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L'UMT reçoit les syndicats africains affiliés à la CISL

Par L'Economiste | Edition N°:53 Le 12/11/1992 | Partager

L'Union Marocaine du travail (UMT) a accueilli du 2 au 5 Novembre les secrétaires généraux d'une vingtaine d'organisations syndicales africaines regroupé autour de l'Organisation Régionale Africaine (ORAF) et de la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL). Ces assises ont permis aux responsables syndicaux de définir leur position par rapport à la situation politique, économique et syndicale qui prévaut dans le continent.

Le vent de libéralisme a soufflé sur une partie du continent africain. Le mouvement en faveur du pluralisme politique s'est propagé à travers plusieurs pays dans un climat de crise économique. "L'Afrique va mal, mais ce n'est pas une fatalité et cette situation insoutenable démontre précisément l'urgence et l'immense valeur de l'action d'un syndicalisme africain fort et puissant, souligne Mahjoub Ben Seddik, Secrétaire Général de l'UMT. Le Combat pour la démocratie authentique n'est pas encore gagné, il se poursuit”, continue-t-il. Les syndicat se veulent à l'avant garde de la lutte que mènent les populations africaines sur les plans économique et social.

Populations exclues des décisions importantes

A cet effet, le Secrétaire Régional de l'ORAF, M. Kandeh Tilla, a précisé que les organisations syndicales africaines doivent à présent contribuer au développement général des pays africains en surmontant les problèmes socio-économiques et en restaurant la confiance. Le Secrétaire Général de la CISL, M. Enzo Priso a appelé peut sa part à la solidarité internationale pour résoudre les problèmes globaux qui constituent un danger pour la paix. Fait remarquable, les syndicats se proposent de dépasser la fronde. Cependant la démocratie demeure un leitmotiv. C'est un préalable à tout, martèlement les organisations syndicales présentes à Casablanca. Son absence est analysée comme un facteur majeur de sous développement", d'autant que les populations sont exclues de toutes les décisions importantes. D'après M. Fouad Benseddik chargé de la Coopération et des Relations internationales à l'UMT, l'exemple du PAS appliqué dans les différents pays est significatif à plusieurs égards. Son exécution a été au détriment des travailleurs.

A l'origine, PAS, il n'y avait que des remèdes comptables, et financiers. Il fallait réduire les déficits budgétaires, rétablir la vérité des prix, sur instruction de la Banque Mondiale ou du FMI. A l'arrivée, on en trouve des déséquilibres économiques et sociaux plus graves. Mieux encore, les organismes internationaux reconnaissent (désormais que les dépenses sociales (enseignement, santé) sont productives et constituent un investissement humain.

Cependant, les objectifs des ajustements structurels ne sont pas condamnés. Ce sont ses implications sociales, qui découlent d'un défaut de démocratie, qui sont mises en cause.

"Les gouvernements africains réduisent leurs dépenses sociales mais sauvegardent leurs dépenses coercitives", d'armement ou de police, poursuit le responsable de l'UMT.

En fait, précise-t-il, il n'y a pas de frontière entre le politique et le social. C'est dans cette optique que la lutte syndicale concerne non seulement la défense des libertés du travailleur et l'amélioration de sa situation économique, mais aussi la défense de la démocratie, entre autres le respect des droits de l'homme, la liberté d'opinion. Abordant la détention de M. Noubir Amaoui, Secrétaire Général de la CDT, il a souligné, sans prononcer le nom de celui, que son cas ne relève pas à proprement parler de la liberté syndicale. L'UMT réclame sa libération au même titre que les autres prisonniers d'opinion.

