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    Politique Internationale

    A l'écoute de la musique : Poème symphonique : Franz Liszt et les autres

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


    Le poème symphonique a inspiré de nombreux compositeurs à partir du 19ème siècle. Franz Liszt en a écrit plusieurs. Ses muses: la poésie, la mythologie et bien d'autres.

    Ayant entendu très jeune à Paris la Symphonie Fantastique d'Hector Berlioz -parfaite incarnation du romantisme- le pianiste hongrois Franz Liszt est enthousiasmé. Il va d'ailleurs transcrire pour le seul piano cet ouvrage qui requiert un très important orchestre.
    Il ne s'arrête pas en si bon chemin et décide d'écrire une succession de poèmes symphoniques. Il y en aura douze et il puisera son inspiration à différentes sources. La poésie, tout d'abord, avec Lamartine et Victor Hugo, la mythologie (Orphée), les personnages célèbres (Le Tasse, Shakespeare: Hamlet), le réveil du nationalisme hongrois (Hungaria), l'Histoire (La Bataille des Huns) pour ne citer que les principaux. Mais ce sont «les Préludes» qui restent l'exemple le plus accompli de la symbiose entre le texte et la musique. Tous ces poèmes ont comme dénominateur commun la Symphonie Fantastique de Berlioz, mais Liszt s'attache davantage à une idée générale plutôt qu'à la description de détails définis, surtout dans les Préludes.

    Note de victoire


    Composée en 1850, les Préludes s'inspire d'un poème d'Audran sur la destinée humaine, mais rejoint, par endroits, les Méditations poétiques de Lamartine: «Notre vie qu'est-ce?, une série de préludes à ce chant inconnu dont la mort est la première note solennelle».
    Certains se laisseront simplement aller au plaisir d'entendre une oeuvre émouvante, tour à tour tendre, rêveuse, exaltante qui s'achève sur une note de victoire fort majestueuse.
    Franz Liszt ne se suffit plus du seul piano. A la différence de son ami Frédéric Chopin, il lui faut tout un orchestre pour concrétiser ses aspirations.
    La discographie des «Préludes» est extrêmement importante. Pratiquement, tous les grands chefs et leurs orchestres l'inscrivent à leur programme. Depuis près de 150 ans, l'impact sur le public reste entier.
    Un enregistrement fort ancien reste, s'il est encore disponible, insurpassable. Il s'agit d'un Supraphon, Karel Ancerl qui fut un admirable chef, dirigeant l'orchestre philharmonique tchèque.
    Au tableau d'honneur aussi le philharmonique de Vienne direction Fürtwangler (bien difficile à trouver).
    Chefs et orchestres hongrois ont à coeur de donner d'excellentes versions des oeuvres de leur illustre compatriote.
    Mais le poème symphonique ne s'arrêtera pas à Franz Liszt. Bien au contraire, il fera de nombreux adeptes notamment en France, en Allemagne et en Russie.
    Dix ans avant la mort de Liszt, en 1876, César Franck, Belge d'origine, naturalisé Français, écrit son premier poème symphonique, Les Eolides, d'inspiration mythologique; les Eolides sont les filles du dieu du vent Eole, la musique est pleine d'élans, de frissons et de murmures. En 1887, «Psychée» voit le jour, également d'inspiration mythologique et Franck y adjoint un choeur. Suivront «le Chasseur maudit» d'une vieille légende allemande en 1882 et, deux ans plus tard, «Les Djins» inspirés fort heureusement de la célèbre ballade orientale de Victor Hugo. Audacieuse expérience de crescendo et de decrescendo poétique. Les terreurs de l'homme aux prises avec les génies du mal sont admirablement bien rendues par le musicien épousant fidèlement le malaise de l'être humain à l'approche lancinante de l'essaim maléfique.

    Sheherazade


    Un autre musicien français, Camille Saint-Saëns, a fait la part belle au poème symphonique. Sa maîtrise absolue de l'orchestre, ses recherches de timbres et de sonorités font merveille dans quatre oeuvres dont trois au moins sont justement célèbres: le Rouat d'Omphale, Plaéton (sujets mythologiques), la Danse macabre et, à un degré moindre: la Jeunesse d'Hercule. Oeuvres assez brèves, très concises, elles sont toujours exécutées en concert et bénéficient d'excellents enregistrements.
    Tous quatre écrits dans une très courte période: entre 1871 et 1877, donc antérieurs aux oeuvres de Franck. Il avait 13 ans de plus que Saint-Saëns, mais ses oeuvres furent écrites plus tardivement. Les compositeurs russes ne sont pas en reste, notamment ceux du Groupe des cinq. Borodine et ses «Steppes de l'Asie Centrale» très évocatrices, Moussorgsky et sa «Nuit sur le Mont Chauve» où le compositeur rejoint Camille Saint-Saëns et sa Danse macabre avec plus de couleur et de dramatisme chez le Russe que chez le Français. Rimsky-Korsakov, enfin, avec sa superbe «Sheherazade», de plus vastes dimensions, avec le chant de violon solo suggérant la voix enchanteresse de la belle conteuse. Sheharazade est un modèle du genre et les évocations du conte persan sont un déploiement de sonorités suggestives du plus heureux effet.
    Un dernier compositeur séduit par le poème symphonique -la liste est d'ailleurs loin d'être close- l'Allemand Richard Strauss, le plus proche de nous puisqu'il est mort en 1949.
    Il ne faut pas le confondre avec la dynastie autrichienne des Strauss, père et fils, les «rois de la valse».
    Son chef d'oeuvre reste l'opéra «Le Chevalier à la rose» mais une somptueuse palette orchestrale, une fascinante habileté d'écriture font de Richard Strauss le maître du poème symphonique du 20ème siècle. «Mort et transfiguration», «Till l'Espiègle» (le plus connu), «Don Juan, Don Quichotte» où le violoncelle solo s'identifie au héros de Cervantès, «Ainsi parlait Zaratustra», «Macbeth» doivent retenir l'attention de tout mélomane soucieux d'enrichir ses connaissances et par là-même de se constituer une discothèque.

    Françoise FABIEN



    Poème symphonique : Définition


    Il s'agit d'une oeuvre de forme libre s'inspirant d'une donnée poétique dont la connaissance est nécessaire pour une compréhension parfaite. A la différence d'une symphonie, le poème symphonique est en un seul mouvement mais peut se subdiviser en épisodes successifs et enchaînés. Il s'apparente à la musique dite à programme dont l'exemple parfait est la Symphonie Pastorale de Beethoven.




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