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    Les radiologues sortent de l'ombre

    Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

    Information des patients, mise en place d'une réglementation en matière de radio-protection, création d'une fédération nationale... Les médecins radiologues et les spécialistes en imagerie médicale veulent réhabiliter un secteur en proie à de nombreuses difficultés.


    «L'IRM n'utilise pas de rayons X et la combinaison du champ magnétique avec les ondes radio est absolument inoffensive pour le corps». Ces explications figurent sur des dépliants disponibles dans certains cabinets de radiologie et sont destinés aux patients. Objectif: mieux les informer. Les dépliants ne portent pas sur l'IRM uniquement, mais également sur les autres techniques d'examens en vogue: scanner, mammographie, IRM (imagerie par résonance magnétique) et radiologie générale. Pour chaque technique, le dépliant est tiré à 20.000 exemplaires. `
    «Mieux informé, le patient est alors en mesure de mieux collaborer à la chaîne des soins en devenant coresponsable de sa propre santé», explique le Pr Chakib Bennani Smirès, président de la récente Fédération de Radiologie et d'Imagerie Médicale, à l'origine de cette initiative.
    Créée en mars dernier à partir de six associations régionales, et officialisée à l'occasion des assises nationales de radiologie et d'imagerie médicale, tenues en avril, ce groupement s'est fixé pour objectif de résoudre les problèmes qui pourraient affecter la profession. Les difficultés sont déjà là. L'insertion des nouveaux diplômés dans les cabinets de radiologues, comme pour d'autres spécialités médicales, est confrontée au problème de sureffectif.

    Ils sont 400 aujourd'hui contre 30 il y a 20 ans. 48% des radiologues sont installés dans le secteur libéral et exercent pour la plupart dans des cabinets indépendants. Selon la toute jeune Fédération, de nombreux cabinets ont vu leurs activités se réduire. Pis encore, des cas de liquidation judiciaire sont signalés.
    A cela s'ajoute le risque de voir les 150 radiologues diplômés résidant en France rentrer au pays, s'inquiètent les professionnels. Autre contrainte: l'offre de prestations chez les médecins non radiologues.

    Radio-protection


    Les radiologues considèrent que «l'autoprescription d'examens d'imagerie médicale par des médecins généralistes ou de diverses spécialités médicales constitue un élément majeur de concurrence déloyale objective». Selon les estimations de la Fédération Nationale de Radiologie et d'Imagerie Médicale, 1.200 tables de radiologie seraient installées dans les cabinets de médecins généralistes ou spécialistes non radiologues.
    Concernant la demande de prestations, l'absence d'une couverture médicale généralisée exclut une large couche de la population du circuit des examens radiologiques dans le secteur libéral, surtout que les technologies utilisées sont de plus en plus performantes, certes, mais aussi de plus en plus coûteuses. Selon la Fédération, la demande n'a augmenté entre 1993 et 1996 que de 3%. Ce taux a été obtenu en prenant comme indicateur la vente des produits de contraste en officine (il s'agit de substances utilisées pour mettre en évidence l'organe à examiner)
    Reste aussi à mettre en place les dispositifs réglementaires adéquats. L'utilisation des rayonnements ionisants à des fins diagnostiques ou thérapeutiques suppose des normes de sécurité strictes. Le risque d'une surexposition à une source radioactive est valable, non seulement pour les patients, mais aussi pour les professionnels.

    Pour l'heure, le seul texte qui existe est une loi relative à la protection contre les rayonnements ionisants qui date de 1971 et n'a jamais eu de décret d'application.
    Deux projets de décrets, adoptés en mars dernier par le Conseil de gouvernement et qui seront
    bientôt soumis au Conseil des ministres, doivent remédier à la situation.
    Les textes prévoient notamment les normes à respecter en matière de radio-protection ainsi que les conditions d'exercice. Une disposition devrait apporter du baume au coeur de nombreux radiologues: le texte renforce les monopoles des spécialistes en radiothérapie (spécialité médicale utilisant des rayonnements ionisants à des fins thérapeutiques) et radio-isotopie (utilisation de substances radioactives à des fins de diagnostic).

    Mohamed BENABID

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