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Commerce extérieur: L'Afrique du Sud cherche une ouverture sur le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:53 Le 12/11/1992 | Partager

L'Afrique du Sud tente d'élargir son ouverture économique sur le reste du continent après trente années de boycott politique et commercial pour raison d'Apartheid. Le Bureau des Intérêts de la République d'Afrique du Sud au Maroc et la Chambre de Commerce Britannique ont organisé un déjeuner débat, dans le but d'informer les opérateurs économiques marocains sur les opportunités d'affaires avec ce pays.

"L'Afrique du Sud cherche à être un p

artenaire valable", annonce M. Reinhart Mostert, chef du Bureau des Intérêts de l'Afrique du Sud au Maroc. Et de préciser que son pays "est en cours de réintégration non seulement dans la communauté des nations mais surtout dans la famille des nations africaines". C'est ainsi qu'ils s'expliquent dans un déjeuner-débat sur le thème "l'Afrique du Sud dans le commerce africain: choix de chemins et zones d'intérêt".

Complémentarité agricole

Après trois décennies d'absence, l'Afrique du Sud est en train de chercher ses marques, notamment en ce qui concerne les relations économiques "officielles" qu'il entretient avec le reste de l'Afrique. Dans cette optique, l'ouverture d'un bureau à Rabat marque l'intérêt que suscite le Maroc. Cependant, comme l'a indiqué le représentant sud-africain, la première étape consiste à mettre en contact les opérateurs économiques des deux pays. Il appartiendra ensuite à ces derniers de faire les premiers pas.

Toutefois, la méconnaissance de l'Afrique du Sud, la distance, la similitude des productions agricoles et surtout la proximité du Maroc et de l'Europe, pourvoyeuse de produits manufacturés, pourraient constituer un handicap pour les échanges commerciaux. Pourtant, il n'y a aucun scepticisme dans le langage de M. Mostert. Les potentialités sont réelles, elles peuvent être exploitées.

Du point de vue agricole, il n'y aurait pas de concurrence entre les produits des deux pays dont les saisons sont inversées. Cette situation met à jour une complémentarité qui devrait plutôt développer le courant des échanges.

De plus, des relations de partenariat pourraient être nouées sur d'autres marchés cibles, principalement l'Afrique australe et du centre, régions importatrices de produits agro-alimentaires. Par ailleurs, outre les nouvelles technologies et le savoir-faire qui pourront être transférés, l'Afrique du Sud est en mesure de fournir du charbon, de l'acier et des produits chimiques au Maroc à des prix très compétitifs. Celui-ci, pour sa part, constitue une nouvelle destination pour les touristes sud-africains, affirme M. Mostert qui note par ailleurs que "l'artisanat marocain est certain de trouver un marché en Afrique du Sud".

Problèmes de transport

Cette brève description de quelques canaux d'échanges a certes provoqué l'intérêt des opérateurs économiques présents lors de ce déjeuner, mais a aussi soulevé quelques interrogations, notamment en ce qui concerne la situation politique et les transports. Pour le premier point, le représentant sud-africain a précisé que son pays connaît actuellement une évolution positive.

La politique d'ouverture interne et externe se confirme malgré quelques vicissitudes. M. Mostert explique par ailleurs que les relations commerciales que son pays est en train de mettre en place avec ses partenaires potentiels concernent tous les opérateurs économiques sud-africains sans exclusion. Parce que, affirme-t-il, il existe une "race" d'hommes d'affaires parmi toutes les composantes du pays, et qui mènent normalement leurs activités.

La seconde interrogation pourrait cependant constituer le "talon d'Achille" pour la mise en place d'un courant d'affaires significatif. La distance qui sépare les deux pays est importante. Si les télécommunications sont fonctionnelles, la desserte directe, maritime ou aérienne, est pratiquement inexistante, alors que les transports constituent un des facteurs les plus importants du commerce international.

