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    Economie

    Le patronat juge le gentlemen's agreement

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    Forte de sa nouvelle envergure, la CGEM maintient son exigence de moralisation et évalue l'après-"campagne d'assainissement". Entretien avec le patron des patrons.


    - L'Economiste: Un mois après, quel bilan du gentlemen's agreement?
    - M. Abderrahim Lahjouji:
    C'est un nouveau type de relations et de comportements qui va naître. Cet arrangement ou ce modus vivendi nous donne une nouvelle base de concertation avec les pouvoirs publics. Nous y apprenons à nous connaître et à travailler en partenariat. Le secteur public et nous-mêmes y apprécierons mieux les difficultés de manière à passer aux réformes, qui sont urgentes. Nous, le Maroc tout entier, avons deux impératifs: la reprise et la moralisation. Nous maintenons notre exigence de moralisation.

    - N'avez-vous pas peur que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que cette exigence ne vous apporte à nouveau les difficultés de la campagne d'assainissement.
    - Non, personne ne va revenir aux comportements anciens. Et ce n'est pas parce que nous avons eu des dérives qu'il faut renoncer à la moralisation. Elle fait partie de nos principes pour la croissance, elle fait partie des conditions que nous devons remplir pour l'internationalisation de notre économie. La CGEM a un rôle direct dans la moralisation. Nous rappelons à l'ordre ceux de nos membres qui manquent à cette exigence, sachant que, tout comme les pouvoirs publics, nous ne pouvons pas faire de miracle seuls. Nous allons néanmoins accroître la pression dans ce domaine.

    - Avez-vous commencé à travailler avec les préfectures comme le prévoit de gentlemen's agreement?
    - Pas encore, notre première réunion de travail est fixée à la semaine prochaine avec le gouvernement pour organiser pratiquement le partenariat dans les régions. Il n'y a pas que la moralisation dans notre agenda commun, il y a aussi les instruments de dynamisation économique, l'allégement des procédures administratives...

    - Vous avez fini par accepter la pénalisation fiscale que redoutaient beaucoup de vos membres.

    - C'est une pénalisation aménagée dans le temps comme dans la forme grâce aux concertations que nous avons eues avec les pouvoirs publics et le Parlement. C'est un signal et une dissuasion pour les contribuables qui seraient tentés de frauder. Sur le principe, personne ne rejette vraiment l'idée, c'est sur la méthode qu'il fallait travailler. Mais nous sommes parfaitement conscients que nous devons faire un travail de formation chez nos membres et autour de nous. Avec le meilleur texte du monde nous échouerons si nous ne savons pas tenir compte de notre environnement et de nos habitudes. Ce sont des comportements à faire évoluer, des formations à faire. A ce sujet je regrette que l'aspect formation n'ait pas été bien développé dans le Budget du Ministère de la Justice.

    - Vous êtes intervenu sur l'affaire des blés contaminés, est-ce un hasard ou bien une nouvelle stratégie de la CGEM?
    - Au départ, c'est le hasard mais il a créé la fonction. Je respecte les prérogatives du gouvernement en matière de contrôle et j'y adhère. Mais nous n'avions pas le droit de laisser des opérateurs sans aide. Nous avons donc, via la nouvelle fédération que préside M. Sebti et avec l'accord du Ministère de tutelle, diligenté une expertise et organisé un appel d'offres. Ainsi les exigences des pouvoirs publics marocains sont respectées et les opérateurs ont pu récupérer une partie de leur investissement sur des marchés qui n'ont pas la même approche que nous vis-à-vis du champignon contaminant.

    - N'importe qui pourra compter sur la CGEM dans un cas comme celui-là?

    - N'importe lequel de nos membres peut compter sur la CGEM. Nous travaillerons à défendre les intérêts de chacun de nos membres qui se trouveraient dans une situation analogue à celle du blé. Il est évident que nous ne protégerons jamais des intérêts indus. Si nous avons le moindre doute sur le bien-fondé, la bonne foi... nous resterons neutres, cela va de soi.

    Propos recueillis par Nadia SALAH


    Le SMIG aux orties, c'est la formation qui compte


    Ça va faire du bruit: le président de la CGEM indique "qu'à son avis il ne faudrait plus trop s'accrocher au SMIG". Il argumente: "quand l'économie est basée sur la compétition, c'est la formation qui détermine le salaire, pas autre chose". C'est la première fois qu'un homme public dit tout haut ce qui se murmure partout tout bas. "Regardez donc autour de vous, quand les entreprises veulent garder leurs salariés, elles montent au-dessus du SMIG, mais quand elles n'ont pas ce qu'elles cherchent, ou elles n'emploient pas, ou elles trichent avec le SMIG et avec le reste". En refusant de voir la réalité, poursuit M. Lahjouji, "on sacrifie plus du quart de la population marocaine sur l'autel d'une fausse politique sociale".
    N.S.


