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    Les voyagistes acculés à plus de professionnalisme

    Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

    Le nouveau statut des agents de voyages intervient après la loi sur les guides et les accompagnateurs touristiques. Le processus d'assainissement du secteur amorce sa vitesse de croisière.


    L'heure de la professionnalisation a sonné pour les six-cents agents de voyages du pays. Coup sur coup, ce sont deux donnes importantes qui vont modifier profondément les habitudes de travail et peut-être la configuration du secteur qui viennent de faire surface: il s'agit de l'institution du système de la centralisation de la gestion de la billetterie qui entrera en vigueur début 1998 et du nouveau statut d'agent de voyages, publié dans le Bulletin Officiel du 15 mai dernier.
    Si la centralisation de la billetterie a pour objet de normaliser les relations agences/compagnies aériennes, elle va surtout les priver de ce qui passait jusqu'alors pour leur principal argument de vente, à savoir le délai de paiement concédé au client. A cause de la surenchère dans la pratique du "crédit", beaucoup d'agences se trouvent aujourd'hui menacées par des arriérés de paiement accumulés auprès de compagnies aériennes. Pas donc étonnant qu'elles aient réclamé, par la voix de leur Fédération, un différé pour la mise en place du Billing Settlement Plan (1).
    Après les campagnes d'inspection des hôtels, la loi sur les guides et les accompagnateurs touristiques, les pouvoirs publics entendent donc accélérer le processus d'assainissement du secteur touristique. Un recensement des agents de voyages est d'ailleurs attendu dans les toutes prochaines semaines.
    Sans être révolutionnaire, le nouveau statut des agents de voyages introduit quelques innovations majeures. Elles portent principalement sur les conditions d'accès au métier et l'octroi des licences d'agrément.

    Au moins 50% du CA en devises


    Sur le premier volet, on notera que le diplôme en tourisme n'est plus une condition suffisante pour exercer le métier de distributeur de voyages. En sus du titre, le candidat devra justifier d'une expérience de deux ans dans une agence (pour les bac+4) et de quatre ans pour ceux de niveau bac+2. Par ailleurs, toute personne ayant accompli au moins sept ans de service dans la distribution des voyages "en qualité de directeur technique ou commercial" pourra prétendre à l'ouverture d'une agence.
    Quant aux licences, elles seront délivrées à titre provisoire pour une durée maximale d'un an (article 5 de la loi). La confirmation définitive de l'agrément n'interviendra que si, dans les douze mois, l'agence réalise au moins la moitié de son chiffre d'affaires en devises et justifie la création d'un minimum d'emplois permanents dont le nombre reste à fixer. Le retrait de la licence peut être prononcé en cas de condamnation pour fraude fiscale ou douanière, ou pour infraction à la réglementation des changes.

    Dans l'ensemble, les professionnels se disent satisfaits, "car ce texte va contribuer à assainir le secteur", indique-t-on à la Fédération. Les voyagistes n'ont pourtant pas obtenu gain de cause sur la vingtaine d'amendements qu'ils avaient proposés. La proposition de constitution d'une caisse de garantie gérée par les professionnels et financée par la caution versée à l'ouverture d'une agence n'a pu être retenue. De même, le principe du chaînage (distance réglementaire à respecter entre deux agences) que les agents de voyages souhaitaient voir appliquer à leur secteur a été rejeté. En réalité, les opérateurs poussaient au gel des agréments, arguant que la prolifération des agences introduisait beaucoup de "brebis galeuses" dans l'activité. Selon eux, "le phénomène tirait le secteur vers le bas".
    Quant au contrôle exercé par la tutelle, les agents de voyages émettent quelques réserves. Ils estiment que la loi donne à l'Administration un pouvoir excessif. Au grand dam des professionnels qui souhaitaient limiter le contrôle à son aspect "administratif", le législateur a finalement retenu la version la plus étendue. Aux termes des articles 15 et 16, les agences de voyages doivent tenir à la disposition des agents chargés du contrôle tous les livres et documents, y compris comptables. La Fédération n'est pas contre, mais affirme que "seuls les agents du Fisc devraient avoir le doit d'accéder aux documents comptables".

    Abashi SHAMAMBA

    (1) Voir L'Economiste du 29 mai 1997.

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