, Lehman Brothers, Merril Lynch, Morgan Stanley et Salomon Brothers) ont présenté un mécanisme de contrôle sur les opérations de gré à gré sur les produits dérivés. Ce mécanisme a été défini à l'initiative de ce groupe, baptisé Derivatives Policy Group, en collaboration avec Securities and Exchange Commission (Sec) et Commodity Futures Trading Commission (CFCT), deux organismes américains de surveillance des marchés.
    De son côté, CFCT avait par la suite annoncé son intention de créer avant cet été un groupe de réflexion composé d'une dizaine d'entités réglementaires. L'objectif poursuivi consiste à mettre au point un cadre opérationnel plus strict pour l'ensemble des marchés à terme dans le monde.
    Selon M. Jean-Philippe Bouchaud, ingénieur au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), la régulation des marchés de produits dérivés "se fera spontanément lorsque des estimations fiables des risques financiers seront intégrées de façon systématique aux livres de comptes".

    Hakima EL MARIKY.

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