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    L'inconscience des PME

    Par L'Economiste | Edition N°:633 Le 08/11/1999 | Partager


    · A deux mois de la date fatidique, rares sont les PME/PMI à avoir pris au sérieux le problème du bug 2000

    Demandez à un chef de PME/PMI ce que signifie pour lui le bug 2000. Il vous répondra qu'il ne se sent pas concerné.
    Sous prétexte qu'elles sont sous informatisées, le bug 2000 ne les intéresse pas. "Je n'ai que des petits logiciels de comptabilité et de paie, et ce n'est pas grand-chose".
    S'il est vrai que les logiciels de comptabilité et de paie peuvent être remis en route en 1 à 2 mois, le fait de ne pas payer ses salariés pendant cette période peut être préjudiciable pour la bonne marche de l'entreprise. "Dans un cas pareil, la grève est inévitable", rétorque le chef d'une PME.
    Hormis cette catégorie qui ne se sent pas concernée par cette problématique, il y a celle qui n'y croit pas.
    Pour elle, le bug 2000 est un "bluff" commercial de la part des fournisseurs.
    Ceci dit, il y a tout de même des PME/PMI qui s'y sont préparées et sérieusement, "il s'agit pour la plupart de PME filiales de multinationales", souligne Mme Salwa Karkri Belkziz, directeur général de Professionel Systems et représentante de la CGEM au sein du Comité An 2000.

    Le péché des informaticiens


    La majorité de PME/PMI ne disposent pas d'une informatique structurée: -soit elles ont acquis des logiciels à l'extérieur par des sociétés de services qui n'existent plus sur le marché, elles n'ont donc pas d'interlocuteurs et ne peuvent pas bénéficier de la mise à jour de leurs logiciels;
    -soit, ce sont des entreprises dont les logiciels sont piratés;
    -soit celles qui ont développé des logiciels en interne par des informaticiens qui ne travaillent plus chez elles.
    "Malheureusement, le péché des informaticiens c'est le manque de documentation", ajoute M. Kamal Bennis chef d'une PME. Après leur départ, ils ne laissent pas de documentation.
    Ceci côté client. Mais ce n'est guère plus reluisant du côté des fournisseurs. "Le pourcentage des fournisseurs qui sont solvables au niveau de l'an 2000 est assez bas. "Certains n'ont même pas pris la peine d'avertir leurs clients à temps", souligne Mme Karkri Belqziz.
    Toutefois, même ceux qui s'y sont pris à temps n'ont pas eu de feed-back de la part de leurs clients. "Nous avons envoyé trois courriers. Jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons reçu que deux réponses, et ce sont des filiales de multinationales", ajoute Mme Karkri.
    Fournisseurs et clients appliquent la politique de l'autruche. Ils attendent...
    Mais à deux mois de la date fatidique, peut-on éviter la catastrophe?
    La réponse est oui, "il y a des logiciels qui peuvent démarrer en l'espace d'un mois", affirme Mme Karkri.
    "Avec le peu de temps qui reste, les chefs d'entreprise doivent se presser de recenser les applications et trier les plus stratégiques d'entre elles pour l'entreprise pour pouvoir rectifier le tir. "Ce n'est pas ma faute, c'est celle de mon fournisseur, s'il arrive quoi que ce soit, je le poursuivrais en justice", réplique un entrepreneur. L'ennui c'est qu'il n'y a aucune législation, "le mieux serait de trouver une solution à l'amiable", souligne Mme Karkri.

    Fedoua TOUNASSI

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