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    Les cadres issus de l'immigration maghrébine en Europe prospectent le Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

    DEPUIS quelques années, les cadres d'origine maghrébine ont ressenti le besoin patent de s'organiser afin de mieux réussir leur intégration au sein de la population active européenne.
    En effet, de nombreux obstacles les empêchent aujourd'hui d'occuper des emplois et d'assumer des responsabilités.
    Pour remédier à cette situation, une association a vu le jour, l'ACADOME (Association des Cadres d'Origine Maghrébine d'Europe), à l'initiative de cadres conscients que l'intégration des populations issues de l'immigration est «une affaire de tous».
    Depuis quelque mois, l'Association a élargi ses horizons, d'où sa venue au Maroc pour une mission de prospection.
    L'ACADOME, créée en Septembre 1989, a pour principal but de «créer un réseau de solidarité active entre ses membres», cadres issus de l'immigration maghrébine en Europe, déclare M. Mohamed Benjouad responsable du département création d'entreprises au sein d'ACADOME.
    Cette association s'est fixée comme objectif de créer une structure d'accueil, d'échange, d'information et de solidarité entre les cadres. Elle encourage aussi des projets individuels ou collectifs pour toute réalisation économique en Europe ou au Maghreb. Il s'agit de créations d'entreprises.
    Enfin, elle vise à favoriser la coopération et l'émergence de modes nouveaux d'échanges économiques, techniques et scientifiques.
    Le financement de l'ACADOME provient de trois sources.
    Il s'agit en premier lieu de la CEE, de certains organismes français tels que le F.A.S (Fonds d'Action Sociale), l'O.M.I (l'Office de l'Immigration Internationale), et du ministère du Travail.
    La seconde source provient des adhérents.
    Enfin, l'Association recourt pour son financement au sponsoring. «Nous espérons couvrir 50% de nos besoins par le sponsoring», ajoute M.Benjouad.

    La réticence à engager les cadres maghrébins


    Par ailleurs, après deux ans d'exercice, l'Association revendique environ 350 membres, et recense plus d'un millier de récits de cadres à la recherche d'emploi.
    Les cadres issus de l'immigration sont minoritaires à la fois dans leur milieu d'origine et dans leur milieu d'»acceuil» : 2,5% des cadres en France, soit environ 80.000 personnes, sont d'origine maghrébine.
    Ainsi, l'ACADOME a tout d'abord l'ambition d'étudier et de chercher des remèdes aux obstacles à l'embauche que rencontrent ses membres.
    Les dirigeants de cette association estiment que la réticence à engager un cadre maghrébin en France est fortement déterminée par le passif historique.
    Ainsi, l'Association mène des actions au niveau de la formation qui constitue un moyen essentiel d'intégration.
    Elle travaille en collaboration avec des organismes français de formation, les agences pour l'emploi, ainsi que les ministères du Travail et de l'Education nationale.
    L'ANPE (Agence Nationale pour l'Emploi) et l'APEC (Agence pour l'Emploi des Cadres) lui signalent les dificultés et orientent vers elle les cas épineux. Elle recense les offres d'emploi dont elle a connaissance et fait circuler l'information, juridique en particulier. L'ACADOME organise des stages de techniques de recherche d'emploi.

    «Nous essayons de répondre aux attentes spécifiques de nos adhérents par des formations pour les aider à mieux se vendre», dit M. Benjouad.
    Le contenu de ces stages vise à compléter les formations techniques par une formation économique et de gestion, faire connaître les opportunités qu'offrent certains secteurs économiques. Ces stages sont animés par des membres de l'association et des intervenants extérieurs.
    Par ailleurs, l'ACADOME s'engage aussi dans le conseil et l'aide à la création d'entreprises, grâce à un fonds financé par des PDG maghrébins et français.
    L'Association met à la disposition des créateurs (Responsables de leurs projets) des «comités de compétence» destinés à apporter leurs conseils dans les domaines juridique, économique et scientifique. Elle apporte un appui technique et un parainage jusqu'à la réalisation du projet, puis accompagne chaque créateur tout au long de la première année de fonctionnement.
    L'ACADOME privilégie le partenariat et la collaboration avec les différents organismes spécialisés dans la création d'entreprises, tels que l'Agence Nationale pour la création d'entreprises, les chambres de commerce, les sociétés de gestion...

    Interface Europe-Maghreb


    En 1990 a été opérée une restructuration à vocation européenne de l'Association.
    En effet, l'ACADOME a ajouté un «E» pour «Europe» à son intitulé.
    Ainsi, les actions menées dans le cadre des échanges Euro-Maghreb ont pour but de convaincre les acteurs économiques, tels que chefs d'entreprise européens, du rôle que peut jouer le cadre d'origine maghrébine dans le développement des entreprises, notamment celles qui investissent au Maghreb et en Europe. Il s'agit également, de développer les contacts avec les O.N.G (Organisations Non Gouvernementales) en Europe et au Maghreb afin d'aider les cadres ayant choisi de créer leurs projets économiques dans leurs pays d'origine.
    Ainsi, l'Association a des correspondants en Allemagne, Espagne, grande-Bretagne, Portugal et Belgique dont le rôle est de promouvoir ses activités dans ces pays.
    «Nous estimons que nous sommes aptes à jouer ce rôle d'interface entre nos pays d'origine et nos pays d'acceuil», dit M. Benjouad.
    Par ailleurs, pour pouvoir répondre aux questions des cadres d'origine maghrébine qui désirent investir au Maroc ou apporter leur aide et savoir-faire dans le cadre d'un partenariat, l'ACADOME a décidé de réaliser une première mission-pilote au Maroc au mois de Décembre. Par la suite, d'autres missions seront effectuées en Algérie et en Tunisie.

    Le premier volet de cette mission de prospection, menée par deux membres de l'Association, a consisté à «appréhender l'environnement économique marocain». Cela a pu se réaliser en collaboration avec le ministère de la Communauté marocaine à l'étranger, la Douane et la B.N.D.E.
    Ainsi, les deux premiers semaines ont consisté à assister au déroulement des opérations d'investissement, leurs mécanismes, comment traite-t-on les dossiers d'investissement et de création d'entreprises.
    Ensuite, les membres de la mission ont établi des contacts avec certains opérateurs économiques, tels que les associations professionnelles, certaines sociétés et banques.
    Tout cela avait pour but d'établir des relations de partenariat entre les maghrébins installés en France (et en Europe) et les marocains.
    Enfin, dans le cadre de ses projets pour l'année 1992, l'Association organise, au mois d'avril à Paris, un Forum qui réunira créateurs et entrepreneurs.
    «Notre souhait est de réunir aussi des entreprises marocaines ayant des préoccupations méditerranéennes» dit M. Benjouad.
    Par ailleurs, l'Association projette la création d'une société à capital risque, projet qualifié «d'ambitieux» par M. Benjouad. L'objectif de cette société est de financer un projet portant sur la création d'entreprises en Europe ou au Maghreb.
    «D'où l'importance d'avoir des partenaires maghrébins dans le capital de cette société», conclut M. Benjouad.

    Meriem OUDGHIRI

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