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    Economie

    Les opérateurs lancent un ultimatum au gouvernement

    Par L'Economiste | Edition N°:810 Le 14/07/2000 | Partager

    • Si d'ici la fin du mois aucune mesure n'est annoncée de la part du gouvernement, les opérateurs vont prélever eux-mêmes 9 points des parts patronales sur la déclaration de la CNSS• Pour relancer le débat autour du contrat-programme, l'Amith compte organiser un tapage médiatique en publiant une lettre ouverte au Premier ministreRIEN n'est aussi désespérant que de ne pas trouver une nouvelle raison d'espérer. C'est aujourd'hui le sentiment qui s'empare des textiliens, venus très nombreux à leur dernière assemblée générale extraordinaire, qui avait toutefois plus l'air d'un rassemblement de troupes prêtes à bondir au moindre signal. En effet, l'exaspération est à son paroxysme. Le temps passe et aucune mesure compensatoire, concernant l'augmentation du Smig de 10%, n'a émané du gouvernement. Celui-ci avait pourtant promis, noir sur blanc, lors du récent accord social passé avec les syndicats et le patronat, de prévoir des aménagements particuliers pour les secteurs les plus touchés. C'est le cas de l'industrie textile et cuir.Mieux encore, il s'était aussi engagé, dans l'avenir, à créer des Smig sectoriels, parce qu'il n'en existe qu'un seul dans la loi.«Mais ce ne sont que des promesses jetées en l'air, qui n'ont pas été respectées, et qui peut-être, s'accordent à dire les textiliens présents lors de cette assemblée, ne le seront jamais«.Le Bureau de l'Amith (Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement), dont les présidents de groupements et certains membres ont participé aux réunions tardives, est arrivé avec des décisions claires et précises. C'est devant une salle surchauffée que M. Mohamed Lahlou, président de l'Amith, a présenté les résultats stériles des rencontres avec le ministre de l'Emploi. De ce rendez-vous, maintes fois reporté, il est ressorti que le calcul de la compensation n'est pas aussi simple qu'on ne le croit. La réunion, qui s'est déroulée en présence du staff ministériel ainsi que des cadres de la CNSS, n'a abouti à aucun résultat même si plusieurs scénarios concernant l'allégement des charges sociales (dont les modalités techniques sont complexes à calculer) ont été envisagés.En début de semaine, le Bureau de l'Amith a passé une journée entière avec un comité technique de la CNSS planchant sur les ajustements de la structure des cotisations pour retrouver l'augmentation de 10% du Smig.Mais là encore, nouveau hic. L'augmentation de 10% fait porter le Smig à 1.826 DH par mois (26 jours). Or, pour les textiliens il s'élève à 2.500 DH, parce qu'il comprend les primes d'ancienneté, de transport, de panier...«Le différentiel entre le discours de la CNSS et celui du secteur étant très important, l'essentiel est d'avoir une vision plus large et de ne pas passer à côté de la solution«, déclare M. Lahlou.La structure des charges sociales se décompose en trois parts: les charges salariales, les charges patronales et la taxe professionnelle. Les recherches de calcul ont donc tourné autour des charges patronales, mais la grande question était de savoir quels pourcentages pour quelle base?En définitive, l'assemblée a statué. Les membres de l'Association ne peuvent pas répondre à l'augmentation du Smig. Si aucun signe du gouvernement n'apparaît d'ici la fin du mois, le secteur se rendra alors justice lui-même dès la prochaine déclaration CNSS début août L'Amith préconise de prélever 9 points sur la part patronale, sur un salaire de base de 2.500 DH. Le fait de ne pas déclarer ces 9 points devrait couvrir l'augmentation du Smig de 10%.Un tollé général a accueilli cette proposition la qualifiant de «mièvre et pas assez percutante«. La majorité de la base était d'accord pour un gel total des cotisations de la CNSS, arguant que le secteur est victime d'une décision politique et «que le gouvernement, totalement irresponsable, n'avait pas le courage de ses décisions«. Selon certains, l'Amith s'est toujours comportée «d'une manière très correcte«, ce sont les responsables qui ne l'ont pas été. «Et puisque c'est une guerre, autant la mener de front même si nous ne nous battons pas avec les mêmes armes«, ajoute un autre opérateur. Des propos violents, incrimma-teurs, qui témoignent du désarroi des industriels.Une crainte demeure tout de même. Celle de l'après application de la ponction des 9 points sur les charges patronales. La CNSS ne se laissera pas faire et les pénalités, sinon pire, vont pleuvoir. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que c'est une mesure qui n'est pas facilement applicable, parce qu'il faut attendre l'aval du Conseil d'administration de la Caisse et ensuite faire voter la loi au Parlement. Si le gel des cotisations dans leur ensemble n'est pas une solution viable, explique M. Badr Berrada, président du Groupement des confectionneurs, c'est parce que le gouvernement a signé un accord pour une compensation. Il est difficile d'aller plus loin, nous serions perdants«. «D'ailleurs, renchérit M. Benbar-ka, président du Groupement de la bonneterie, c'est le gouvernement qui a choisi le terrain sur lequel nous nous sommes engagés, en faisant allusion aux charges sociales, c'est le seul sur lequel nous pouvons nous mouvoir«.Finalement, le vote s'est passé sans encombres, la majorité optant pour la solution proposée par l'Amith, notamment celle de prélever par eux-mêmes 9 points des parts patronales. Advienne que pourra.Radia LAHLOU


    Lettre ouverte au Premier ministre?Le second ordre du jour a mobilisé moins d'énergie que le premier, même s'il est tout aussi important 11 s'agit du contrat-programme présenté au gouvernement depuis près d'un an, et qui jusqu'à aujourd'hui n'a reçu aucune réponse de la part des autorités concernées.Ce que l'Amith a décidé de faire, c'est de relancer le débat d'une façon plus médiatique en publiant une lettre ouverte au Premier ministre, sur toute la presse nationale, qu'elle soit en arabe ou en français et même s'il le faut en anglais. Et cela, ne représente qu'une étape de la démarche. Si les résultats sont positifs, ils s'ouvriront air des débats avec les Ministères, sinon d'astres mesures devront être prises,La viabilité de ces deux actions capitales pour l'avenir du secteur dépend aussi de la mobilisation de tous les opérateurs. D'ailleurs, même les investisseurs étrangers comptent s'y mêler en faisant intervenir leurs ambassades.Les dés sont jetés, et la balle est dans le camp du gouvernement.
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