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L'assainissement du secteur sur les rails

Par L'Economiste | Edition N°:519 Le 01/06/1999 | Partager

· Trois sociétés radiées

· Gisement de croissance: Le sous-équipement des ménages

· Retour en force des banques

L'assainissement de la profession est aujourd'hui le maître-mot des professionnels du crédit à la consommation. Le marché était jusque-là réparti entre 35 sociétés spécialisées qui ne sont plus que 33 après la radiation de Sofidec et Soficred pour non-conformité aux règles prudentielles. La troisième société radiée, Sofido, étant en réalité une société fantôme qui n'a jamais réellement exercé. "Les autorités monétaires redoubleront de vigilance et veilleront à ce que la réglementation prudentielle soit scrupuleusement respectée", avait réitéré le ministre des Finances lors de la dernière réunion du Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME)(1).
Le secteur est caractérisé par une forte concentration. Sept sociétés contrôlent 80% des crédits distribués et les trois premières en détiennent 56%. Les sociétés présentes ne sont pas toutes positionnées de la même manière. Les unes sont plutôt orientées vers les crédits personnels et ménagers, les autres sont spécialisées dans le financement automobile. Elles sont pour la plupart filiales de banques ou d'institutions financières.

La concurrence est de plus en plus acharnée. Dans un contexte de réduction continue des marges d'intermédiation, seules les sociétés plus fortes et les mieux structurées pourront survivre.
Durant les trois dernières années, le crédit à la consommation a connu un véritable boom. Les crédits distribués sont passés de 3,8 milliards de DH en 1995 à 9,3 milliards en 1998. Toujours sur la même période, l'encours à fin décembre a grimpé de 5,4 milliards à 14,7 milliards. Mais ce qui a servi de véritable locomotive dans cette envolée, c'est incontestablement le prêt non affecté, plus connu sous l'appellation de crédit personnel ou direct. Apparu au début des années 90, il connaît un succès considérable auprès des consommateurs, notamment les particuliers, pour sa formule souple et rapide. Sa part dans le total des crédits distribués au terme de l'exercice 1998 dépasse la moitié.

Succès du crédit personnel


Globalement, les spécialistes (analystes, statisticiens, professionnels...) s'accordent à dire que le crédit à la consommation est un marché porteur. Le potentiel de croissance est intéressant dans la mesure où la population marocaine est en majorité jeune et la tranche encline à consommer (18-50 ans) dépasse la moitié. Les perspectives tiennent compte également des statistiques qui font état d'un faible niveau d'endettement des ménages et d'un taux d'équipement en produits de base nettement inférieur à ceux enregistrés dans les pays industrialisés.
Depuis sa création en 1994, l'Association Professionnelle des Sociétés de Financement (APSF) s'est fixée comme objectif principal l'organisation de la profession et la dynamisation du secteur. A ce titre, plusieurs chantiers sont ouverts. Il s'agit essentiellement d'un plan comptable des établissements de crédit qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2000, d'une centrale de contentieux dont la mise en place effective est prévue pour fin 1999, d'un guide du crédit à la consommation et d'un nouvel annuaire.


Pour la petite histoire...


Le crédit à la consommation est apparu au Maroc en 1936 avec la promulgation d'un dahir réglementant la vente à crédit des véhicules automobiles. La profession a donc commencé à se structurer autour de types de financement. C'est ainsi que sont apparus les premiers opérateurs: Diac Maroc (1948), Acred (1954), Sovac (1947), devenue Sofac en 1963. Quelques années plus tard, les autorités publiques ont créé Eqdom (privatisé depuis) spécialisé dans le financement des ménages, l'objectif étant de relancer la consommation par le financement à crédit des biens d'équipement domestique. Eqdom a détenu le monopole sur ce segment jusqu'à la fin des années 80, avec une offre destinée essentiellement aux fonctionnaires à revenu faible et intermédiaires. De nouveaux intervenants ont commencé à faire leur apparition. Il s'agit de Crédor (1987) et de Wafasalaf (1986). Mais leur clientèle a été élargie aux salariés du secteur privé et des collectivités locales. Les opérateurs existants ont été obligés de suivre.

Depuis 1990, les sociétés de crédit ont commencé à innover en proposant à leur clientèle des prêts personnels. Ce type de crédit a drainé toute une frange de particuliers qui avaient recours au circuit informel et qui étaient exclus du système bancaire classique. Il a bénéficié du renouveau du secteur insufflé par la loi bancaire de 1993 qui est venue réglementer la profession. La diversification de l'offre et la multiplication des opérateurs a eu pour effet de revitaliser la concurrence. Depuis le 1er avril 1997, la loi a instauré un taux d'intérêt maximum (TEG), considéré comme la limite de leur rémunération. Objectif, protéger le consommateur. Pendant longtemps, les banques n'affichaient pas d'intérêt particulier à cette activité. Aujourd'hui, elles reviennent en force. Celles qui avaient déjà des filiales sur le créneau du crédit à la consommation n'hésitent pas à les concurrencer. Celles qui n'en avaient pas, en ont créé. C'est le cas pour la BMCE (Salafin) et de la BCM (Attijari Cetelem).
Le prochain tournant serait le rapprochement éventuel entre les différents opérateurs de crédit à la consommation et les banques pour mieux défendre leurs intérêts face à la concurrence.

Hanaâ FOULANI

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