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Economie

Le démantèlement douanier, une arme à double tranchant pour le Nord

Par L'Economiste | Edition N°:446 Le 18/02/1999 | Partager

De notre correspondante à Tanger, Ilham BERRADA

La création de la ZLE en 2010 pourrait permettre l'essor de l'économie du pays. Certains craignent qu'elle n'aboutisse à l'appauvrissement de plusieurs familles ne vivant que de contrebande et des sociétés ne pouvant être compétitives.


Le démantèlement douanier est vécu par les uns comme une chance et par d'autres comme une menace. C'est à ce questionnement qu'a répondu M. Abderazzak El Mossadeq, directeur général des Douanes, à Tanger, lors de la semaine maroco-française organisée par l'Institut Français du Nord, en partenariat avec L'Economiste, l'Ecole Nationale de Gestion de Tanger et l'AZIT.
Ainsi, M. El Moussadeq a rappelé que le Maroc, dans une perspective d'amélioration de son économie, avait entamé en 1983 son programme d'ajustement structurel des finances, qui avait permis une nette amélioration de l'industrie marocaine entre 1984 et 1991. En effet, les unités industrielles et les exportations avaient considérablement augmenté. L'accord de libre-échange avec l'UE, cette libre circulation de la marchandise, selon M. El Mossadeq, n'est pas aussi simple: ce n'est pas n'importe quelle marchandise qui entrera à n'importe quel taux. En fait, il existe tout autant de paramètres de sélection que de marchandises qui circuleront. Il faut garder à l'esprit que la marchandise devra circuler indépendamment de toute procédure administrative: pas de quotas ou d'autorisations d'importation. En revanche, les produits subiront des droits de douane, le PFI et la TVA. Les taux de douane baisseront. Des articles, à titre d'exemple, connaîtront une suppression des droits de douane dès la première année, d'autres bénéficieront d'une réduction étalée sur quatre ans.

Multiplier les efforts


Par ailleurs, la présence de M. El Mossadeq et de ses collaborateurs, ainsi que M. Jouaouin, responsable de la Division UE et OMC au Commerce Extérieur, à Tanger, zone par excellence de contrebande, a soulevé un grand intérêt, car le démantèlement douanier suscite une grande inquiétude chez les opérateurs économiques du Nord, hantés par la concurrence extérieure. La mise à niveau devient donc une question de survie pour les unités industrielles qui ne sont pas prêtes au démantèlement douanier, et risquent de ne pas l'être en 2010. M. El Mossadeq reconnaît qu'en 2010, certaines entreprises seront prêtes et d'autres ne le seront pas. "Cependant il faut garder présent à l'esprit que le secteur industriel a fourni un effort fort notable depuis le programme d'ajustement structurel. Et il ne faut pas oublier que 60% du chiffre d'affaire industriel est réalisé à l'exportation. Il y a donc un réservoir de compétitivité", a-t-il indiqué. Donc, pour les 40% qui restent sur le marché marocain, selon M. El Mossadeq, les entreprises sont appelées à multiplier les efforts. Si le Maroc a réussi son ajustement entamé en 1983, rien ne l'empêcherait de réussir le pari de 2010, "pourvu que les entrepreneurs marocains méritent leur titre", a-t-il rajouté.
Cependant, il n'y a pas que les industriels qui soient menacés. Au fait, de nombreux foyers de la région, subsistant grâce à la contrebande, sont menacés de souffrir du démantèlement. Avec l'accord de libre-échange, la contrebande, si l'on exclut la TVA, n'aura plus lieu d'exister et ce seront par conséquence de nombreuses familles dans la rue.
Une catastrophe sociale est redoutée dans la région à moins de se pencher dès aujourd'hui sur "la mise à niveau des contrebandiers".


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