×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Le plaisir de partager son Web

Par L'Economiste | Edition N°:736 Le 30/03/2000 | Partager

. Créée au début pour servir d'instrument de travail, la page perso devient courtisée par de nombreux internautes

Seule concession de Bernard Lang à la tendance strip-tease qui domine le genre de la page perso: deux photos de ses enfants et un brin de muguet. C'est tout juste si l'internaute peut débusquer sur son web les quelques informations biographiques indispensables pour savoir à qui il a affaire. Son adresse, les fonctions qu'il occupe à l'Inria (Institut national de la recherche en informatique avancée). Il y est directeur de recherche. Avec son poste de secrétaire de l'Aful (Association francophone des utilisateurs de Linux et du logiciel libre), il est presque noyé au coeur d'une ribambelle de renvois vers d'autres sites, des articles, des entretiens, des publications électroniques qui donnent un aperçu de ses centres d'intérêts.
Sur sa page perso, Bernard n'évoque qu'à demi-mot l'existence de sa femme, de ses deux enfants et de son yorkshire Jade. Mais on y trouve une liste de liens, une rubrique "images" qui met en scène des blagues de potache sur les mésaventures du patron de Microsoft, Bill Gates, la jolie formule "Windows, meilleur système d'exploitation de la bêtise humaine", et qui indique la position du défenseur des logiciels libres, ces programmes tel Linux, écrits de façon ouverte et collaborative. Autant de signes qui renseignent bien davantage que s'il posait en photo en famille avec son yorkshire. "Cette page, je l'ai construite d'abord pour moi-même, début 1994, pour voir comment faire une page en HTML", le langage de création des pages web. Et le chercheur continue de l'alimenter et de s'en servir comme d'un outil de travail, "pour retrouver des documents rapidement, puisque je n'ai pas de mémoire". Et puis, "si ça me sert, il y a des chances que ça serve à d'autres". Diffuser la connaissance et, du même coup, donner des clés pour comprendre les enjeux de la révolution numérique. Des icônes (une tête de pirate, une bombe pour le "terrorisme juridique", l'image du petit sourire du MacOS, etc) fournissent, comme il le dit, une "coloration" aux textes, comme un degré de pertinence établi par lui-même. "Je ne sais pas à qui ça peut servir, à des étudiants et des journalistes, sans doute", dit-il comme pour persuader de l'innocuité de ses propos. Mais sur le site, il se laisse aller à un coup de colère contre Robert Redeker, l'intellectuel qui dénigra les effets du Net sur l'éducation des enfants. Manière de remettre en place ces "philosophes qui pérorent sur les plateaux de télé et participent d'un mouvement qui noie la démocratie dans des bavardages non pertinents". pauillac.inria.fr/~lang/o


Il faut oser...


. EgoWeb
Les premières pages perso, celles que l'internaute crée pour se faire la main, se ressemblent. Aussi affligeantes les unes que les autres, on y trouve les mêmes petits chiens (ou chats, ou perroquets). Le site "perso-perso" est conçu à l'unique gloire de son auteur. Comme la page de "Ced", étudiant équipé d'un Titi qui suit le mouvement de la souris. Trop chouette. jupiter2.esstin.u-nancy.fr /~etchegce/

. Journal intime
Pourquoi écrire ses pensées les plus intimes sur l'Internet, média universel? Il faut croire que les internautes, adeptes d'un anonymat relatif, ne se posent pas la question: le genre se porte bien, et encore mieux de l'autre côté de l'Atlantique. Côté français, "Nicoco" est parti en septembre au service militaire, mais ça ne l'empêche pas d'alimenter son site en chroniques sonores, de parler de ses humeurs et des filles dont il tombe amoureux. www.multimania.com /monvallon/

. Je t'aime... moi non plus
La déclaration de l'amoureux éconduit tient une bonne place dans le palmarès des pages perso. Edouardo a réussi à récupérer sa belle à force de chansons et d'occupation des médias. Son site est un monument du genre (avec la possibilité d'entendre le désormais culte: Je t'aime le lundi). www.edouardo.com

. Ma caméra et moi
Total must, la caméra branchée en permanence sur le réseau est le réceptacle des délires les plus fous: certains en placent aux toilettes, d'autres au frigo, sous le lit... La plus radicale sans doute, Jennifer Ringley, jeune Américaine, a fait de sa vie un feuilleton, plus creux encore si possible que les Feux de l'amour. En plus, succès aidant, elle est parvenue à truffer son site de pubs et à faire payer l'accès aux plus accros. www.jennicam.org

. Psy-Web
"Et voilà, cela devait arriver: je replonge doucement. J'ai souvent l'impression que des cycles de joie et de désespoir se succèdent sans fin dans ma vie". Livraison datée du 13 mars d'"un garçon qui avait tout pour être heureux et qui a perdu la seule chose à laquelle il tenait vraiment: sa copine". Le site dit tout de ses désirs et déconvenues.
www.multimania.com/sadso/

A. R.
Syndication L'Economiste-
Libération (France)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc