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    Enquête

    Le sureffectif bloque les stevedores

    · Les mesures d'assainissement à envisager pour 1999

    Par L'Economiste | Edition N°:424 Le 18/01/1999 | Partager

    Les sociétés de manutention veulent assainir leur profession. Toutefois, l'assainissement ne va pas sans douleur, puisqu'il est question de réduire le sureffectif des dockers. Les mesures à envisager tiendront compte de l'avis de tous les partenaires sociaux. Les explications de M. Abdelaziz Mantrach, président de l'Association des Agents Maritimes, Consignataires de Navires et Stevedores du Maroc.


    Le Port de Casablanca souffre d'un sureffectif dans le nombre des dockers de bord. Les besoins en fonction du tonnage sont de 350 ouvriers, alors que les sociétés de manutention (stevedores) emploient 720 salariés. "Nous sommes la seule activité qui paye à 100% le chômage", explique M. Abdelaziz Mantrach.
    L'association, qui gère pour le compte de ses membres le recrutement et le paiement des dockers, affirme avoir réglé près de 16 millions de DH aux salariés-chômeurs. "Une telle charge ne va pas sans perturber la trésorerie de nos membres et mettre en jeu leur pérennité", ajoute M. Mantrach.
    L'association a adressé une lettre aux autorités portuaires(1) pour leur faire part
    de l'impossibilité de surcharger davantage l'effectif des dockers. C'était suite a une revendication syndicale de recruter 80 ouvriers supplémentaires.
    L'association ne veut pas se limiter au simple refus de recruter de nouveaux candidats, mais demande aussi des mesures urgentes d'assainissement de la profession.
    Plusieurs réunions ont eu lieu avec les pouvoirs publics depuis le mois de novembre dernier.
    L'assainissement à envisager doit impliquer aussi bien les salariés et les employeurs que l'Administartion, est-il indiqué.
    Il devra se réaliser en deux phases: la première porte sur une évaluation de la situation.

    Système de pointage


    Cette évaluation devra faire ressortir le nombre de personnes inaptes (qui devraient en principe être prises en charge par le système de la mutuelle et de la sécurité sociale) ou celles accumulant un deuxième emploi.
    Selon l'Association qui regroupe les stevedores, il existe même des dockers qui ont émigré en Italie et qui continuent à percevoir leur salaire de l'Association. D'autres sont des agriculteurs et ne viennent que pour toucher leur rémunération. Et les exemples ne s'arrêtent pas là (il y a même des ouvriers en prison pour des crimes, mais toujours salariés). Les stevedores réclament être incapables de contrôler le système de pointage, face au pouvoir des salariés à travers la grève.
    La première phase de l'assainissement devra déboucher sur l'élimination d'une centaine de salaires versés indûment à des dockers fictifs.
    La deuxième phase de l'assainissement devra porter sur des mesures incitatives aux départs en retraite anticipée ou l'instauration de prime de départ pour les plus jeunes. "Les stevedores sont prêts à payer de leur poches pour mettre un terme au problème du sureffectif", indique M. Mantrach. Et d'ajouter que c'est le seul moyen qui permettrait aux stevedores de restaurer l'équilibre, mais aussi faciliter le commerce extérieur.

    (1) Avec copies adressées entre autres aux walis de Casablanca, président de la CGEM, président de la CCIC et le chef de District du Port de Casablanca.


    Effectifs basés sur des données archaïques


    L'effectif employé actuellement tient compte des conditions de travail au port dans les années 70.
    A l'époque, rappelle M. Mantrach, la manutention a été dominée par l'effort manuel (sacs, palettes...).
    Mais aujourd'hui, les données ont changé. Avec l'évolution technologique, le transport en conteneur ou remorque est devenu de plus en plus important. Or, ces modes de transport utilisent très peu de main-d'oeuvre portuaire. Alors qu'au lieu de baisser l'effectif des dockers, leur nombre n'a pas cessé d'augmenter avec la pression syndicale, précise le président de l'Association.


    Gestion du personnel déléguée


    Il faut distinguer entre deux types de dockers, ceux du quai et ceux du bord. Les premiers sont rattachés à l'ODEP et sont donc gérés par l'opérateur public. Les seconds, quant à eux, relèvent de sociétés privées de manutention.
    Ces dernières, appelées également stevedores, n'emploient pas directement les dockers. La tâche est confiée à l'Association des stevedores qui regroupe aussi les agents maritimes et les consignataires de navires.
    Les stevdores sont donc membres d'une association à laquelle ils ont délégué la gestion de leur personnel au port. Les stevedores sont ainsi "clients" de leur association.
    En effet, en cas de besoins en dockers, un stevedore fait appel à l'association pour demander le nombre de personnes nécessaires. L'Association lui facture la prestation en fonction du nombre de jours de travail.
    Le but à travers ce système est d'éviter que chaque stevedore ne fonctionne avec son propre effectif permanent. Car en cas de sous-emploi dû à une baisse d'activité, les dépenses de personnel constitueraient une lourde charge pour l'entreprise de manutention.


    Avantages et grèves


    "Désormais, aucun recrutement ne relèvera du ressort des syndicats, mais uniquement de celui de l'employeur", il s'agit d'un extrait du procès verbal de la séance d'arbitrage de janvier 1984, tenue à la Direction des Ports de Casablanca et Mohammedia. Un protocole d'accord a été signé également entre les deux parties en septembre 1989 confirmant que la décision de recrutement relève uniquement du ressort de l'Association regroupant les stevedores. Les dockers continuent pourtant à s'appuyer sur les anciens textes de la convention qui ne sont plus en vigueur pour imposer le recrutements à l'Association regroupant les stevedores. Cette dernière se plaint d'être obligée de "se soumettre aux doléances de recrutement par peur de grèves". Dans le souci d'éviter de bloquer le Port de Casablanca, les stevedores assurent "avoir fait beaucoup de concessions au profit de leurs salariés". Des augmentations de 25% des rémunérations ont été enregistrées pour certaines années. Tout le personnel dispose d'une couverture sociale, affirme l'Association. Une augmentation de salaire de 550 DH par docker a été accordée l'année dernière contre une paix sociale... mais les grèves n'ont pas tardé à revenir.

    Hicham RAÏQ

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