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Economie

Les ruptures de stocks se multiplient dangereusement

Par L'Economiste | Edition N°:455 Le 03/03/1999 | Partager

Les vaccins pour enfants et nourrissons, Tetracoq et Pentacoq, commercialisés par Rhône Poulenc Rorer, et qui n'ont pas d'équivalents sur le marché, ne sont toujours pas disponibles dans les pharmacies d'officine. La question du problème de rupture de stocks et de sa gestion par le MSP est encore une fois reposée.


Ce n'est plus un phénomène isolé mais une tendance lourde. Les ruptures de stocks de médicaments se multiplient sans que le Ministère de la Santé Publique (MSP) n'arrive à juguler le problème. Après la série de pénuries de médicaments signalées pendant l'automne dernier, c'est autour des vaccins pour enfants et nourrissons, Pentacoq et Tetracoq (utilisés pour prévenir la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la méningite), de subir le même sort. A l'heure ou nous mettions sous presse, les deux produits commercialisés par le laboratoire Rhône Poulenc Rorer (ces médicaments n'ont pas d'équivalents sur le marché marocain) n'étaient toujours pas disponibles dans les pharmacies d'officine. Pour parer à cette situation d'urgence, il est prévu d'importer des vaccins similaires par des laboratoires concurrents.
Les ruptures du Pentacoq et du Tetracoq ont été signalées dans les officines depuis le mois de décembre. Le délai de réaction des autorités sanitaires peut donc surprendre. D'ailleurs, ces pénuries n'ont pas manqué d'inquiéter une partie du corps médical. Surtout que des cas de méningites ont été signalés ces dernières semaines. "Les communiqués du MSP arrivent toujours en retard. L'idéal serait de nous avertir à temps, de manière à ce que l'on puisse prendre les mesures appropriées", souligne un pharmacien d'officine qui préfère garder l'anonymat. Officiellement, ces ruptures auraient concerné en premier lieu la maison mère du laboratoire pharmaceutique, à savoir Pasteur Mérieux Connaugh. En revanche, aucune explication technique n'a été fournie sur les motifs réels de ces pénuries.

Chaque fois qu'un médicament est en rupture de stocks, la stratégie utilisée par le MSP est de rassurer le public, moyennant une armada d'arguments conjoncturels et économiques (voire encadré). Mais voilà, ces explications ne peuvent pas forcément convaincre les malades et leurs médecins, premiers concernés dans cette affaire. En particulier, lorsqu'il s'agit de pathologies sensibles où le médecin ne peut pas substituer un médicament à un autre (équivalent) sans risque pour le patient. Alors que les laboratoires sont tenus légalement d'avoir trois mois de stocks, il semble que beaucoup d'unités travaillent en réalité en flux tendus, en raison de contraintes techniques (voire encadré) mais aussi d'impératifs financiers. Il est plus tentant de placer ses capitaux que de les immobiliser en stocks. Et le médicament n'échappe pas à la règle.


Des causes multifactorielles


Selon le MSP, les ruptures de médicaments peuvent avoir plusieurs causes. D'abord, il faut tenir compte des retraits. De nombreux produits donnés pour manquants ont été en retirés du marché. Les raisons de ces retraits peuvent être de nature très variée allant des rapports bénéfices/risques pour le patient à des retraits pour des contraintes de rentabilité du produit. En 1997, plusieurs dizaines de produits ont été retirées du marché marocain à la demande des laboratoires concernés et après accord de la commission d'AMM (autorisation de mise sur le marché). Autre facteur dont il faut tenir compte le risque industriel. Dans le domaine pharmaceutique, on estime le risque de rupture de stocks à 1%. Le marché du médicament au Maroc compte 4.000 spécialités, tous dosages et toutes formes confondus. Une rupture de stocks, jugée "acceptable" à un instant donné, est donc de 40 produits. A noter que le MSP prévoit de mettre en place une base statistique pour assurer une meilleur suivi du problème.

Mohamed BENABID










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