    Les patrons passent la frontière


    "Nous pouvons vous dire comment faire, mais personne n'ira se battre à votre place". La CGEM a lancé ce message aux Marocains des deuxième et troisième générations, qui sont nés en Europe. Ces nouvelles générations se demandent s'il n'y a pas de possibilités de développer leurs affaires en s'appuyant sur des marchés ou des joint-ventures au Maroc. La version-affaires du recul stratégique dont parle SM le Roi depuis le milieu des années 80.
    Le patronat marocain voudrait ainsi lancer un mécanisme de diaspora et le président de la Confédération vient de faire une tournée dans les grands réservoirs de population marocaine qui se trouvent en Allemagne, Belgique, Hollande et France. La CGEM va installer dans les prochaines semaines une petite cellule de conseils, avec "juste un ou deux cadres pour répondre aux demandes de renseignements". "Ces Marocains des deuxième et troisième générations ont un fort sentiment d'appartenance, ils sont assez dynamiques pour avoir monté leur propre affaire ou s'être associés de manière déterminante dans des affaires européennes", constate M. Lahjouji. "Mais ils ont un gros problème d'informations", résume le patron des patrons. C'est pour cette raison que la Confédération va, le 13 août prochain, installer une "cellule d'écoute" qui devra être capable de répondre aux questions techniques, juridiques et d'indiquer la marche à suivre.

    "Nous n'avons pas le droit d'occulter ce potentiel de développement pour eux comme pour nous", souligne M. Lahjouji.
    La première grande démarche vers l'extérieur avait été l'installation d'un bureau de représentation à Bruxelles. Il demeure encore très petit par rapport aux enjeux que constitue l'élaboration des décisions au sein de la Commission européenne. Et ce Bureau devra aussi suivre le travail qui se fait au niveau du Parlement européen.

    La CGEM devra aussi participer à l'organisation, pour ce qui concerne les entreprises, du prochain sommet euro-méditerranéen qui devra se tenir à Casablanca début décembre. Entre 500 et 600 participants devraient être là, dont l'ensemble des organisations patronales du pourtour méditerranéen. M. Lahjouji, qui se félicite du déblocage des programmes MEDA (aides européennes qui avaient été bloquées par la Grèce), ne renie pas l'importance du politique dans l'avenir euro-méditerranéen. "Mais la visibilité de ce nouvel espace sera ce que nous, les entreprises, en ferons".
    N. S.



    Cotisations, SVP


    "Il n'y a pas de raison de bloquer le nombre des fédérations, car le Maroc est sur un trend de croissance et les métiers se développent", considère M. Lahjouji, président de la CGEM. "Il faut que chaque métier se sente à l'aise dans son espace et ses structures représentatifs", poursuit-il en citant la scission entre les Banques et les Assurances, qui à l'origine avaient été prévues pour se regrouper en une seule Fédération et qui en ont finalement formé deux.
    Le président, comme le CNP ou le Bureau pousse en ce moment les fédérations et les unions régionales à faire leurs élections. "Les statuts donnent jusqu'à la fin septembre", rappelle-t-il. Il reconnaît qu'il y a là un problème de décalage de calendriers: les décalages de mandats entre les fédérations et le CNP, le Bureau et la présidence aboutissent à un phénomène d'élections permanentes. Néanmoins, ce n'est qu'après ce cycle que la proposition de modifier les mandats sera faite par le Bureau aux fédérations et aux unions, c'est-à-dire pas avant l'automne.

    "La part des cooptations a tendance à baisser au niveau du CNP", note M. Lahjouji qui rappelle que les personnalités cooptées sont "les bonnes volontés qui s'impliquent dans la vie de la Confédération". Ce point avait, au moment des changements de statuts, retenu l'attention. L'augmentation du nombre de fédérations aboutit mécaniquement à l'augmentation du nombre de sièges électifs. Le Bureau de la CGEM n'a rien fait pour augmenter le nombre de cooptés: ce n'est pas le manque de bonnes volontés, "c'est le désir de renforcer les mandats électifs". "C'est la force des mandats électifs qui nous a donné le crédit pour parler avec les pouvoirs publics des problèmes de l'assainissement", souligne-t-il. Le président n'est pas gêné de soulever le problème des cotisations et réfute l'argument selon lequel les cotisations en retard peuvent servir d'argument contre la représentativité de la CGEM: "La vérité, c'est la vérité, et il faut que les membres sachent ce qu'il en est". "S'il veulent des services et des assistances, il faut payer les cotisations".
    N.S.

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