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    Economie

    M Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture : Le nouveau profil de la stratégie agricole

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager


    M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture, clot une bonne fois pour toutes la polémique avec les professionnels: "La libéralisation s'est effectuée dans la concertation". Les arriérés de la Caisse de Compensation sont en cours d'apurement, mais le secteur céréalier ne bénéficiera pas d'un fonds de soutien.

    - Quelle politique agricole aujourd'hui pour le Maroc et quels en sont les grands axes?
    M. Hassan Abouyoub:
    Le facteur de lecture de la politique agricole du Maroc est le concept de sécurité alimentaire. Je crois que c'est un peu l'objectif fédérateur de cette politique agricole. Sur ce concept se greffent des objectifs qui sont aussi des conditionnalités. Figurent ainsi le revenu de l'agriculteur mais aussi la mise en valeur de la production agricole marocaine, et ce, à travers les programmes d'irrigation mis en place depuis des années sous le concept PNI (Programme d'Irrigation Nationale) qui va nous conduire au million d'hectares de surfaces maîtrisées irriguées dans deux ans. Ce schéma nous donne ainsi l'ossature de la politique agricole. Il faut ensuite la décliner par secteurs: en matière de céréales, d'élevage, de couverture sanitaire, d'agriculture d'exportation. Il y a également un autre domaine qui fait partie des facteurs qui participent à l'environnement de l'agriculture, de la forêt et du couvert végétal: l'élevage expansif, c'est-à-dire pastoral. A ce niveau, nous avons instauré une politique de maîtrise de l'espace pastoral dans le but d'augmenter son rendement et de préserver l'équilibre écologique, notamment les forêts.

    - Qu'en est-il de la politique foncière?
    - C'est un sujet très difficile et très sensible. Nous avons eu une politique foncière à l'intérieur des périmètres irrigués et des périmètres de mise en valeur bour qui viennent d'être conceptualisés dans une loi que le Parlement a votée il y a près de deux ans. A cette loi s'est greffé un instrument qui interdit le morcellement à l'intérieur des surfaces améliorées et sur lesquelles nous réalisons des investissements d'infrastructure importants. C'est le même schéma qui a d'ailleurs été appliqué dans les périmètres irrigués.
    Cependant, le problème des terres collectives reste entier. De plus, nous ne disposons pas d'instruments permettant d'éviter l'émiettement de la propriété agricole... Nous n'avons donc pas à proprement parler une politique foncière au sens du droit foncier. Par contre, dans le programme de mise en valeur nous disposons d'une politique d'amélioration de la terre en tant que matière première. Il s'agit de l'épierrage, de toutes les opérations conduites pour améliorer, niveler... les superficies agricoles.

    Montré du doigt


    - Concernant la libéralisation de la filière céréalière, vous avez été fortement montré du doigt au moment des préparatifs. Beaucoup vous ont reproché votre absence de concertation.
    -
    Toutes les mesures, je dis bien toutes les mesures, ont été arrêtées en concertation avec les professionnels. Le décret de l'ONICL, finalisé en octobre 1994, a été conçu avec l'ensemble des associations, et dans ses moindres virgules, sauf deux articles sur la caution de bonne fin qui ne concerne pas les minotiers et sur le financement des stocks de sécurité; il a été bouclé en 1994 et voté à l'unanimité par le Parlement. Nonobstant cela, nous avons gardé le contact avec les minotiers par le biais de plusieurs réunions et rencontres.

    -Les arriérés dus par la Caisse de Compensation posent des problèmes d'apurement. Quels sont aujourd'hui les montants?
    -
    L'application de la loi sur la libéralisation voudrait qu'il n'y ait pas d'arriérés. Vous comprendrez que le Ministère est d'abord l'avocat des minotiers pour qu'ils recouvrent leur argent rapidement et qu'ils soient des opérateurs agressifs. Notre souhait est d'avoir des minotiers comme les commerçants, les SCAM et les CMA en pleine possession de leurs moyens financiers. Les professionnels ont déjà reçu le tiers et nous avons un échéancier qui fera qu'ils seront, selon l'expression, "dans leurs sous", beaucoup plus tôt qu'ils ne le pensaient. A aujourd'hui, les arriérés pour les céréales s'élèvent à près de 450 millions de DH.

    - Au sujet de la Caisse de Compensation, vous avez avancé que la subvention de la farine nationale profitait aux personnes auxquelles elle n'était pas destinée. Ne pensez-vous pas qu'il serait temps de revoir ce système?
    -
    Il ne s'agit pas là d'une attribution du Ministère de l'Agriculture, mais d'une décision qui relève du gouvernement et sur laquelle il ne s'est pas encore penché. Ensuite, c'est l'un des éléments du dialogue social par définition. Jusqu'à ce que le gouvernement ait arrêté une décision, il est impossible d'avancer quoi que ce soit sur le devenir de la compensation. Dans notre mécanisme, la compensation est toujours là.

    Pas de réflexion


    - Cependant, il semblerait qu'une réflexion soit en cours sur la réforme de la Caisse?
    - J'infirme totalement qu'il y ait une réflexion sur ce sujet ou alors je ne suis pas membre du gouvernement.

    - Avez-vous prévu la mise en place d'un fonds de soutien pour les céréaliers, à l'instar des sucreries?
    - Aucune raison ne motive la mise en place de ce fonds de soutien. D'abord parce que le secteur des céréales est protégé. Il bénéficie de 15% de marge de protection additionnelle au niveau de la transformation par rapport au produit brut. Ensuite, dans le cadre des mesures d'accompagnement, nous avons prévu une subvention de transport pour une période de quatre ans. Cette subvention est certes dégressive mais elle permet aux minotiers de se redéployer d'une manière tout à fait libre. Dans tous les cas, il est important de souligner que le marché deviendra adulte. Le secteur regroupe des professionnels extrêmement dynamiques et entreprenants.

    - Concernant l'accord d'association, un rendez-vous a été pris pour l'an 2000. Comment comptez-vous concrètement le préparer?
    -
    Nous allons travailler à partir d'aujourd'hui avec nos professionnels et leurs homologues européens. La sécheresse a secoué beaucoup d'esprits et de mentalités, le marché international bouge, les prix augmentent, nous devons donc adapter notre politique agricole à la nouvelle réalité.
    Des rencontres, des actions sur notre compétitivité, mais aussi une sensibilisation de nos concurrents demeurent nécessaires. Lors des dernières négociations nous avons quand même secoué un certain nombre d'idées reçues dans le mécanisme européen. Nous pensons que cela a porté ses fruits. En effet, les Espagnols comme les Français ont changé de langage. Nous avons prévu une série de contacts entre professionnels pour briser la glace et faire en sorte qu'un vrai partenariat et une vraie complicité stratégique s'installent. La création du bureau de la CGEM à Bruxelles est sur ce point une excellente initiative. Je me félicite que le privé fasse ce qu'il aurait dû faire il y a longtemps.

    Propos recueillis par Fatima MOSSADEQ
    & Meriem OUDGHIRI

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