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    Economie

    Les Intégrales de l’investissement
    Bernoussi: Plus d’un milliard d’euros nous échappe!

    Par L'Economiste | Edition N°:1907 Le 01/12/2004 | Partager

    . Investissements étrangers en 2003: 2,39 milliards d’euros . Absence d’un outil statistique performant pour identifier les besoins et les opportunités. “Une réelle relance de l’investissement national depuis 2 ans”La deuxième édition des Intégrales de l’investissement commence aujourd’hui avec quelque 800 personnes en tout attendues. L’investissement est un acte territorial ou n’est pas. C’est en somme la philosophie de cette rencontre qui ambitionne de mettre en compétition les régions afin qu’elles puissent vendre leurs opportunités. Tout un programme.- L’Economiste: Quel est le comportement des investissements extérieurs et intérieurs ces dernières années?- Hassan Bernoussi: L’investissement étranger ne s’est jamais aussi bien comporté que durant ces cinq dernières années. Dans les années 90, le montant d’investissement réalisé dépassait difficilement les 500 millions de dollars. Alors qu’aujourd’hui, et notamment depuis 2000, nous dépassons le milliard de dollars. La première raison de cette évolution est l’ouverture de notre économie, laquelle a automatiquement drainé l’investissement étranger sur des secteurs d’extrême importance comme l’énergie, les télécommunications et d’autres activités liées à l’industrie minière.Maintenant, il faudrait peut-être nuancer cette évolution par rapport aux investisseurs nationaux. Voyant venir ces investisseurs étrangers, les nationaux se sont peut-être posés un certain nombre de questions, à savoir quelle place pourraient-ils occuper dans cette nouvelle conjoncture internationale.. Fuite des capitaux? Pas de mesures sérieuses!- Surtout que la fuite des capitaux semble importante. Driss Jettou avait même lancé un message à ces investisseurs…- Je ne peux pas parler de fuite des capitaux parce que là aussi, je n’ai pas d’outils de mesure. Cela peut être des déclarations supposées, mais personnellement, je n’en ai pas la certitude. Mais nous avons noté effectivement une frilosité de la part des investisseurs nationaux pour plusieurs raisons: le changement de gouvernement, le changement d’orientation économique, politique et sociale. Ils ont vécu un temps d’observation. Mais je peux vous certifier que depuis presque 2 ans, il y a une réelle relance de l’investissement national, puisque ce sont aussi mes prérogatives en tant que responsable de la Commission d’investissement auprès du Premier ministre. Ils sont de plus en plus dynamiques dans l’entreprise et la création de richesse.- Avez-vous pu évaluer cette évolution?- Justement, là où il existe un véritable déficit d’appréciation, c’est dans l’absence d’un outil statistique performant. Les statistiques dont nous disposons aujourd’hui ne nous permettent pas de distinguer ce qui a été réalisé en termes d’investissements par les nationaux et par les MRE. On ne peut pas dire non plus qui sont les secteurs intéressant le plus les investisseurs marocains, les sommes investies par secteur. On ne peut pas aujourd’hui faire d’analyse complète et cohérente sur la situation de l’investissement au Maroc. Ce que nous pouvons donner comme information c’est l’investissement en général, soit la formation brute de capital fixe. Et encore, ces informations ont souvent deux ans de retard. Donc, c’est vous dire la pauvreté de l’outil statistique dont dispose le gouvernement. Il faudrait pour la question de l’investissement que la direction de la Statistique, l’Office des Changes ainsi que la Banque centrale du Maroc puissent faire un travail en profondeur pour mettre en place un outil performant.- La régionalisation en est à ses balbutiements. Aujourd’hui, près de 40% du PIB est concentré sur 1% du territoire. Pourquoi un tel retard?- Pour l’investisseur, c’est dans la région où se passe tout le process d’investissement: eau, électricité, voirie, l’emploi, les ressources naturelles ou humaines… Si la personne que vous avez en face de vous est défaillante, l’investisseur plie bagage et s’en va même si vous avez le plus beau pays du monde. Il faut que celui-ci ait les meilleurs interlocuteurs. Il faut de la qualité, du professionnalisme, du suivi dans la relation. C’est extrêmement important. Si 40% du PIB est concentré sur 1% du territoire, je dirais que plus de 40% des ressources humaines compétentes se trouvent dans 1% du territoire. C’est naturel, si on produit plus de richesse sur 1% du territoire, c’est qu’il y a plus d’hommes compétents. Sur le restant du territoire, l’on se retrouve devant une défaillance en matière de RH.


    Les autorités locales manquent d’agressivité

    . Mais pourquoi faire traîner ce qui est automatique!LES résultats que nous réalisons grâce aux grands groupes mais aussi grâce aux PME sont importants, souligne Hassan Bernoussi. Mais, fait-il remarquer, “nous sommes loin du compte par rapport au potentiel”. Si l’année dernière, le montant des investissements étrangers(1) se chiffrait à 2,39 milliards d’euros, “nous pouvons ajouter facilement un milliard supplémentaire pour les entreprises que nous avons du mal à capter”. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère: “Nous ne mettons pas suffisamment de moyens pour capter ce milliard supplémentaire d’euros qui nous file entre les doigts”. En fait, ces investissements vont chez la concurrence. Pour le patron des Investissements, pas de doute, “cela est dû essentiellement à un manque d’agressivité de la part des autorités locales et souvent des autorités régionales sur le plan du foncier”. Manque d’agressivité de l’accompagnement en matière d’autorisation et, ajoute Berrnoussi, “un certain nombre d’obstacles qui ne se justifient pas”: Par exemple, “je ne vois pas pourquoi aujourd’hui, nous ne donnons pas une autorisation que nous allons donner un an après, rien ne justifie le refus aujourd’hui pour ensuite autoriser!” s’exclame-t-il: “C’est un an de perdu et aussi un an où l’entreprise peut changer d’avis 10.000 fois”.- Hassan Bernoussi, directeur de la direction des Investissements: «Si 40% du PIB est concentré sur 1% du territoire, je dirais que plus de 40% des ressources humaines compétentes se trouvent dans 1% du territoire. Cela veut dire que sur le restant du territoire, l’on se retrouve devant une défaillance en matière des ressources humaines. Et naturellement, les investisseurs ne vont pas trouver les interlocuteurs qu’ils attendent. Il faut une meilleure distribution des compétences»Propos recueillis par Mouna KADIRI-----------------------------------------(1) Investissements et prêts privés étrangers

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