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    Enquête

    L'ENIM se restructure : Les ingénieurs seront formés à la polyvalence

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Changements à l'ENIM se restructure. son objectif est de former, non seulement des ingénieurs pour le secteur énergétique minier, mais aussi des cadres polyvalents.

    L'ENIM (Ecole Nationale de l'Industrie Minérale), sous tutelle du Ministère de l'Energie et des Mines, se restructure. M. Abderrahmane Alj a été nommé à la tête de l'Ecole en vue d'accomplir cette mission(1). Le projet est de faire évoluer la gestion de l'Ecole d'un système administratif à une forme entrepreneuriale.

    La politique d'enseignement est remaniée. La nouvelle méthode est en substance résumée en ces termes par M. Alj: "Nous ne produisons pas des robots mais des sujets".

    L'ENIM a formé, depuis plusieurs années, des ingénieurs pour les besoins du Ministère de l'Energie et des Mines, des Offices (OCP, BRPM...) ou encore du pôle minier de l'ONA. Toutefois, suite aux privatisations intervenues dans le secteur et les restructurations des différentes entreprises, l'environnement est modifié. L'Ecole s'attachera alors à mettre sur le marché de l'emploi des cadres pour les besoins de l'entreprise au sens large.

    Il s'agit de faire primer les compétences sur le savoir. L'élève, plutôt que d'accumuler les connaissances, doit être apte à apprendre rapidement. C'est donc sa faculté d'adaptation qui demeure à développer. Le lauréat doit également posséder un fort sentiment d'implication et maîtriser les techniques de recherche de l'information et être initié à la notion de gestion de projets.

    Plusieurs moyens sont mis en oeuvre pour assurer la formation d'un cadre polyvalent, même dans l'organisation de l'établissement.

    Un dialogue est établi avec les élèves pour la résolution des problèmes liés à leur établissement. Le bureau syndical s'est transformé en un Bureau des Elèves qui organise les activités estudiantines ou para-estudiantines comme les dîners-débats. Les élèves s'attachent de plus en plus à soigner l'image de leur Ecole: "ils ont compris qu'il est question de leur propre image", précise le directeur de l'Ecole.

    Par ailleurs, outre les matières dites techniques, l'enseignement porte désormais sur les sciences sociales (psychologie, philosophie, culture générale...). Pour M. Alj, "il existe une distinction entre le savoir et l'éducation que malheureusement les systèmes éducatifs actuels confondent".

    Deux éléments expliquent ce changement dans la nouvelle politique d'enseignement de l'ENIM. Tout d'abord, les connaissances techniques évoluent si rapidement qu'au bout de trois ans les matières enseignées à l'élève sont dépassées.

    Deuxièmement, le lauréat une fois en exercice dans une mine maîtrise les données techniques dans l'intervalle de six mois au maximum. Pour évoluer, il sera appelé à gérer des hommes. La formation doit alors être transversale et pas verticale et doit s'attacher à former des cadres polyvalents qui auront 98% de chances de décrocher un emploi et de "faire carrière".

    L'environnement de l'enseignement lui-même est appelé à changer. M. Alj compte promouvoir le département recherche. Il compare son Ecole à celle des Mines en France qui réalise 120 millions de Francs au niveau des projets de recherche ou l'Ecole des Arts Métiers qui totalise dans le même domaine 50 millions de Francs.

    Dans un premier temps, M. Alj espère autofinancer les projets de recherche. Toutefois, il est conscient que la gestion administrative contrats de recherche n'est pas la meilleure formule. En effet, le contrôle a priori des budgets est lourd et ne facilite pas la mise en place de relations d'affaires avec le privé. Une nouvelle formule reste à définir.

    Les projets de recherche ont notamment pour objet la définition en collaboration avec les industriels des règles de gestion afin d'améliorer la productivité.

    Par ailleurs, si l'activité de recherche se développe, les professeurs pourront "mieux s'épanouir en travaillant dans la transparence au lieu de travailler dans les bureaux d'étude, même s'ils reçoivent 10 ou 15% d'honoraires en moins", précise M. Alj. Il ajoute: "en fait, nous préférons qu'un professeur s'emploie dans des activités de recherche dans un bureau d'étude privé que de ne pas en pratiquer du tout. En effet, il demeure toujours en contact avec la réalité".

    Le troisième axe de développement de l'ENIM est la formation continue. La création d'un centre de perfectionnement est envisagée. Situé dans l'enceinte de l'Ecole, ce centre sera construit sur une superficie de 6.000m2 en trois étages. Il comprendra des amphithéâtres et des salles de cours. Le coût évalué à 10 millions de DH sera probablement financé par des fonds étrangers.

    Les cadres des entreprises qui suivront la formation continue logeront dans un pavillon de l'internat qui leur sera réservé afin de favoriser un lieu d'échanges. Les prévisions de la formation continue tablent sur 200 jours par an avec une capacité d'accueil de 100 personnes.

    Un master qualité

    L'ENIM (Ecole Nationale de l'Industrie Minérale) est au programme européen spécialisé dans le management de la qualité des systèmes complexes. Ce programme s'intitule European Programme In Quality Of Complex Intergrad Systems (EPIQCS). Il a été crée avec un support financier du programme européen Comment avec cinq grandes Universités.

    Ce master en gestion de la qualité est parrainé par de grandes entreprises comme l'OCP, l'ONA, l'ONCF, l'ONEP, l'ONE et la SGS (Société Générale de Surveillance).

    Ce programme de formation a été présenté le 6 décembre dernier. Cette présentation a été animée par le Pr Louis Balme, consultant SGS et initiateur du programme et par M. Patrick Noual, directeur de la qualité de SGS-Espagne. Il permettra à l'Ecole "l'instauration d'un outil de perfectionnement et d'intégration des techniques les plus récentes en matière de gestion de la qualité". Actuellement, l'ENIM organise aussi des séminaires de formation continue en gestion de l'environnement à l'attention du personnel des collectivités locales et du Ministère de l'Energie et des Mines, et un master en gestion de l'énergie en collaboration avec l'Ecole de Lausanne et l'EHTP (Ecole Hassania des Travaux Publics).

    Laïla TRIKI

    (1) Cf notre rubrique Managers dans L'Economiste du 1er décembre 1994.

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