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    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    Produits pétroliers
    «Il faut annuler graduellement la subvention»
    Entretien avec le président de la Fédération de l’Energie

    Par L'Economiste | Edition N°:3171 Le 16/12/2009 | Partager

    . Moulay Abdellah Alaoui: «Allons vite vers la vérité des prix» . Une réduction des tarifs de l’électricité n’est pas souhaitableLe plan de développement de l’énergie solaire va donner un nouveau souffle au plan stratégique de l’énergie. Mais cela ne doit pas reléguer au second plan les réformes structurelles, notamment celles du système de soutien des prix pétroliers. Entretien avec Moulay Abdellah Alaoui, président de la Fédération de l’Energie. - L’Economiste: Où en est la mise en œuvre du plan stratégique lancé en 2008? - Moulay Abdellah Alaoui: Le plan a été construit selon des données fiables et volontaristes. Lorsqu’on a construit ce bouquet énergétique, on a tenu à associer tous les intervenants. L’Etat veut maîtriser toutes les sources de l’énergie. C’est une nouvelle démarche qui a été retenue en vue de diminuer notre dépendance d’une part, et d’autre part pour contribuer à un environnement plus propre parce que avec le solaire, nous n’avons pratiquement pas d’émission à effet de serre. De même, il a été largement débattu depuis son lancement. Les assises de mars 2009 ont permis également de recueillir les remarques des experts internationaux.- Quelles étaient ces remarques… - Les experts ont jugé que le plan était très ambitieux. Deuxièmement, le plan solaire leur paraît coûteux par rapport aux prix de l’énergie fossile. D’ailleurs, l’étude de McKinsey n’avait pas retenu le solaire dans le plan stratégique. Mais je pense que le choix du solaire est judicieux. Car, qui garantit que le prix du pétrole ne va pas flamber d’ici 2015? De plus, l’évolution technologique est de nature à faire baisser les prix de revient de l’énergie solaire. - Le taux de la TVA sur les produits pétroliers passerait de 7 à 10% en 2010. Quel impact cette hausse peut-elle avoir?- Je ne pense pas qu’il aura un grand impact sur l’économie. D’ailleurs, le ministre des Finances, a confirmé qu’il y aura une intervention de l’Etat pour en atténuer les effets. Mais globalement, je pense que cela va durer une année ou deux jusqu’à ce qu’on arrive à la vérité des prix. C’est une obligation aujourd’hui, parce que seule la vérité des prix pourrait orienter le consommateur. La subvention masque la concurrence et les insuffisances des opérateurs.- Vous demandez donc une annulation de la subvention?- Il faut une annulation graduelle de la subvention tout en faisant un ciblage. Le système actuel est absurde. Il suffit de faire un calcul très simple pour s’en rendre compte: un cycliste de moto bénéficie de 250 dirhams de subvention par an, alors qu’un bourgeois avec une voiture de bonne cylindrée, touche 3.500 dirhams. Et là c’est tout le problème de la réforme du système de soutien des prix. Et puis avec la vérité des prix, nous maîtriserons la demande de l’énergie. Tous les discours sur l’efficacité énergétique ne feront pas diminuer la consommation. Seuls les prix peuvent dissuader le consommateur et le conduire vers une consommation intelligente. - Les tarifs de l’électricité sont chers au Maroc, cela n’impacte-t-il pas la compétitivité des entreprises?- Une réduction des tarifs n’est pas souhaitable. L’électricité reste bon marché au Maroc comparativement au pays du pourtour de la méditerranée. Car il ne faut pas comparer le Maroc avec des pays qui sont pétroliers ou gaziers qui subventionnent leurs industries. Et puis l’ONE n’a pas à subventionner l’électricité. Il ne peut pas vendre à perte. - La fusion de l’ONE et de l’ONEP est en cours, quel impact aura-t-elle sur le plan stratégique?- Les deux institutions vont gagner en synergie. Elles auront un terrain beaucoup plus grand et puis, on a toujours dit que l’électricité et l’eau ont des points commun dans la gestion. L’ONEP va apporter beaucoup à l’ONE parce qu’il n’a pas beaucoup de dette et il a de bons cadres.


    Stocks
    La question du stock des produits pétroliers avait donnée des sueurs froides aux pouvoirs publics. L’Etat n’arrive toujours pas à imposer les 60 jours réglementaires aux distributeurs. Moulay Abdellah Allaoui place la question dans son contexte: «Les sociétés de distribution avaient constitué des stocks de sécurité de 60 jours. Mais pendant les années difficiles, vers 1993 et 1994, les pouvoirs publics ont autorisé les sociétés pétrolières à ponctionner de leurs stocks pour alimenter le marché local». Ceci était une vision économique de l’époque qui veut que la position géographique proche de l’Europe et l’abondance des produits ne nécessite pas l’investissement dans le stock. D’autant plus qu’in fine, l’Etat subventionne la constitution de stocks. Les sociétés pétrolières ont hérité de cette situation. Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux. Les professionnels et l’administration de tutelle ont convenu un planning pour un «retour à la normale». Il y a des sociétés qui vont atteindre les 60 jours en janvier et la dernière société, au plus tard, fin juin 2010. C’est un problème qui est pratiquement réglé parce qu’il y a des stocks qui sont en construction. «En revanche, nous avons demandé, compte tenu du prix de pétrole et en contrepartie des efforts déployés par les distributeurs, de remettre dans la ligne de structure des prix, la subvention qui a été supprimée depuis des années», indique le président de la Fédération. L’investissement dans le stock est conséquent.Propos recueillis par Tarik HARI
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