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Economie

Le Maroc paie cher son manque de leaders

Par L'Economiste | Edition N°:1773 Le 21/05/2004 | Partager

. Les infrastructures, les investissements sont là. Mais pas les hommes, ni l’éducation et l’innovation . «Personne», le premier héros des MarocainsIl y a une panne de leadership au Maroc. Politiques, économistes, scientifiques vous le diront. Et l’actualité vient souvent rappeler cette triste vérité. L’expérience de sa candidature pour l’organisation de la Coupe du monde en 2010 aura mis à nu une déficience de leaders marocains d’envergure internationale, présents en permanence au niveau mondial. A la différence de l’Afrique du Sud qui, qu’on le veuille ou non et malgré un contexte historique différent, a brillé par la présence de trois prix Nobel de la paix: Nelson Mandela, Desmond Tutu, archevêque anglican et l’ancien président Frederik De klerk. L’Economiste avait mené une enquête l’année dernière avec le cabinet Sunergia. A la question quels sont vos héros? Plus de la moitié avaient choisi «Personne».(cf. L’Economiste du 18 février 2003, www.leconomiste.com).Le Maroc reste donc un potentiel où les gisements sont énormes. Mais il lui manque encore ces hommes phares, qui iront négocier avec brio les intérêts du pays, et qui seront toujours présents sur la scène internationale et non pas par à-coups et au gré de la conjoncture internationale. Le constat vaut pour les affaires internes.Ces leaders ont été le socle de l’épanouissement économique et social de la Jordanie par exemple (cf. article infra). Ce pays a compris le vrai enjeu du développement: fonder une économie à partir de la connaissance. Le rapport sur les enjeux de l’économie de la connaissance au Maroc de l’Université Al Akhawayne*, publié en mars dernier, est un autre rappel à l’ordre pour le Royaume. Tant pour l’absence de capitalisation de son savoir que pour le manque de vision à long terme. Le nombre de chercheurs est ridicule, les filières scientifiques sont de moins en moins prisées, les publications annuelles sont très peu nombreuses. En plus du fait que plus des trois quarts d’entre elles sont des publications conjointes notamment avec des partenaires français et ceux de l’OCDE. Question de moyens ou question crédibilité parce que les partenaires sont étrangers? Un peu des deux sans doute.Pour mobiliser les fonds pour la connaissance, le Maroc sait faire (cf. nos analyses et enquête sur la R&D, www.leconomiste.com): durant les années 90, le Maroc a alloué une moyenne de 7,3% de son PIB à l’éducation. Un taux très honorable comparé aux pays de l’OCDE qui consacrent 5,7% de leur PIB cumulé au financement des établissements d’enseignement, ou encore la France, qui investit 6,2% de sa richesse dans l’éducation.Sauf que dans les pays de l’OCDE, l’économie de la connaissance contribue à plus de la moitié à la création de valeurs ajoutées. Mais, comme l’indique le rapport, les performances du système de l’éducation ne sont pas uniquement sensibles à la quantité des ressources allouées, «mais aussi à la prudence avec laquelle les fonds sont alloués et gérés à travers le secteur». Une question de savoir-faire, savoir-faire faire…Une question aussi de mains de fer dans des postes stratégiques. Le nombre de chercheurs en recherche et développement augmente lentement et a atteint le nombre de 3.000 en 2001…Plus que la Tunisie (1125) et beaucoup moins que l’Egypte (24.786). Les inscriptions dans les filières de sciences fondamentales ont chuté de 40% en faveur des filières de management et d’économie. Et ce, malgré le fait que l’investissement en recherche et développement est en hausse, que les initiatives privées se multiplient. Les niveaux restent très bas: en deux ans les dépenses en R&D sont passées de 0,3% du PIB à 0,7% (de 1999 à 2001). Les auteurs du rapport estiment que les publications scientifiques de chercheurs nationaux ont augmenté d’une manière significative: de 240 publications en 1990, le Maroc en recense 536 en 1995…Le Maroc est placé en troisième position en Afrique après l’Afrique du Sud et l’Egypte. Le Royaume a des infrastructures d’information et dispose de régimes d’incitations économiques, mais l’innovation et l’éducation demeurent les parents pauvres de l’indice global de la connaissance au Maroc (cf. encadré).


Former tout au long de la vie

C’est la devise de la France en matière d’économie de la connaissance. La recherche fait l’objet de grands programmes intimement liés aux priorités stratégiques de l’Hexagone (défense, énergie, espace, aéronautique, télécommunications, électronique).L’Union européenne postule d’ailleurs pour avoir l’économie de la connaissance «la plus compétitive du monde d’ici à 2010» (dixit Jacques Chirac). Pour le Maroc, indique le rapport, on retrouve les prémisses de cet engagement des pouvoirs publics. Mais la vision est encore un peu «courte» et les hommes forts tardent à sortir de l’ombre. Un nouveau plan de développement scientifique et technologique quinquennal a été déployé en 2002 par le ministère de la Recherche scientifique. Il existe plusieurs structures pour déployer les potentialités de recherche, comme R&D Maroc, initiative d’entreprises, ou encore le CNRST (centre national de la recherche scientifique et technique).


Indice global de la connaissance

Le Maroc évolue lentement mais sûrement dans l’intégration de l’économie de la connaissance, (knowledge management). L’indice est construit à partir :- du régime d’incitation économique: il inclut les barrières tarifaires et non tarifaires, les droits de propriétés et la réglementation (3,61 en 2001)- de l’innovation: mesurée par le nombre de chercheurs mobilisés, les proportions de produits manufacturés dans le PIB, et les articles dans les journaux scientifiques (1,43 en 2001)- de l’éducation mesurée par les inscriptions dans le secondaire et le supérieur et de l’alphabétisation des adultes (2,33 en 2001)- de l’infrastructure de l’information comprenant les lignes téléphoniques, les ordinateurs et les fournisseurs d’accès Internet (5,13 en 2001)Les paramètres jouent leur rôle de moteur à partir d’une notation de 5.Mouna Kadiri----------------------------------------------------------------------* Le Maroc dans l’économie de la connaissance: Enjeux et Perspectives, The Institute of Economic Analysis And Prospective Studies (IEAPS), Al Akhawayn University- Mars 2004. Le rapport est élaboré par Ahmed Driouchi, professeur d’Economie, doyen de la faculté de gestion à Al Akhawayn et Abdelkader Djeflat, professeur d’Economie, Université de Lille 1, France.

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