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    Economie

    Les Intégrales de l’investissement
    Pas de recette miracle pour développer les régions

    Par L'Economiste | Edition N°:1909 Le 03/12/2004 | Partager

    . Il y a autant de réponses que de situations. Les organismes financiers internationaux jugés incontournables. L’intérêt pour la rencontre n’est pas tombé d’un cran le 2e jourLa salle de conférence de l’Amphitrite à Skhirat, qui accueillait les Intégrales de l’investissement, n’a pas désempli. Comme pour l’ouverture mercredi 1er décembre, l’évènement a attiré de nombreux participants le lendemain.Tout le gotha du monde des affaires et des institutionnels est venu débattre essentiellement de la question de l’amélioration de la compétitivité des régions aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Le but étant de rendre la région «économiquement captive de capitaux». C’est d’ailleurs ce à quoi aspire le Premier ministre, Driss Jettou, qui a présidé la cérémonie de remise des prix de l’investissement à 13 entreprises sélectionnées pour leurs expériences dans leurs domaines respectifs. C’était mercredi lors d’un dîner à Ksar Tazi à Rabat.L’intérêt retrouvé pour la région s’explique par des considérations aussi bien nationales qu’internationales. Sur le plan interne, cette vision permet «d’une part, de faire face aux défis socioéconomiques du pays, en particulier la lutte contre le chômage et l’accès aux services de base. D’autre part, bénéficier des économies d’échelle induites par la mobilisation des ressources locales», indique Hassan Bernoussi, directeur des Investissements. A l’échelle mondiale, «la région devient le champ de ciblage d’implantation pour les entreprises transfrontalières», ajoute-t-il. Par ailleurs, cette politique de régionalisation vient compléter celles de la déconcentration et de la décentralisation dans lesquelles le Maroc s’est engagé, il y a une dizaine d’années.Réaliser cet objectif n’est pas une mince affaire, d’autant plus qu’il n’existe pas de «recette miracle», s’accordent à dire les intervenants. Pour Chantal Balet Emery, avocate et membre de la direction d’Economiesuisse en Suisse, qui a évoqué l’exemple de la politique de régionalisation de son pays, il y a autant de réponses que de situations. «La Suisse a modifié à plusieurs reprises la politique régionale au fil des ans, pour s’adapter à une réalité constamment changeante», souligne-t-elle.Toutefois, des similitudes existent, telle la répartition inégale des richesses entre les régions. D’où l’idée de l’internationalisation de l’événement qui a pour objet, selon Bernoussi, «de mettre à jour les expériences des uns et des autres». Le témoignage du groupe touristique Accor le confirme. Pour son directeur général, Jean-Robert Reznik, le choix d’investir dans une région s’effectue en fonction de plusieurs éléments liés aussi bien à la politique globale que locale. Mais l’élément humain et la culture restent particulièrement décisifs. «Il faut garder les particularités qui collent à chaque région parce que c’est ce moteur qui fait la différence et qui entraîne l’adhésion locale», explique-t-il. «La protection et le développement de la culture ont été d’ailleurs payants pour le développement du tourisme au Maroc. Et c’est bien cela qui a fait l’intelligence du pays par rapport à d’autres pays», estime Reznik. Et de souligner que c’est valable pour tous les secteurs.Autre particularité du Royaume évoquée par Hassan Abouyoub, ancien ambassadeur en France, est «la capacité des gens issus des régions, notamment les MRE, à mobiliser les ressources pour les infrastructures type routes, hôpitaux, etc., qui sont en fait du ressort de l’Etat central». Abouyoub a par ailleurs cité le cas de la région du Souss, qui a pu mobiliser, entre 1985 et 1996, quelque 60 millions d’euros pour des projets d’infrastructures. Développer les régions pour promouvoir l’investissement est une bonne chose. Mais la question qui se pose est celle du financement, qui a fait l’objet de tout un atelier de travail le premier jour des Intégrales. Car «il faut donner aux régions les moyens d’augmenter leur compétitivité en exploitant au mieux les atouts qui sont les leurs», souligne Chantal Balet.La première réponse donnée par les intervenants est le développement des partenariats public/privé puisque les ressources locales demeurent insuffisantes, notamment pour la réalisation des grands projets d’infrastructures. Philipe Boveroux, conseiller économique et social de la région Wallonne en Belgique, qui présente l’expérience de sa région comme une réussite, met l’accent sur le soutien des organismes financiers internationaux.Abouyoub abonde dans le même sens en soulignant que «le Maroc qui, au niveau central, a un déficit considérable en termes de ressources ne peut valablement mener une politique régionale sans assistance extérieure». Ainsi, la contribution de l’Union européenne dans le cadre de sa nouvelle politique de voisinage peut accélérer le processus de développement régional. Le débat sur la chose locale c’est bien, mais sortir avec un résultat c’est encore mieux. Le Premier ministre et le patron de la direction des Investissements espèrent finir la rencontre avec des recommandations pertinentes sur le rôle des investissements dans l’économie et sur leur dimension territoriale. Ou mieux encore, avec des pistes d’actions. A l’heure où nous mettions sous presse jeudi, les débats se poursuivaient encore.


    Le marketing territorial

    Jusqu’à présent, les concepts et pratiques de marketing étaient appliqués aux produits et services. Toutefois, pour promouvoir l’investissement territorial, ces pratiques s’imposent aussi. «C’est comme si le territoire devenait un espace à commercialiser», indique Laurence Artaud, chargée de mission, intelligence économique à l’Assemblée des Chambres françaises de commerce et de l’industrie. Il s’agit de communiquer sur les atouts et potentialités des régions, notamment en utilisant des nouvelles technologies. D’ailleurs, selon une étude, 80% des entreprises qui cherchent à délocaliser leur activité, s’appuient sur les informations disponibles sur Internet pour le choix de la région.Par ailleurs, le marketing territorial ne se base pas uniquement sur l’image. Un nouveau concept est actuellement en vogue. Il s’agit «de l’intelligence économique qui se base sur la maîtrise de l’information stratégique, la protection économique du patrimoine et l’action d’influence», explique Artaud. Meryeme MOUJAB

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