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    Economie

    Liaison fixe du Détroit de Gibraltar : L'UE sollicitée pour une participation financière

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager


    La liaison fixe du Détroit de Gibraltar entre dans sa phase de réalisation. Il est prévu que la galerie de reconnaissance soit financée par des fonds publics qui devraient être fournis à hauteur d'un tiers par le Maroc, un tiers par l'Espagne et un tiers par l'UE. Mais cette dernière n'a pas encore donné son accord.


    La deuxième édition de la réunion des ministres en charge des Transports des six pays de la Méditerranée occidentale (Espagne, Italie, France, Algérie, Maroc et Tunisie).
    Seront discutés les projets prioritaires d'infrastructure qui peuvent contribuer à la consolidation d'une intégration entre les deux rives de la Méditerranée. Il s'agit de trois grands projets: la ceinture sud de la Méditerranée, l'arc latin et la liaison fixe du Détroit de Gibraltar.
    Au niveau marocain sera donc présenté comme projet prioritaire la construction du programme autoroutier 1994-2004, le port d'éclatement de Tanger en vue de capter le trafic des longs courriers et enfin la ligne ferroviaire Marrakech-Agadir. Le projet commun maroco-espagnol sera bien entendu la liaison fixe du Détroit de Gibraltar même si la conjoncture est aujourd'hui difficile, entachée par les problèmes financiers de l'entreprise Eurotunnel, société concessionnaire du tunnel sous la Manche qui a suspendu le paiement de ses intérêts et par la tension qui existe dans les relations maroco-européennes ou plus précisément maroco-espagnoles.

    Prolongement des réseaux de transport


    Au cours de leur première rencontre en janvier 1995, les ministres des Transports de la Méditerranée occidentale avaient décidé d'oeuvrer, d'une part, pour une ouverture et un prolongement des réseaux transeuropéens en direction de la Méditerranée, et d'autre part pour le développement des réseaux transmaghrébins et leur articulation avec les réseaux européens. Cet objectif devrait être soutenu par la mise en place d'outils d'analyse et de financement du même type que ceux retenus pour les pays de l'Europe centrale et orientale. Un instrument financier vient en effet d'être mis en place qui concerne l'ensemble des projets de coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Il s'agit de MEDA avec une enveloppe budgétaire de 4,6 milliards d'Ecus.

    Maîtriser le coût


    Lors de cette première réunion, les ministres des Transports des six pays de la Méditerranée occidentale avaient retenu le projet de la liaison fixe. Par ailleurs, le Comité mixte maroco-espagnol pour la liaison fixe, conformément aux résolutions de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe et de l'ECOSOC, a décidé de solliciter de l'UE sa participation financière à la construction de la galerie de reconnaissance. Pour ce faire, une séance spéciale sera consacrée au projet par les ministres chargés de la Planification Régionale et de l'Aménagement du Territoire de l'UE lors de la réunion qui aura lieu à Madrid en novembre prochain.
    Le but de cette galerie de reconnaissance est d'estimer avec exactitude le coût du projet eu égard aux aléas géologiques afin d'éviter des surprises comme cela fut le cas du tunnel sous la Manche. Cette galerie de reconnaissance devra par la suite être utilisée comme galerie de service. Les études techniques concernant le tunnel ont évalué le coût de la construction de la galerie de reconnaissance à 3,5 milliards de DH (315 millions d'Ecus). Le montage financier imaginé espère la participation de fonds publics à hauteur du coût de la réalisation d'une rive à l'autre de la galerie de reconnaissance. Le Maroc et l'Espagne sont prêts a fournir chacun un tiers de ce coût. Mais le tour de table ne serait complété que si l'UE accepte de livrer le tiers restant, ce qui n'est pas encore chose acquise.

    La construction de cette galerie de reconnaissance devrait débuter en 1997 pour prendre fin en l'an 2002. Une fois terminée, elle sera cédée sans compensation à la société concessionnaire qui construirait le premier tunnel. Son coût est aujourd'hui estimé à 18,7 milliards de DH (1,7 milliards d'Ecus).
    Dans ces conditions, le taux interne de rentabilité en terme réel serait de l'ordre de 15%. Il est jugé par les ingénieurs du projet que ce taux permettra d'attirer la participation du secteur privé pour la réalisation et l'exploitation du tunnel.
    La construction et l'équipement du premier tunnel ferroviaire à voie unique seraient réalisés entre 2003-2009 pour une mise en service prévue pour 2010. La construction du second tunnel devrait débuter en 2025.
    Le tunnel foré ferroviaire, d'une longueur de 38,7km dont 27,7km sous la mer, aura la même configuration que celle du tunnel sous la Manche. Il sera ainsi composé de deux galeries principales à voie unique, de 7,5m de diamètre et d'une galerie de service de 4,8m de diamètre. Le tunnel est destiné au transport ferroviaire par train classique de voyageurs et de marchandises et par rames navettes pour le transport de véhicules.

    Laïla TRIKI.


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