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    L'or sauvé par les vieux bijoux

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager


    Le collier ou le bracelet en or acheté chez le dhaïbi a de fortes chances d'être un vieux bijou recyclé. Ces produits constituent actuellement l'essentiel de la matière première utilisée par les bijoutiers-fabricants.


    "Pas une once d'or sur le marché". Le bijoutier-fabricant qui s'exprime ainsi résume la crise qui affecte le secteur. Celle-ci consiste en une pénurie en matière première qui s'est traduite par une baisse très nette de la production: 25 tonnes de bijoux produits et poinçonnés en 1992 contre 12 tonnes seulement en 1995.
    Découragés par des problèmes de délais d'approvisionnement et de droits de douane élevés, les fabricants déclarent recourir de moins en moins à la procédure habituelle d'approvisionnement: l'importation directe.
    Cette procédure permet en principe aux fabricants de s'approvisionner, sur le marché international, au cours d'or le plus attractif. Pour ce faire, chaque producteur est autorisé à importer une quantité d'or qui dépend du nombre d'ouvriers employés par le fabricant. Ce contingent d'or est limité par trimestre à 2kg par patron et 1kg par ouvrier.
    La limitation de la quantité d'or à importer ne suscite pas réellement de critiques. En revanche, les fabricants décrient la rigidité de la procédure. "Il faut que le bijoutier puisse importer 200g, 500g ou 1kg en fonction de ses besoins et dans les plus brefs délais. Les formalités administratives sont actuellement très contraignantes.

    Contrebande

    Ces producteurs ne peuvent pas non plus importer pour stocker. L'opération nécessiterait des fonds importants.
    Outre la procédure d'importation, les droits de douane élevés sont, d'après les fabricants, également dissuasifs. En effet, à l'importation, l'or est exonéré de TVA (la TVA étant due sur le poinçonnage des objets). Il est en revanche soumis à 5% de droit de douane de base et à 15% de PFI.
    "Le PFI n'est pas justifié. Et pour cause, les dispositions de la Loi de Finances exempt de PFI les produits susceptibles d'être affectés par le phénomène de la contrebande. Or la bijouterie en souffre aussi".
    Mais s'agit-il réellement de contrebande?
    En fait, les fabricants font allusion au marché de la casse. Il s'agit de vieux bijoux ou de bijoux cassés qui seront refondus et façonnés.
    Ce marché n'est pas reconnu officiellement. Mais pour les bijoutiers fabricants, il constitue à la fois un mal et un remède.

    Recyclage

    Actuellement, ces vieux bijoux constituent la principale source d'approvisionnement du secteur. Les fabricants n'hésitent pas à affirmer que 90% de la matière première provient de ce marché.
    Le phénomène, latent par le passé, a commencé à pointer du nez à partir de 1992. En effet, cette année-là, la production de bijoux a atteint 25 tonnes (enregistrées au bureau de la garantie) contre 10 tonnes de matière première importée uniquement.
    Pour les fabricants qui s'approvisionnent chez les fournisseurs de la casse, les avantages sont multiples. Tout d'abord, en terme de coût, le prix de revient de l'or provenant de la casse est plus intéressant que celui de l'or importé: 85 à 90 DH le gramme pour la première catégorie contre 100 DH pour la seconde.
    Un autre atout consiste en la disponibilité de cette matière première bon marché.
    Toutefois, revers de la médaille, le spectre du Fisc pèse sur les fabricants organisés qui s'y adonnent. En effet, ces bijoutiers sont déclarés, mais ne disposent d'aucune comptabilité. Ils délivrent le plus souvent à leur clientèle des factures qui ne comportent ni le nom de leur destinataire ni le numéro de patente, ce qui fiscalement n'a aucune valeur.
    Conséquence de cette pénurie en matière première, les fabricants commencent à recourir à des solutions-catastrophes. Celles-ci vont du chômage technique aux obligations de congé en début d'année en passant par les réductions des horaires de travail. "Pour que la production ne soit pas complètement arrêtée, nous avons reconverti une partie de notre activité en fabrication de bijoux en argent", déclare un fabricant.

    Mohamed.Benabid.

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