Le besoin d'échanges peut bien exister, mais faut-il pouvoir acheminer les marchandises dans les délais et les meilleures conditions, ont précisé quelques participants. Dans cette perspective, M. Mostert a souligné que la volonté de remédier à ce problème existe. Les deux pays pourraient conclure des accords dans ce cadre. La matérialisation reviendrait alors aux compagnies de transport.

Cependant, les opérateurs devraient montrer leurs intérêts en vue de les encourager à mettre en place de nouvelles lignes. Cet intérêt subsiste, souligne un opérateur économique marocain, qui se pose toutefois la question de savoir lequel des deux pays fera le premier pas pour la réalisation d'un courant d'échanges régulier et dynamique.

Quelques données sur l'Afrique du Sud

L'Afrique du Sud est située à l'extrême pointe méridionale de l'Afrique. Elle couvre une superficie de 1,1 million de km2 et partage ses frontières Nord avec la Namibie, le Botswana, le Zimbabwé et le Mozambique. Sa façade maritime, qui s'ouvre sur l'Océan Indien et l'Atlantique, s'étend sur 3.000 km. En 1989, sa population était estimée à 30,2 millions de personnes dont 21,1 millions de noirs, un million d'Asiatiques, 3,1 millions de métis et 5 millions de blancs.

Ce pays constitue la première puissance économique du continent avec un PIB de 90 milliards de Dollars, soit le cinquième de celui de toute l'Afrique et trois fois le PIB marocain (hors économie souterraine). Outre ses richesses naturelles (or, diamant, uranium, charbon, platine... et manganèse), l'économie repose sur une industrie performante réalisant le cinquième du PIB. Les conditions naturelles sont peu favorables à l'agriculture, en raison de l'aridité du sol et de l'irrégularité des pluies. Toutefois, la grande diversité des zones climatiques permet de pratiquer presque tous les types de culture et d'élevage. L'Afrique du Sud produit principalement du maïs (44% des terres cultivées), du blé, du tournesol, de la canne à sucre, des agrumes et des primeurs. Avec une flottille de plus de 4.500 bateaux et 20.000 emplois, l'industrie de la pêche occupe une place importante dans l'économie. La moyenne annuelle des captures est estimée à 900.000 tonnes dont près de 80% sont destinées à l'exportation. L'économie sud-africaine est dominée par de très grandes entreprises, très ramifiées. Les groupes moyens sont des géants par rapport aux grands groupes marocains. Le poids des entreprises a été pendant 30 ans le seul facteur de lien avec l'extérieur. L'organe de représentation des entreprises est le SAFTO, Organisation Sud-africaine pour le commerce qui, durant toute la période d'isolement, a fait office d'organe de relations extérieures. Appartenir au SAFTO est pour l'entreprise sud-africaine une référence commerciale et morale.

Les domaines qui, à priori, pourraient intéresser des entreprises marocaines sont l'agro-alimentaire, l'industrie minière, les communications, les grandes infrastructures de l'eau et de l'énergie. Des contacts ont été pris au cours des deux dernières années. Pour des raisons psycho-politiques, maroco-marocaines, des contacts ont été discrets en matière économique. Les élites marocaines considèrent néanmoins que les alliances avec des entreprises sud-africaines sont tout à fait opportunes, capables de soutenir la croissance des entreprises marocaines au Maroc et à l'extérieur. Le Maroc désigné, comme représentant de ses intérêts en Afrique du Sud, M. Benryane, ancien attaché commercial du Maroc à l'étranger (dans le corps qui relevait du commerce extérieur) et aussi directeur de cabinet de M. Abouyoub. Ce choix marque le souci de voir se développer les relations d'affaires. Dans l'autre sens, l'Afrique du Sud a choisi un homme de premier plan dans les relations économiques avec l'étranger, en la personne de M. Moster (cf L'Economiste du 13 Août 1992).

Alié DIOR NDOUR

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