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Economie

Etats-Unis: Revue de détail sur la politique étrangère

Par L'Economiste | Edition N°:455 Le 03/03/1999 | Partager

Le Président américain a fait la semaine dernière à San Francisco la revue de détail de la politique étrangère des Etats-Unis. Par ailleurs, il a annoncé la tenue d'un sommet USA-Afrique à la mi-mars.


Alors qu'un certain flottement est apparu dans le rôle de l'Oncle Sam-gendarme du monde, le Président Clinton a passé en revue les points chauds de la politique étrangère. En parallèle, son secrétaire d'Etat, Mme Albright, en route pour la Chine, a apporté des éclaircissements.
De manière générale, le Président américain a appelé ses concitoyens "à épouser la logique inexorable de la mondialisation", même s'ils ont tendance à s'occuper davantage de leurs propres affaires. "Il est de l'intérêt de l'Amérique d'être un faiseur de paix".

· Chine: Sévérité et provocation
Washington s'est montré sévère à l'endroit de Pékin, qui venait de profiter de ce que les feux de l'actualité diplomatique étaient sur lui, pour condamner un nouvelle série d'opposants, dont des écologistes. Le Sénat vient de voter une loi demandant à l'ONU de se saisir de la question des droits de l'Homme en Chine. Le Président Clinton a, pour sa part, fait remarquer que la croissance de ce grand pays s'essoufflait parce que les réformes politiques et dans l'organisation des marchés tardaient à venir. "Tôt ou tard, la Chine devra comprendre qu'elle ne peut pas acheter la stabilité aux dépens de la liberté". Le Président a été particulièrement sévère sur la "tentation des dirigeants chinois d'isoler la Chine des forces du changement". Rappelons que les Etats-Unis comptent une importante et très dynamique communauté chinoise, ayant gardé des liens au pays par-delà les générations, mais qui se montre inquiète de la rigidité politique de Pékin.

· Afrique: Un sommet mais pas la dette
Ayant reçu juste avant le Président Rawlings du Ghana, M. Clinton a annoncé la tenue d'un sommet Etats-Unis/Afrique pour la mi-mars. C'est une première qui ressemble fort aux habitudes diplomatiques françaises. Aussi les observateurs y voient-ils une concurrence, là où Paris a de plus en plus de difficultés à tenir son ancien rang. Des entreprises privées seront conviées pour trois jours à Washington. Le Président américain veut trouver "les moyens d'accélérer le développement économique, le commerce et les investissements". Le Président américain est néanmoins handicapé dans cette stratégie par le Congrès qui se dispute sur un vieux projet de loi tendant à élargir les SGP (Systèmes généralisés de préférence, ouvrant droit à des régimes de faveur sur le marché américain lorsque la marchandise vient de pays en voie de développement). Le projet de loi est coincé de manière paradoxale: les représentants afro-américains réclament des mesures plus importantes que ne le veut le projet et s'opposent donc à son passage. Côté finances, le Président américain a exclu la possibilité d'effacer tout ou partie des dettes des pays africains, opération qui reste donc une spécialité européenne et française.

· Proche-Orient: Promesses
Après l'échec de l'accord de Wye Plantation arraché au gouvernement israélien, mais en retrait par rapport aux attentes d'Oslo, le Président américain s'est contenté de promettre qu'il "consacrerait le temps qui lui reste" à amener les parties à un nouvel arrangement. Adoptant des accents lyriques, il a souligné le rôle de Rabin, omettant de citer l'actuel Premier ministre israélien Netanyahou.

· Russie: Avenir incertain
Les Etats-Unis ont très largement soutenu le Président Eltsine, ce qui leur a été reproché. En effet, ce faisant ils ont aussi soutenu le développement de mafias sur les décombres de la nomenclatura soviétique. Les bailleurs de fonds, publics et privés, ainsi que les institutions internationales ont peu de chances de retrouver leur mise. Dans sa revue de politique étrangère, le Président Clinton a mis un bémol au soutien américain en faveur du gouvernement russe: "L'avenir est incertain". A côté de la responsabilité de l'ancien système socialiste, M. Clinton a ajouté la responsabilité des dirigeants actuels, "incapables d'assurer la prospérité ou de contrôler les flux de capitaux, d'armements et de technologies". Mais il a indiqué que les Etats-Unis doivent "travailler avec eux, avec réalisme et patience", tout en conditionnant des aides supplémentaires à la remise en marche de l'économie.

· Drogue: Certification pour le Nigeria et le Mexique
Le Président Clinton a confirmé qu'il insisterait auprès du Congrès pour qu'il "certifie le Mexique et le Nigeria". Cette procédure permettra la reprise de l'aide américaine dans la lutte contre les narcotraficants. La certification, comme dans une démarche qualité d'entreprise, démontre que les pays en question ont fait des efforts pour lutter contre le trafic de drogue en direction des Etats-Unis. Les observateurs notent que les autres pourvoyeurs de drogue ne sont pas cités. Ils resteront donc à l'index. Rappelons que la drogue est classée parmi les "intérêts vitaux" dans la politique intérieure et extérieure des Etats-Unis.

· Serbie: Encore un avertissement
Le Président américain a donné un nouvel avertissement dans la longue série des "retenez-moi ou je frappe" à propos de l'imbroglio de l'ex-Yougoslavie.

· Irak: Pas cité mais commenté
L'Irak n'a pas figuré parmi les points développés par le Président. Mais le secrétaire d'Etat, Mme Madeleine Albright, a rappelé que l'objectif américain est de faire tomber le Président Hussein.

· OTAN: Objectif l'Eurasie
En les citant expressément, le Président américain a invité la Russie et l'Ukraine à intégrer l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord (OTAN). La perspective adoptée est celle de couvrir des zones géographiques en Eurasie. Ces zones, turbulentes mais d'un faible poids international, sont hors couverture d'intervention en cas de conflit. Aux yeux de Washington, elles peuvent représenter des menaces pour la Russie et l'Ukraine. Ces dernières n'ont plus les moyens d'assurer leur sécurité extérieure, y compris sur des zones limitrophes. La Russie se montre très opposée à l'idée d'entrer dans l'OTAN. L'organisation militaire est néanmoins en train de développer des approches en direction de pays qui ont réussi leur transition démocratique. Le Maroc figure parmi ceux-là.


Réforme du système financier


La globalisation économique est précédée par la globalisation financière, laquelle fait peser des risques sur les équilibres planétaires. Le Président américain a donc réclamé une réforme du système financier. "La multiplication des échanges (...) apporte des bénéfices réels", estime M. Clinton. Mais il faut une réforme du système financier "quand des vagues de capitaux inondent les marchés émergents pour ensuite les assécher brutalement quand les faillites bancaires affectent des économies entières, quand des millions de gens parvenus à la classe moyenne retombent dans la pauvreté". Le Président américain n'a pas proposé de solution technique, mais a accusé l'Europe et le Japon de ne pas faire assez pour l'ouverture de leurs échanges. Le Président a promis que le prochain G7, en Allemagne au mois de juin prochain, se pencherait sur les réformes financières.

Nadia SALAH

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