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    Les résultats des assurances en 1994 : La perte d'exploitation de la SCR se creuse

    Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

    Confrontée aux difficultés du secteur des assurances, la SCR a enregistré une importante perte d'exploitation en 1994. Les subventions assurent l'équilibre en attendant la privatisation.


    La participation de l'Etat dans plusieurs entreprises est progressivement cédée au privé. Même si elle n'est pas inscrite sur la liste des affaires prévues au cours de cette année, la SCR (Société Centrale de Réassurance), contrôlée à 94% par l'Etat, se prépare à cette perspective, à l'instar des autres privatisables. Pour cet exercice, la SCR a réalisé un chiffre d'affaires de 1,32 milliard de Dirhams, en progression de 4,3% par rapport à l'année précédente. A noter que l'activité de la compagnie est centrée sur deux créneaux. La SCR joue un rôle d'institution publique en charge de la gestion de la cession légale qui représente 10% du chiffre d'affaires de chaque compagnie. Second point: elle mène une activité purement commerciale en intervenant tant sur le plan national qu'international dans le domaine de la réassurance conventionnelle. Pour 1994, les primes cédées en réassurance par les compagnies locales à la SCR totalisent près de 1,2 milliard de Dirhams sur un montant de d'un peu plus de 1,7 milliard, soit 89% de son chiffre d'affaires. La cession légale compte pour 622 millions de Dirhams et le montant des affaires conventionnelles 556 millions. Durant cette même année, elle a accepté 144 millions de Dirhams pour la réassurance des compagnies étrangères, ce qui porte à 700 millions le montant total des affaires conventionnelles, soit 53% du portefeuille de la compagnie.

    Déficit technique

    La croissance du chiffre d'affaires résulte globalement des primes légales, en progression d'environ 6%, alors que les primes conventionnelles n'ont grimpé que de 3%. Cette faible augmentation du chiffre d'affaires s'explique globalement par la quasi-stagnation du marché national d'assurance qui n'a enregistré qu'une progression de 6%, au lieu de 14% une année plus tôt, passant de 5,8 milliards de Dirhams à un peu plus de 6,2 milliards. Cette relative atonie résulte de la décélération enregistrée au niveau des branches automobile et vie. Pour la première, les primes n'ont crû que de 7,79% contre 14,87% en 1993, en raison notamment d'une plus grande substitution d'un grand nombre de contrats annuels par des contrats fractionnés suite à l'augmentation du tarif automobile à partir de septembre 1994. Quant à la branche vie, elle n'a progressé que de 3,54% contre 23,47% une année auparavant en raison du recul de 18,71% de la sous-catégorie "groupe".
    Pour assurer sa couverture, la SCR a rétrocédé des primes d'un montant de 486 millions de Dirhams (36,7% du CA) dont 459 millions à l'étranger. Le marché national a pour sa part récupéré 27 millions de Dirhams.

    En 1994, le secteur des assurances a été fortement perturbé. Le déficit technique a explosé, atteignant près de 2,4 milliards de Dirhams contre 1,3 milliard l'année précédente, soit une progression de plus de 80%. Outre le déficit de la branche vie résultant de la capitalisation des réserves mathématiques, la sous-tarification de la sous-catégorie maladie et le résultat négatif de l'accident du travail, l'élargissement du trou de la branche automobile est considéré comme le principal responsable de la persistance du déficit technique. La SCR, en tant que réassureur national, a subi de plein fouet cette situation. Sa perte d'exploitation s'est considérablement creusée, passant de 21,2 millions de Dirhams en 1993 à 252 millions. Cette perte est essentiellement due à la cession légale, particulièrement pour les branches automobile, accident du travail et maladie. Ces branches représentent près de 60% des affaires légales traitées par la SCR. L'automobile y contribue pour 38% contre 8% en ce qui concerne le portefeuille des affaires conventionnelles. L'aggravation de la perte a automatiquement tiré à la hausse la subvention d'équilibre, la compagnie bénéficiant d'une garantie d'équilibre de l'Etat. Le Trésor a dû puiser dans ses caisses pour couvrir le déficit à hauteur de 169 millions de Dirhams contre 25,3 millions une année plus tôt. La privatisation, non encore annoncée, devrait entraîner l'arrêt des concours publics. Le retour à l'équilibre dépendra de la réorganisation du secteur.
    En attendant, un consensus semble se dégager quant au shéma de la privatisation. Selon M. Farouk Bennis, président délégué de la compagnie, il s'agira de préserver les acquis de la SCR, notamment sa mission essentielle de régulation. Il fait remarquer que la profession a à plusieurs reprises émis le souhait de participer à la privatisation de la société. Il souligne par ailleurs, qu'une fois entrée dans l'escarcelle du privé et dégagée du fardeau de la cession légale, "la SCR devra agir en opérateur professionnel qui satisfait ses partenaires et réalise un résultat positif pour ses actionnaires".

    Alié.Dior.NDOUR.

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