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    Economie

    L'hommage à Basri vivement contesté

    Par L'Economiste | Edition N°:656 Le 09/12/1999 | Partager



    · Des défenseurs des droits de l'Homme et d'anciens détenus politiques ont manifesté lundi devant la résidence du Premier ministre

    Une cinquantaine de militants des droits de l'Homme et d'anciens détenus politiques ont manifesté lundi soir à Rabat devant la résidence de M. Abderrahman Youssoufi. Ils ont exprimé leur colère à l'encontre du Premier ministre qui offrait une réception pour rendre hommage à son ancien ministre de l'Intérieur, M. Driss Basri, limogé le 9 novembre dernier. Cette cérémonie entrait dans le cadre de la promesse faite par le Premier ministre lors du Conseil de Gouvernement du 24 novembre dernier(1). Les manifestants scandaient des solgans tels que «non à l'impunité, c'est une insulte aux Marocains, Driss doit être jugé». Ils ont allumé des bougies en signe de «deuil» et brandi des pancartes condamnant cette action du Premier ministre, qu'ils qualifient de «déshonorante» notamment pour les familles des disparus et les anciens détenus politiques. Les ministres et les parle- mentaires du parti de l'Istiqlal, alliés de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) au sein du gouvernement, ont pour leur part boycotté la cérémonie.
    Les manifestants et la presse ont été interdits d'accès aux abords de la résidence protégée par un important dispositif de sécurité. «C'est une honte pour le Premier ministre qui se dit être un grand défenseur des droits de l'Homme d'organiser un hommage à Driss Basri, le représentant le plus illustre de la répression durant un quart de siècle», a déclaré à la presse M. Fouad Abdelmoumni, membre de l'AMDH (Association Marocaine des Droits de l'Homme).
    Pour sa part, M. Khalid Sefiani, avocat et membre du comité central de l'USFP, s'est déclaré «indigné» par cette cérémonie offerte à un personnage qui, selon lui, «a nui à la société marocaine».
    «Je suis d'accord pour une cérémonie, mais en hommage aux victimes de la répression, de la torture, de l'enlèvement et de la disparition et je me demande pourquoi M. Youssoufi ne l'a toujours pas fait», a-t-il ajouté.
    «Ce geste incompréhensif du chef de gouvernement à l'égard d'un oppresseur ne manquera pas d'avoir des retombées négatives» sur l'USFP, a-t-il estimé.

    Nadia BELKHAYAT (AFP)

    (1) Voir notre édition d'hier p.3.

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