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    Le just-in-time, remède pour tous les maux?

    Par L'Economiste | Edition N°:459 Le 09/03/1999 | Partager

    · Les adeptes des systèmes JIT prétendent que ces derniers sont universels.

    ·Leur application implique un changement radical de la "culture de l'usine".

    · Il est absurde de s'attendre à des profits financiers considérables en appliquant tout simplement les systèmes JIT.


    Le concept japonais de la production Just-in-time avait suscité, vers le milieu des années 80, un élan d'enthousiasme de la part des dirigeants d'entreprise et des universitaires à l'échelle internationale.
    Certains critiques s'interrogent aujourd'hui sur les effets réels des systèmes JIT sur le rendement de l'entreprise. Une étude récente menée par l'Université de Cambridge a constaté que l'usage intensif de ces systèmes a occasionné une baisse des marges de profit des entreprises anglaises.
    Devrions-nous en conclure que ces techniques fonctionnent à merveille au Japon et manquent leur but au Royaume-Uni ou à n'importe quel autre coin du monde? Ou est-ce un manque de réalisme qui pousse les industriels à espérer une augmentation de leurs marges de profit en reproduisant purement et simplement le modèle japonais?
    Les recherches de l'IMD ont démontré que l'application réelle des systèmes JIT varie considérablement d'une industrie à l'autre. Dans le domaine de la construction automobile, presque toutes les firmes européennes, ainsi que d'autres fabricants à travers le monde, ont adopté ces techniques. Alors que certaines compagnies, dans le secteur de l'industrie pharmaceutique commencent juste à les utiliser.
    Il est fort probable que le manque de rentabilité, relevé par l'étude de l'Université de Cambrige, touche principalement les entreprises qui évoluent dans des milieux hautement compétitifs, il n'est donc pas directement causé par l'application des systèmes JIT ou tout autre système de production.

    Un flux couteux


    Les adeptes des systèmes JIT prétendent que ces derniers sont universels. Mais en réalité, ces systèmes n'ont que peu d'impact sur certains processus de production. L'un des objectifs des systèmes JIT est celui de transformer l'usine dans le but d'avoir un flux continu du matériel, avec de faibles niveaux de stock et des délais de production plus courts.
    L'application de ces systèmes dans l'industrie électronique a été un succès total, car ces compagnies travaillaient dans le passé avec des niveaux de stock élevés et de longs délais de production. En comparaison, plusieurs entreprises, dans le secteur des industries chimiques, avaient toujours utilisé des processus continus de production et de faibles niveaux de stock. Leur production en grande quantité ne leur permettait pas de travailler autrement. Le fait de s'attendre à des améliorations, dans les deux secteurs et avec les mêmes proportions, est loin d'être une attitude réaliste.
    Certaines entreprises fabriquent des produits non-répétitifs, tels que: des outils spéciaux ou des moteurs électriques, pour répondre aux spécifications de leurs clients. Elles n'appliquent par conséquent les systèmes JIT qu'aux parties les plus répétitives de l'usine, où il est possible d'avoir un flux continu de production.
    Dans ce cas-là, les systèmes JIT ne génèrent pas de grands profits, car ce n'est qu'une fraction des processus de production qui subit des changements. Certaines entreprises, portées par leur élan d'enthousiasme, utilisent ces systèmes aux mauvais endroits. Les produits qui ne peuvent être fabriqués en dehors du processus à flux continu sont abandonnés; ils ne sont plus considérés comme des produits "essentiels".

    Ceci implique, bien évidemment, une baisse du volume et du rendement. Même si ces systèmes JIT sont bénéfiques à la production, leur application implique un changement radical de la "culture de l'usine", d'où le besoin d'une volonté ferme de la part de la direction générale et d'importantes ressources matérielles.
    Exemple concret: Quand une entreprise veut devenir fournisseur d'une autre entreprise, appliquant les systèmes JIT, il est fort probable que son client exigera un certificat de qualité afin que ses produits ne subissent plus de contrôle de qualité.
    Plusieurs entreprises se plaignent que la contrainte d'obtenir un certificat les empêche de soigner la qualité de leurs produits.
    Il est absurde de s'attendre à des profits financiers considérables en appliquant tout simplement les systèmes JIT. Lorsque tous les concurrents optent pour les systèmes JIT, ces derniers deviennent une condition nécessaire, mais insuffisante à elle seule, pour acquérir des avantages comparatifs.
    Dans certains cas, des entreprises en difficulté ont tenté d'appliquer les systèmes JIT en dernier recours. Certaines entreprises ont réussi à redresser la barre, d'autres ont essuyé des échecs cuisants, donnant libre cours aux rumeurs sur les risques impliqués par les systèmes JIT.
    Les JIT sont loin d'être une panacée. Leur rentabilité dépend largement de l'entreprise et de son processus de production et non pas d'une culture nationale si différente du modèle japonais.

    Aziza EL AFFAS

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