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Economie

L'incendie à Oukacha remet sur le tapis la surpopulation des prisons

Par L'Economiste | Edition N°:735 Le 29/03/2000 | Partager

. Les rumeurs vont bon train quant à l'origine de l'incendie

. L'Observatoire marocain des prisons estime que la notion de la sanction est à revoir


Malédiction! Le printemps s'annonce particulièrement chaud pour le quartier Aïn Sebaâ à Casablanca. Alors que l'usine de Omo ne s'est pas encore remise de l'incendie du 22 mars, un feu s'est déclenché dans la soirée du 27 à la prison d'Oukacha. Cela s'est passé vers 20h45 au deuxième étage du pavillon N°8 réservé aux adolescents. Dans la cellule N°10, deux matelas ont pris feu. Résultat: quatre personnes asphyxiées et une personne souffre de brûlures légères. Elles ont été transportées d'urgence à l'Hôpital Mohammed V où elles ont été oxygénées et soignées, puis remise à la prison dans la même soirée. Par ailleurs, vingt huit détenus ont été traités sur place par un médecin de la Protection Civile et un médecin du complexe pénitencier Oukacha. «Les sapeurs-pompiers se sont présentés sur les lieux en moins de trois minutes», assure le capitaine Kabbaje, commandant de l'opération. Plusieurs moyens ont été mobilisés dont quatre ambulances et quatre véhicules légers.
Le lendemain, 28 mars, à 13h30, une énorme foule s'est agglutinée devant la porte du pénitencier. Après la diffusion de l'information sur 2M, les familles des détenus ont paniqué. Plus de peur que de mal. Les responsables du complexe pénitencier ont laissé entrer les parents des prisonniers en dehors des horaires de visite. «On devait les rassurer, ils étaient trop inquiets pour attendre l'heure de la visite», assure l'administration de Oukacha.

Court-circuit


A l'heure où nous métions sous presse, l'origine de l'incendie n'était toujours pas identifiée. En attendant le «court-circuit» officiel, les rumeurs vont bon train. Selon des témoins sur place, l'origine du feu serait due à une intriguante dispute entre adolescents. Voulant taquiner l'un de leurs camardes de la même cellule, deux jeunes lui auraient «piqué» et caché la photo de sa petite amie, chose qui n'était pas du goût de «la victime» qui aurait menacé de mettre le feu dans la cellule... et il serait allé jusqu'au bout de sa menace!
Aucune source officielle n'a affirmé ou infirmé cette version des faits. Cependant, des sources non officielles qui donnent une autre version: «Les prisonniers s'amusent souvent à allumer des mèches pour s'éclairer la nuit. Ils les fabriquent à partir de fils de laines et les accrochent à proximité des lits.
Une de ces mèches a dû tomber sur un matelas et a provoqué le feu...», une version plausible et moins insolite que la première. Cela étant, des constats amers s'imposent: les prisons sont surpeuplées, les cellules très mal aérées et les moyens de divertissement inexistants.
«Le code pénal est à réviser, la notion de la sanction aussi», souligne M. Ahmed Habchi, directeur de l'Observatoire marocain des prisons. Les membres de cet observatoire n'ont été autorisés à visiter Oukacha qu'hier à 10 h du matin.
«Le directeur de la prison nous a expliqué qu'il fallait d'abord établir l'ordre et rassurer les détenus», note M. Habchi. En attendant, les habitants de Aïn Sebaâ aspirent à des nuits plus calmes.


Réforme tous azimuts


La situation des prisons au Maroc est désastreuse», assure M. Ahmed Habchi, directeur de l'Observatoire marocain des prisons. Face à la surcharge des prisons, bâtir de nouvelles prisons ne serait pas une solution. Selon M. Habchi, il faudra trouver des alternatives à la privation de liberté, comme le service public par exemple. «Des négociations sont en cours avec le ministre des Droits de l'Homme et la CGEM pour améliorer la vie des prisonniers et leur permettre de travailler à l'intérieur des prisons.

Anouar ZYNE

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