×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Cabinets d'expertise: Le marché financier apporte un nouveau souffle

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    La création d'un marché boursier et le processus de privatisation ont animé la demande chez les cabinets d'expertise. D'autres réformes sont toutefois attendues.


    Un investisseur ne peut se fier uniquement aux chiffres communiqués par l'entreprise où il voudrait investir son argent. Il doit donc avoir l'avis motivé d'un organisme neutre et indépendant. De son côté, une société se doit de se faire évaluer par un expert pour que la valeur soit effectivement reconnue sur un marché particulier.
    L'investisseur et la société peuvent avoir recours aux services de professionnels tels que les cabinets d'expertise qui authentifient que les comptes sont "sincères" et "fidèles". Au Maroc, dans le cadre du processus de privatisation et de l'émergence d'un marché boursier, les missions de certification des comptes selon les normes internationales et les missions d'évaluation de sociétés introduites en bourse ont constitué un nouveau créneau pour ces cabinets.
    Des problèmes limitent toutefois l'extension de ce nouveau marché.
    Ils sont surtout d'ordre juridique. En effet, alors qu'en France par exemple les notions de commissariat aux comptes, de certification et d'audit sont inséparables, au Maroc elles sont distinctes.
    Devant le vide juridique en la matière et le faible montant de ses honoraires, le commissaire aux comptes au Maroc est contraint, le plus souvent, à se cantonner dans des vérifications de pure forme.

    Les lois récentes ont tendance cependant à remédier à cette situation. Ainsi, les règles définies par le CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) et les sociétés de bourse font part de l'obligation pour les sociétés cotées en bourse d'avoir les trois états comptables et financiers des trois derniers exercices certifiés par un commissaire aux comptes.
    D'autres pierres d'achoppement existent. En effet, les sociétés marocaines cotées en bourse ne sont pas tenues d'avoir leurs comptes audités annuellement comme c'est le cas dans certains pays étrangers. D'autre part, lorsqu'il s'agit de comptes consolidés, les mêmes sociétés ne sont pas astreintes à l'obligation de publication de comptes certifiés selon les normes internationales.
    Mises à part les interventions citées dans le processus de privatisation ou d'introduction en bourse, d'autres clients font appel d'une manière spontanée aux services des cabinets d'expertise. Les missions sont alors menées chez des entrepreneurs marocains ou des groupes familiaux "désireux de voir plus clair" dans les situations financières de leurs entreprises.
    Le deuxième type d'actions se fait pour les filiales marocaines de groupes étrangers.
    En effet, les maisons mères se font généralement auditer par un cabinet reconnu internationalement. Elles imposent alors à leurs filiales marocaines d'en faire de même avec la représentation locale du même cabinet d'audit. Enfin, il faut signaler qu'à partir de 1993 Bank Al-Maghrib a introduit pour le secteur bancaire l'obligation de comptes certifiés selon les normes internationales.
    Le troisième type d'action se fait auprès des entreprises publiques.

    Approches différentes


    Les approches du marché et des produits des différents cabinets d'expertise sont différentes. Ainsi, Aziz Bidah, associé gérant de Price Waterhouse, refuse le terme d'audit dans son acception commerciale.
    Il considère que la mission d'audit doit d'abord répondre aux normes internationales en la matière et doit ainsi être facturée au juste prix, eu égard aux travaux rendus nécessaires par l'application de ces normes.
    Dans certains cabinets par contre, on avoue vendre ses produits. D'autres encore précisent intervenir en matière de certification des comptes sans nécessairement faire du "commissariat aux comptes à la marocaine".
    Chez Arthur Andersen, l'un des six autres grands mondiaux, la vision est différente. Jean Michel Baco, son directeur, précise qu'il s'agit "juste de certifier que les états financiers sont conformes aux livres comptables", en faisant allusion à ces opérations de "pointage de deux jours" menées chez des concurrents, facturées à 5.000DH; et de renchérir "c'est tout sauf de l'audit". En fait, Arthur Andersen se targue plutôt de "culture business". Les auditeurs ne sont pas nécessairement "très comptables" mais du genre "têtes bien faites" et qui savent "prendre du recul, parler aux décideurs et diagnostiquer une entreprise".
    Les honoraires chez la plupart des cabinets d'expertise restent un sujet sensible. La discrétion est de rigueur quant à la manière de facturer ses services. Il faut rappeler néanmoins que ceux-ci sont calculés sur la base des taux horaires ou journaliers. Dans le cas de la mission d'audit, par exemple, les taux sont fixés par catégorie d'intervenants: collaborateurs, chargés de mission, directeurs techniques, etc...

    Mohamed BENABID

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc