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Culture

Les amants de Fès
Le roman de l’été de L’Economiste

Par L'Economiste | Edition N°:2328 Le 27/07/2006 | Partager

«Les amants de Fès» est le premier roman de Mariya El Ghorfi. Il a été publié en 2006 par la maison d’édition Eddif. Avec un style fluide et léger, l’auteur retrace la vie d’une famille de notables ayant vécu au XIXe siècle à Fès. L’intrigue tente à travers cette rétrospective historique de relater un Maroc qui s’ouvre sur l’Europe. En s’attachant aux détails de la vie quotidienne, elle dissèque un milieu traditionnel. Mariya El Ghorfi, avec un brin de nostalgie, plonge le lecteur dans un passé si proche et si lointain à la fois. «Je ne cherche pas à faire de roman sociologique mais surtout à faire rêver les gens», a-t-elle souligné. Au mois d’août, L’Economiste va publier sur ces colonnes «Les amants de Fès». Une manière de partager avec son lectorat la fraîcheur de ce roman. - L’Economiste: Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?- Mariya El Ghorfi: Tout d’abord, je suis passionné par la lecture. J’ai eu un peu de temps libre et l’idée d’écrire un livre sur Fès m’est venue. Pourquoi cette ville? Je suis native de cette cité où le temps semble suspendu. Elle dégage une ambiance fascinante. D’ailleurs, j’ai choisi le XIXe siècle comme contexte historique. A l’époque, le Maroc s’ouvrait sur l’étranger. Les influences européennes commençaient à se faire sentir. Les ambassades se sont installées notamment à Tanger. Cette ouverture s’était déclenchée avant même le protectorat. D’un point de vue historique, c’est une chose sur laquelle je voulais insister. - On a l’impression que vous ne vous adressiez pas seulement au lecteur marocain notamment lorsque vous parlez de mariage…- A travers Fès, j’ai voulu écrire aussi pour des lecteurs francophones sur la société marocaine. Mon roman, «Les amants de Fès», tente de faire connaître les fastes de la civilisation arabo-musulmane. J’ai voulu m’adresser également aux jeunes générations qui ne maîtrisent pas forcément les subtilités de notre culture. Mon roman comportait beaucoup plus de détails. Je les ai réduits par la suite avec la collaboration de mon éditeur. - En écrivant, vous employez aussi des mots en darija. Ce choix s’inscrit-il dans ce même souci de «vulgarisation» culturelle? - J’ai utilisé la darija pour une raison très simple: beaucoup de mots sont intraduisibles. Dans d’autres cas, certaines expressions comme «Astarfiro Allah» n’ont pas la même charge émotionnelle qu’en français. Un glossaire figure d’ailleurs à la fin de l’ouvrage. Les termes ont un poids culturel insoupçonnable. La darija confère ainsi plus de crédibilité à l’histoire. Il ne faut pas oublier que les événements se déroulent au Maroc. - Au niveau de la narration, vous n’aimez pas aller jusqu’au bout du tragique…- Justement, c’est fait exprès. Je voulais faire rêver un petit peu les lecteurs. Il fallait joindre l’utile à l’agréable pour paraphraser La Fontaine. Au Maroc, on produit beaucoup d’œuvres, notamment cinématographiques, sur la misère. Ce roman a été conçu comme une sorte de soupape, voire d’antidote, contre la déprime. Au XIXe siècle, les villes était conçues de manière à favoriser la mixité sociale. La ségrégation spatiale (quartier pauvre/quartier riche) ne se faisait pas sentir dans la Médina. Au four par exemple, le pain du pauvre cuisait avec celui du nanti. Ce qui n’est pas le cas de nos jours.Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

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