La force de l'argent

Les responsables syndicaux ont par ailleurs précisé que la contribution au développement ne peut se réaliser que dans le cadre de véritables organisation syndicales affranchies de la tutelle de tout parti politique. Dans cette optique, L'UMT, à l'instar des autres centrales syndicales africaines, a dénoncé la prolifération syndicale imposée, dit-il par, les pouvoirs publics ou les partis politiques. Celle-ci a abouti, notamment au Maroc, à la création de 14 centrales syndicales et au Zaïre à 80 centrales. Cette prolifération d'organisations syndicales est considérée par l'O.R.A.F et la C.I.S.L, à l'échelle continentale, comme une menace à la consolidation de centrales démocratiques et libres. Syndicats gouvernement d'opposition sont renvoyés dos à dos, dès qu'ils sont partisans. "L'expression syndicale vient de la base. Elle est contraire à l'expression politique qui vient d'en haut et s'impose à la base" , dit le Président de l'O.R.A.F.

La précédente conférence au Botswana en Juillet avait abouti à la déclaration de Gaborone. Elle avait rejeté "comme étant inacceptable et de même nature la soi-disant unité syndicale imposée par la loi, et la pluralité syndicale lorsqu'elle est ourdie par les gouvernements et les partis" comme étant inacceptable et de même nature la soi-disant unité syndicale imposée par la loi, et la pluralité syndicale lorsqu'elle est ourdie par les gouvernements et les partis".

Toutefois, "l'unité syndicale" ne doit pas être imposée par une loi. Autant que la pluralité syndicale, elle doit découler de la "volonté des travailleurs" du fait que l'indépendance est un important "critère d'authenticité d'un syndicat", soulignent les responsables de l'ORAF. Les décisions doivent encore provenir de la base.

Cependant, les moyens restent essentiels dans toute action d'envergure. Une représentante des femmes de la C.I.S.L., en marge de la réunion, a dénoncé la force de l'argent devenu un moyen essentiel de contrôle du pouvoir local ou national. Toutefois, précise-t-elle, "notre lutte devra s'inscrire dans d'autres domaines, outre le champs politique et professionnel". Une politique active en matière d'éducation (alphabétisation) et de formation pourrait permettre aux masses de mieux comprendre leurs réalités sociales. Cependant cette responsable syndicale précise que les problèmes ne sont pas uniformes pour cause de diversité des pays membres. Il s'agit alors de les traiter séparément, en fonction des spécificités de chacun. Par ailleurs, poursuit-elle, la situation de la femme, surtout dans les pays du Tiers-Monde, continue de préoccuper le mouvement syndical international qui entend oeuvrer davantage pour qu'elle retrouve sa place réelle dans la société.

La Confédération Internationale des syndicats libres (C.I.S.L)

La C.I.S.L a été criée en 1949. C'est une confédération de centrales syndicales nationales qui réunit les syndicats de différents pays. Les centrales syndicales nationales, pour leur part sont regroupées au sein des organisations régionales (continentales). Elles sont au nombre de trois: l'organisation Régionale pour l'Asie et le Pacifique (O.RA.P), l'Organisation Régionale Africaine (O.R.A.F) et l'organisation Régionale Interaméricaine des Travailleur (O.R.I.T). Toutefois, il peut y avoir plus d'une centrale nationale affiliée à la C.I.S.L. Actuellement la C.I.S.L Compte 152 organisations affilées dans 108 pays du monde. Elle comprend environ 110 millions de membres, dont 34% de femme. Le siège du secrétariat général est installé à Bruxelles.

La C.I.S.L entend oeuvre pour la défense des droits des travailleurs et l'aide en faveur de l'auto-assistance. De plus, elle mène des actions en faveur de la santé, de la préservation de l'environnement, de la paix, du désarmement, de l'éducation et de la sécurité.

Elle entretient des relations très étroites avec l'Organisation Internationale du Travail (O.I.T) et participe aux conférences internationales au nom du mouvement syndical libre international.

Ses activités sont financées grâce aux cotisations payées par les organisations membres. Cependant, certaines centrales apportent leur contribution volontaire à un fonds international de solidarité destiné à fournir de l'aide aux affiliés ayant besoin d'une assistance spéciale et aux victimes de la persécution et de l'oppression. Un fonds public est aussi mis à la disposition de certains affiliés pour le financement de projets de la C.I.S.L relatif à l'éducation, à la formation syndicale et à la l'amélioration du climat socio-économique

A.D.N.

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