×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Dossiers

    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    L’Economiste à la rencontre des opérateurs

    Par L'Economiste | Edition N°:3034 Le 28/05/2009 | Partager

    . Baisse générale de la demande dans les filières exportatrices. Plus de visibilité, de transparence, de soutien... les doléances des opérateurs Un secteur agricole et agroalimentaire plutôt en forme, un port en effervescence, des ouvertures d’hôtels qui s’enchaînent et un BTP aux carnets de commandes garnis. Agadir et sa région semblent loin de la crise internationale et de ses retombées économiques. La réalité est tout autre. Les opérateurs économiques de la région ressentent vivement la crise dans leur activité et ne s’en cachent pas. C’est ce qui ressort de la table ronde organisée par L’Economiste et auquel avaient été conviés les opérateurs de la région. La rencontre animée par Khalid Belyazid, directeur général du groupe Eco-Médias, a réuni une pléiade de professionnels de divers secteurs.

    La chute du rouble a fait très mal
    Pour Abderrazak Mouisset, président de l’Association des producteurs exportateurs de fruits et légumes (APEFEL), la filière des fruits et légumes est l’activité qui a été frappée la première par les retombées de la crise à travers ses exportations vers le marché russe. La dévaluation du rouble face au dollar a entraîné beaucoup de dégâts car les contrats conclus étaient à prix fixes en dollars. «C’était la première gifle pour les exportateurs marocains sur ce marché, mais notre gouvernement ne nous a pas soutenu dans cette épreuve malgré nos doléances!» déplore Mouisset. Ahmed Mouh Mouh, président de la société Suncrops, confirme que les exportateurs marocains ont dû faire face à d’énormes difficultés sur le marché russe. Face à une baisse de la consommation et le problème de solvabilité des clients qui n’arrivaient plus à honorer leurs engagements, les entreprises marocaines ont réduit leur exposition sur ce marché. «Notre revenu a baissé de 35% et les volumes ont régressé de 25% sur ce marché en raison de la crise», relève Ahmed Mouh Mouh. Le marché anglais a causé également des soucis aux opérateurs agricoles. De fait, ces derniers ont arrêté leurs exportations vers ce marché depuis les cinq derniers mois, suite à la dépréciation de la livre sterling qui a ruiné les marges. Sur les autres marchés européens, tous disent également avoir ressenti l’impact de la crise. «Les pics de prix de 2008 n’ont jamais été atteints lors de la campagne 2008/2009, mais en raison d’un marché national des plus mauvais depuis cinq ans, nous avons préféré exporter en dépit des retournements à l’export». Pour Mohamed Aziz Bouslikhane, PDG du groupe Mawarid, le plus dur reste à venir sur ces marchés car ils manifestent des signes de saturation. Aussi, il faut rester vigilant. «Le ralentissement accentué de la demande a engendré un problème d’écoulement des produits», précise-t-il. Les opérateurs de la pêche hauturière ont également été confrontés à de grosses difficultés commerciales. Selon Taoufik Joundy, DG de Sopechemat, les prix de vente sur l’Espagne et le Japon, les deux plus gros marchés du secteur, ont baissé de 50% entre octobre et février 2009. «Nos clients ne trouvent plus de moyens de financement pour acheter, aussi pour écouler nos produits nous avons baissé nos prix de 50%», indique-t-il. La pêche côtière n’échappe pas à cette spirale de baisse de prix, selon Abdelfattah Zine, directeur de la Chambre de la pêche maritime d’Agadir. «La filière a accusé une baisse des prix de vente des produits à l’export en raison d’une régression de la demande des clients notamment espagnols. Cette conjoncture a aggravé la situation du secteur qui vit de graves problèmes structurels», déplore-t-il. L’exception avicole. La situation n’est pas aussi sombre partout, fort heureusement. Certains (rares) secteurs s’en tirent plutôt bien. Il en est ainsi du secteur avicole. Selon Kheir Eddine Soussi, président de l’Union régionale de la CGEM et directeur de la société Oralia, la filière enregistre aujourd’hui les retombées de la restructuration engagée depuis trois ans. Et certains opérateurs du domaine prospectent les marchés Sud-Sud. «On est confiant en l’avenir», indique Soussi. Moulay M’hamed Loultiti, président de Copag (Jaouda) veut également rester optimiste: «Nous traversons une conjoncture difficile mais nous sommes habitués à faire face à de nombreux aléas, à savoir le climat, les parasites, la fluctuation des marchés». Cette année, le ciel a été clément, alors il faut aller de l’avant, lance-t-il opitimiste à ses pairs.Abderrahim Oummani, président du Conseil régional du tourisme (CRT) veut également aller de l’avant malgré la conjoncture difficile. De son avis, la petite remontée de l’activité en mars et avril est un signe que l’on peut maintenir la tête hors de l’eau même si les temps sont durs. «Oui, mais à quel prix!» tempère Rachid El Habtey, DG de l’hôtel Tikida Beach à Agadir, pas d’accord sur l’analyse du président du CRT. L’impact de la crise serait plus visible et mieux cerné si l’on compare l’activité du premier à celle de la même période en 2007, observe-t-il. Les chiffres semblent lui donner raison. Les recettes ont baissé de 30% par rapport à l’an dernier, poursuit El Habtey.
    Tourisme: Agadir a perdu le marché scandinave
    Guy Marrache, PDG du groupe Tikida, confirme que les prix de l’hôtellerie n’ont pas augmenté depuis quatre à cinq ans. Pour lui également, 2008 n’est pas un véritable indicateur pour mesurer l’activité aujourd’hui. «On est bien en deçà de ce que nous réalisons en volume lors du premier trimestre 2007 et bien loin du premier trimestre 2001. Alors que la capacité litière a augmenté ces dernières années», ajoute Guy Marrache. Doreen Ohayon, directeur général du groupe Sahara Tour International, souligne que la chute de la livre sterling a des retombées négatives sur le marché britannique alors que la demande repartait sur la station balnéaire depuis 2004/2005. Mais la fusion des tour-opérateurs a eu pour effet une consolidation des connexions aériennes au détriment de la destination, explique la professionnelle. Selon elle, la récession économique a eu également des effets néfastes sur le marché scandinave. «Nous avons perdu le marché finlandais lorsque TUI Nordic a annulé Agadir depuis deux ans», déplore Doreen Ohayon. C’est tout le marché des pays scandinaves, l’un des plus dynamiques sur le balnéaire, qui pourrait se réduire à la portion congrue. Le tour-opérateur Thomas Cook n’a pas programmé jusqu’à présent Agadir au départ du marché scandinave pour l’hiver prochain. De l’avis de Saïd Scally, PDG de FST, le marché scandinave qui est à la baisse dans la ville ces dernières années risque de connaître encore une forte baisse en 2010 sur la destination. De 78.000 touristes en 2001, nous ne dépasserons pas probablement 7.000 clients scandinaves en 2009, avance Scally. «Nous sommes dans une crise cyclique et nous ne pourrons nous positionner même avec un tarif moins cher en tant que destination d’hiver face à nos concurrents (l’Egypte et les îles Canaries) si nous ne réagissons pas sur plusieurs plans».Bien sûr, nous avons enregistré une augmentation de capacité ces dernières années mais parallèlement une grande partie de la capacité litière était quasiment commercialisable en raison de sa vétusté», déplore-t-il. La baisse de la demande ne marque pas uniquement les vieux établissements. Selon Patrick Joulain, DG de l’hôtel Sofitel, ces derniers mois, la crise a engendré un glissement de la demande des cinq vers les quatre étoiles. «Mais pas question pour le Sofitel, hormis des offres promotionnelles, de revoir les tarifs à la baisse même en ces temps de crise», précise-t-il. Autre secteur, les professionnels du BTP disent ressentir également l’impact de la crise. Jamal Nadim, directeur de Sonacob, indique que ce qui freine le secteur du BTP c’est le manque d’ouverture de nouvelles zones d’urbanisation. «Al Omrane continue à avoir le monopole dans la ville, par ailleurs la profession souffre de l’autoconstruction et le phénomène des promoteurs informels», souligne-t-il. Pour lui, le ralentissement enregistré dans le secteur est lié à la psychose engendrée chez les consommateurs par la crise. De l’avis de Jamal Achadad, gérant de la société KBTP, la baisse de la demande est également liée à un manque de visibilité chez les consommateurs. Même son de cloche chez l’architecte Samira Saoudi. Elle n’a pas de mots assez durs contre les grèves récurrentes à l’Agence urbaine qui causent beaucoup de tort aux investisseurs. «A cause de cette situation, beaucoup de dossiers traînent et les promoteurs sont découragés alors qu’ils ont besoin d’être confortés en ces temps de crise», observe-t-elle.Le bulletin de santé des cimentiers étant étroitement lié au BTP, ces derniers ressentent l’impact de la crise au niveau des ventes. Selon Kamal Rachid, directeur de la Cimenterie d’Agadir, la filière a enregistré une baisse des ventes de 1,6% à l’issue des quatre premiers mois de l’année 2009. «Il faut néanmoins relativiser l’impact de la crise sur la vente de ciment, corrige-t-il, car l’activité a également souffert des conséquences des intempéries et de la grève des transporteurs». Mourad Chouiekh, DG de Mipromer, société dans l’industrie de la mer, est également dans la nuance: «Ailleurs, la crise est plus forte, la croissance est positive dans notre pays. Aussi, dit-il, «il n’y a pas lieu de s’alarmer», indique-t-il. Pour Mohamed Bouayad, président de la Fipromer, la crise touche les opérateurs marocains de l’industrie des produits de la mer à travers le comportement financier des clients. «Notre problème c’est notre difficulté à nous positionner à l’international et cette situation relève plutôt de problèmes structurels que conjoncturels», souligne Bouayad. Le secteur du cuir dans la région souffre également de problèmes structurels, précise Driss Boutti, DG de Signature Cuir Design. La filière risque d’être affaiblie par la crise actuelle, même si ses effets sont plus importants à l’international. Mais que faut-il faire pour traverser la tempête actuelle sans gros dommages? Pour Moulay M’hmed Loultiti, le développement du secteur agricole et agroalimentaire et la réussite du Plan Maroc vert passent par un soutien financier des fédérations et des associations professionnelles. De son côté, Oummani juge que le privé doit également s’impliquer pour faire face à la crise et remonter la pente dans le secteur du tourisme. De fait, le président du Conseil régional du tourisme juge que les moyens financiers mis en place jusqu’à présent pour la promotion de la destination sont insuffisants. Il propose un véritable contrat-programme qui reposerait sur une convention tripartite entre l’Etat, l’ONMT et les professionnels. Ce que propose le président du CRT c’est la mobilisation de 1,2 milliard de DH. Selon lui, 300 millions de DH seraient affectés au renforcement du budget de promotion de la destination de manière à maintenir les positions commerciales et diversifier les marchés. Il s’agit également de mettre en place une politique globale du tourisme interne qui permet une répartition des vacances scolaires. 300 autres millions de DH iraient à l’entretien de la dynamique d’investissement avec un fonds de garantie de l’Etat. Enfin, 600 millions de DH seraient destinés à la modernisation du parc hôtelier de la région.«Pour le moment la capacité litière commercialisable ne permet pas de faire le poids face à nos concurrents», concède Saïd Scally. Le professionnel considère qu’il est important également de «faire un effort sur les tarifs des taxes aéroportuaires et de renforcer le transport aérien». De son côté, Mohamed Bouayad du secteur des produits de la mer, souligne qu’il est important de simplifier les procédures à l’export pour encourager le développement de la filière à l’international. Le soutien de la recherche et développement et la formation des ressources humaines sont également de mise au niveau de tous les secteurs pour mieux se positionner et faire face aux problèmes conjoncturels et structurels, indique le professionnel.

    1 milliard de DH de moins de dépôts bancaires

    Il n’y a pas de crise financière au Maroc, a indiqué Lbachir Benhmade, président du directoire de la Banque Populaire du Centre Sud. Et ce en raison de la faiblesse des ressources bancaires investies à l’étranger, entre 3 à 4% seulement. La crise a toutefois un impact sur les ressources des banques. Les indicateurs de la place d’Agadir le montrent clairement. Ainsi en janvier 2009, le montant des dépôts s’est élevé à 31,9 milliards de DH contre 32,75 milliards en décembre 2008. Au niveau des crédits on retient également une baisse en janvier dernier avec un montant de 21,52 milliards de DH contre 22,85 milliards en décembre 2008.


    Les créations d’entreprises se maintiennent

    Les investisseurs et les entrepreneurs restent confiants dans les potentialités de la région d’Agadir. C’est du moins ce que laisse entendre Abdelouahhab El Jabri, directeur du Centre régional d’investissement. Selon lui, la création d’entreprises a augmenté de 11% au premier trimestre 2009 comparativement à la même période l’an dernier. Le nombre de personnes morales créées a connue une hausse de 24% par rapport au premier trimestre 2008. Au niveau des engagements, la région a enregistré, tous secteurs confondus, plus de 1,81 milliard de DH en projets d’investissements.


    Le dessalement de l’eau de mer inéluctable
    Les agriculteurs ne sont pas les seuls à être préoccupés par le problème de l’eau. Les opérateurs du tourisme sont inquiets de la faiblesse des ressources en eau dans la ville. De fait, cette problématique est revenue à plusieurs reprises dans les débats des participants à la table ronde. Et il ressort que dans l’avenir la ville ne pourra pas faire l’économie du dessalement. D’ailleurs, un projet du genre est au programme de l’Onep (cf. www.leconomiste.com). Les producteurs agricoles se préparent aussi au dessalement d’eau de mer. Car le rabattement annuel moyen de la nappe de 2 m par an est passé ces deux dernières années à 7 m/an, précise Serghini Laraisse, directeur de l’Apefel. «La gravité et l’urgence de la situation aujourd’hui résident dans le fait que de plus en plus d’exploitations sont abandonnées pour manque d’eau, ce qui constitue une perte totale et entière pour les producteurs touchés», explique-t-il. C’est dans ce contexte que les producteurs ont adhéré au projet de dessalement, suite à une enquête menée par l’Apefel en octobre 2008. Cinq millions de dirhams sont alloués par le Conseil régional du Souss-Massa-Drâa pour l’étude de base. D’un autre côté, une commission mixte regroupant la profession, la région et les administrations concernées a été constituée. Pour l’heure, l’enquête exhaustive auprès des producteurs pour le recensement des participations est bouclée, et l’étude de préfaisabilité est sur le point également d’être achevée, indique le professionnel. Autre secteur, autre problème de ressource. L’industrie des produits de la mer souffre plutôt d’un problème de matière première. «Cette contrainte freine réellement notre développement», souligne Bouayad. Pourtant le Royaume recèle un million de tonnes de pélagiques. «Le problème trouverait donc sa solution dans une gestion efficiente de la ressource», juge Zine.M.A.
    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc