×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    La revanche de l’énergie solaire

    Par L'Economiste | Edition N°:3171 Le 16/12/2009 | Partager

    . Leviers: un pétrole cher et des impératifs environnementaux. Depuis l’annonce de son plan, le Maroc est dans le viseur des majors . Les choix technologiques seront déterminants Bien avant Copenhague, les majors mondiales des technologies du solaire avaient déjà commencé les grandes manœuvres avec en point de mire, le plan de développement de l’énergie solaire annoncé début novembre à Ouarzazate. Quelle belle revanche pour cette énergie à zéro émission dont le développement avait été stoppé net par un pétrole «trop bon marché», confie Jacques Chazeau, conseiller en stratégie solaire à concentration. Depuis, la roue a tourné. A deux jours de la fin du sommet de Copenhague, c’est moins l’aspect prix qui remet cette énergie au-devant de la scène que les impératifs liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans leurs laboratoires, les grands équipementiers ont continué à parier sur le futur en maintenant leur effort de recherche. Les solutions technologiques remontent déjà aux années quatre-vingt. Il existe plusieurs technologies de production solaire d’énergie différentes et en forte évolution. Le Solaire Photovoltaïque, procédé par lequel l’énergie solaire est directement convertie en électricité par des matériaux semi-conducteurs, comme le silicium, recouverts d’une mince couche métallique. La technique dite du Solaire Thermique. Les rayons du soleil sont concentrés par des miroirs. La chaleur collectée produit de la vapeur, qui est ensuite convertie en électricité par un groupe turbo-alternateur.Les choix technologiques seront déterminants. Le CDER réalise actuellement une étude pour déterminer la ou les technologies les plus compétitives pour le Maroc. Mais il y a déjà un acquis : pas question de dépendre d’un seul type de technologie, ni de se transformer en terrain d’expérimentation de grands groupes. A en croire les spécialistes, la technologie la plus adaptée pour le Maroc est celle des tours, développée à partir des technologies spatiales par la société qui a inventé la technologie de propulsion des moteurs de fusées américaines. Construire au Maroc un parc solaire de cinq centrales utilisant la technologie de Solar Reserve sur un espace de plus de 3.000 hectares avec une irradiation solaire de 2.500 KWh/m²/an pour produire 3 TWh/an d’électricité verte et éviter le rejet de 1,5 million de tonnes de CO2. La bataille d’arguments techniques ne fait que commencer. Cette technologie est adaptée pour le Maroc parce que 75% des intrants d’une centrale fonctionnant à base de cette technologie, peuvent être produits sur place. Ce qui peut alimenter la dynamique de toute une filière. Ce qui n’est pas le cas pour le reste. En termes d’ensoleillement, le Maroc est comparable à l’ouest américain où la présence de vastes déserts permet de produire de l’électricité très bon marché à partir du solaire. La concentration solaire est un enjeu du développement durable pour le Maroc, voire la Méditerranée, à en croire Jacques Chazeau. Ce consultant rompu aux marchés les plus complexes avance trois explications: il faut que l’énergie produite soit compétitive, c’est-à-dire accessible au plus grand nombre; qu’elle soit créatrice d’emplois en permettant l’émergence des filières locales d’équipements et de matériels.Toujours sur le plan économique, le plus intéressant c’est qu’en plus d’un bon rendement, le Maroc est doté d’un «carburant inépuisable (soleil) ». Reste à trouver des technologies qui permettent de le capturer, de le stocker et de l’utiliser à la demande par l’ONE et les industriels. Seuls des projets ambitieux permettent d’arriver à un prix qui soit compétitif par rapport aux énergies fossiles. Et le plan marocain l’est en l’occurrence, souligne l’expert français. Sur le plan environnemental, en plus de la création de la valeur ajoutée induite par les filières d’équipement, la production en quantité suffisante de l’électricité propre localement ouvre des possibilités à l’exportation. Par ces temps où la balance commerciale est à la peine, cette perspective-là peut faire monter en gamme l’offre du Royaume à l’export. Le solaire présente l’avantage de la «stockabilité», au contraire de l’éolien et du photovoltaïque, qui en plus, impliquent des variations de capacité. Ce que détestent par-dessus tout, les électriciens qui n’aiment pas gérer des fluctuations de capacité sur leur réseau. Sur le plan industriel, le challenge est de produire un volume de l’électricité qui soit constant, comme celle produite à partir de l’hydraulique ou du nucléaire par exemple. Les électriciens historiques détestent les acrobaties qu’entraînent les variations de capacité sur leur réseau.


    Les chiffres-clés du plan marocain

    - Puissance installée: 2.000 MW (38% de la puissance installée actuelle).- Capacité de production annuelle: ≈ 4500 GWh (soit 18% de la production nationale actuelle)- Coût estimé : 9 milliards de dollars- Les 5 premiers sites identifiés totalisent une superficie de 10.000 hectares- Dates de mise en service: Première centrale en 2015 ; totalité du projet à fin 2019.- Economie annuelle de 1 million de TEP (tonnes équivalent pétrole), soit près de 500 millions de dollars- Eviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2 par an.


    Une concurrence frontale pour l’ONE
    La loi sur les énergies renouvelables ouvre la possibilité de produire de l’électricité par le secteur privé et de passer avec les électriciens et les industriels des contrats d’achat de long terme à prix garantis (20 ans). Elle permet aussi d’exporter une partie de la production de l’électricité, notamment en Europe qui a besoin d’atteindre ses objectifs d’émission de gaz à effet de serre. En matière de solaire, les pays développés ont institué des «feeling tarifs », c’est-à-dire, des prix subventionnés. Le schéma consiste à acheter aux opérateurs de l’électricité à un prix garanti. Le Maroc ne peut pas se permettre ce « luxe », il est plutôt dans un contexte de compétition sur les prix à la sortie, le productible, la flexibilité et la qualité. Par contre, il peut exploiter le levier des incitations fiscales à l’investissement. C’est la piste qu’explore d’ailleurs le gouvernement.L’arbitrage sur les appels d’offres se fera sur le prix, la garantie des volumes (productible) et la capacité des compétiteurs à répondre à la demande de la courbe des charges. Un autre facteur qui fera la différence sur le plan économique est le potentiel de production d’équipements locaux, c’est-à-dire l’impulsion à la création d’une filière d’équipements et de son potentiel d’exportation. L’idée est de faire du Maroc un hub de l’industrie des équipements destinés à l’énergie solaire.Tous les électriciens et monopoles historiques n’aiment pas la concurrence. Mais avec le solaire, l’ONE va être affrontée à une redoutable compétition. L’Office est impliqué dans la future agence spécialisée de développement de l’énergie solaire dont il sera un des actionnaires. C’est une façon pour lui de ne pas perdre la main, mais il lui reste à prouver qu’il peut courir plusieurs lièvres à la fois.Abashi SHAMAMBA
    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc