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Entreprises

Les coûts de maintenance des logiciels

Par L'Economiste | Edition N°:24 Le 09/04/1992 | Partager

Depuis la correction d'erreurs jusqu'à l'adaptation à l'environnement de travail, la maintenance du logiciel reste encore, pour les entreprises marocaines, l'un des principaux obstacles à la rentabilité de leur application.

Les applications informatiques s'usent. Il faut sans cesse intervenir pour les entretenir. On appelle ce travail fort noblement la maintenance. C'est chic, mais ce travail ressemble plus à du ravaudage qu'à la haute couture. Pourtant, tout responsable informatique et, indirectement, toute direction générale, constatent le poids croissant de ce poste dans le budget de fonctionnement des systèmes d'information. Son poids, mais aussi ses effets pervers: plus la société grandit et plus le nombre d'applications augmente, d'où une hausse exponentielle des coûts de maint-enance.
Entretenir un logiciel n'est jamais chose aisée, notamment parce qu'aucun cycle de vie de maintenance ne se dégage comme il existe un cycle de biens industriels. Si, en micro-informatique, la durée de vie d'un logiciel est de plus en plus brève, un an à un an et demi si l'on en croit les éditeurs et le rythme d'apparition des nouvelles versions, elle est par contre largement supérieure à celle du matériel dans le cas des systèmes plus lourds. Développées en interne ou acquises auprès de fournisseurs extérieurs, ces applications ont aujourd'hui une pérennité oscillant, selon les avis, entre sept et quinze ans, voire plus.

Productivité affligeante

Cette longévité, dira-t-on, donne à l'entreprise tout le temps nécessaire pour amortir l'investissement et rentabiliser son application. Faux, car si les coûts d'achat ou de développement interne sont aisément quantifiables, deux éléments viennent contrarier ce beau tableau. D'abord, la maintenance est, par nature, imprévisible, donc incalculable, si ce n'est sur la base de statistiques. Ensuite, la productivité de la maintenance logicielle, contrairement à celle du développement de projet, est tout simplement affligeante, lorsque l'on sait que la moyenne de lignes de code déboguées, par modification ou par ajout, tourne autour de deux lignes par jour/homme.
De telles données, abstraites en apparence, ont pourtant des conséquences tangibles: pour un Dirham dépensé en logiciel, 75 à 80 centimes seront absorbés par la maintenance.
Comment en est-on arrivé là? La plupart des critiques formulées par les directions informatiques à l'encontre de la maintenance logicielle se classent en quatre catégories:
- une analyse du besoin trop souvent incomplète, qui conduit à améliorer le nouveau logiciel dès sa mise en production; des contrôles inadéquats lors du développement qui entraînent des erreurs coûteuses, du délai trop long entre le moment ou une bogue est signalée et celui où elle est corrigée, enfin, l'incompétence des intervenants.

Le temps pour une simple modification

D'autres critiques vont également à la documentation surtout lorsqu'il s'agit de traduction de manuels étrangers, manque de compatibilité entre les logiciels, voire entre les différentes versions d'un même logiciel. Quant aux coûts des prestations extérieures, ils sont considérés comme démesurés. Mais si la critique vis-à-vis de l'extérieur est aisée, certains dérapages (pour ne pas dire plus) dans les coûts de maintenance logicielle sont directement liés à la structure même de l'entreprise. Il faut souvent beaucoup de temps pour une simple modification et certains services y consacrent jusqu'à 90% de leur activité! d'où un problème immédiat: réduire le temps de maintenance.
La raison semble prôner pour chaque membre du service informatique une charge de maintenance variant de 30 à 50% de son temps de travail. Quant au taux de maintenance par application, il est recommandé de le ramener comme en maintenance industrielle, à 10% du temps annuel de développement initial exprimé en jour/homme (actuellement proche de 20%).
Viennent enfin les mesures de gestion au quotidien: limiter les programmes inutiles, exiger "zéro bogue" pour ce code par un contrôle rigoureux; gérer de façon stricte les demandes de modification; enfin avoir recours à la maintenance-tierce, auprès d'une société de service pour les logiciels spécifiques, auprès des importateurs et de leur hot-line pour les progiciels courants.

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