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L'accès aux emprunts internationaux : Après l'opération ONA, les enseignement à tirer d'un succès

Par L'Economiste | Edition N°:99 Le 14/10/1993 | Partager

Citibank international P.L.C. a réussi à "lever" pour le compte de l'ONA 30 millions de Dollars US sur le marché de Londres. Cet emprunt est "clean", c'est-à-dire sans garantie de l'Etat, ni engagement du système bancaire.

La taille et l'image de l'ONA ont indéniablement joué en faveur de la réalisation de cette opération. Mais celle-ci ne fut possible qu'après l'amélioration du classement du Maroc au "Rated Invest grade". Véritable palmarès international ce classement est établi sur la base de critères tels que la maîtrise des grands équilibres, le taux de croissance, la stabilité politique etc... Le Maroc y est actuellement classé comme un marché émergent. Le "risque Maroc" est estimé proche de la norme.

Le Royaume est dans le même peloton que le Chili et le Venezuela par exemple. M. Jaloul Ayed, directeur général de Citibank-Maghreb, estime qu'à moyen terme, dans 2 ou 3 ans, le pays pourrait accéder à un marché "extraordinaire, tant par la masse des capitaux qui sont disponibles que par les taux pratiqués : le marché des Euro-obligations".

Cette nouvelle image du Maroc est le Sésame qui ouvre les marchés financiers internationaux. La politique d'ajustement et les nouvelles réglementations des changes permettent aux entreprises et aux banques de se refinancer à l'étranger. Pour certains groupes privés, le risque est grand de s'y voir obligés sous peine de bloquer leur croissance. La loi bancaire, en introduisant la notion de groupe dans le coefficient de division du risque, limite leur possibilité d'endettement auprès des banques marocaines. Tôt ou tard, ils devront envisager un emprunt à l'étranger. Or la sélection à l'entrée y est assez rigoureuse.

Les entités marocaines qui y sont éligibles sont "L'Etat, risque souverain, certaines entreprises publiques et quelques groupes privés. Les entreprises publiques concernées sont celles d'une certaine taille, ayant une assise financière solide et des comptes transparents et connues au niveau international", souligne M. Jaloul Ayed. Les groupes privés doivent d'abord faire "un saut psychologique et s'ouvrir plus", note M. Ayed. La transparence totale est une exigence essentielle pour pénétrer sur ces marchés. Des comptes audités par un cabinet international, une communication au point sont nécessaires mais pas suffisants. Un travail "d'approche" de longue haleine est inévitable.

L'agent "arrangeur le parrain exigé

M. Jaloul Ayed ajoute: "les groupes privés marocains doivent se préparer dès maintenant à recourir à des financements extérieurs pour assurer leur développement". Cette préparation concerne leur organisation interne, mais surtout leur relation avec l'environnement externe qui doit devenir plus limpide.

Une fois cette étape franchie, la banque "agent" entre dans la danse. Une stratégie doit être mise en place. Elle vise à familiariser les opérateurs sur les marchés financiers avec l'entreprise concernée. La durée de ce travail d'approche est bien sûr fonction de la renommée initiale de l'entreprise. Mais le rôle de la banque "agent" est fondamental. Dans l'état actuel des choses, il ne peut s'agir que d'une banque internationale. En liaison avec le banquier local de l'entreprise et la direction de celle-ci, elle établira la stratégie.

Au moment d'introduire l'opération de financement proprement dite, l'"agent" deviendra le pivot. C'est à cette banque qu'il appartient habituellement d'établir la notice d'information. Ladite notice est une étude exhaustive de la situation de l'entreprise, de son secteur avec différentes simulations, etc...

C'est un véritable dossier de crédit de très haut niveau. C'est sur la base de ce document que les négociations sont entamées.

Le succès de celles-ci et la rapidité de décision sont bien évidemment en relation directe avec la qualité de la signature de l'agent et la confiance dont il jouit auprès de ses confrères et la mise qu'il apporte. Car l'agent agit comme un chef de file, le risque qu'il cause à supporter est un indicateur de sa confiance dans l'issue de l'opération.

Pour M. Jaloul Ayed, "la discrétion est essentielle tout au long du processus. Il faut "lire" le marché, sans donner le nom de l'émetteur, parce que si, pour une raison ou une autre, l'émission n'a pas lieu alors que le nom de l'émetteur est connu. l'opération sera considérée comme un échec. Ce qui devient un handicap par la suite. Cette précaution est d'autant plus précieuse qu'il s'agit d'une première".

Des techniques appropriées

La banque agent a aussi pour rôle de conseiller l'émetteur, connaissant les besoins de celui-ci et étant opérateur sur le marché, elle est plus à même de lui proposer un "produit" adapté en terme de durée, de taux et d'adossement.

En effet, plusieurs financements spécifiques existent. Le commerce international, par exemple, fait l'objet d'un financement diversifié. Il s'agit pour les bailleurs de fonds de financer une opération précise, avec un cash flow identifié. Par mesure de sécurité, ils peuvent d'ailleurs exiger que le produit de cette opération soit centralisé au niveau d'un compte distinct, lequel compte servirait aux règlements.

Une autre technique est aussi intéressante pour les exportateurs : le forfaitage. M. Jaloul Ayed le définit comme "le cas d'un exportateur qui pourrait augmenter son chiffre d'affaires, s'il consentait des crédits plus longs à ses clients". Il pourra le faire en demandant à ses clients une garantie bancaire en aval par exemple. Le papier obtenu, avalisé par une banque du pays importateur, pourra être cédé sur le marché à un taux intéressant.

Le forfaitage est donc une technique d'escompte permettant la mobilisation de créances même à moyen terme. Son coût étant connu, l'exportateur pourra l'intégrer à son prix de revient. Cette technique a un grand avantage : le risque final est supporté par une banque du pays importateur. La taille de l'exportateur n'est donc plus un problème. Mais les opérateurs sur les marchés financiers internationaux rechignent à traiter les faibles montants (moins de 10 millions de Dollars US).

Le forfaitage est une application qui offre un autre avantage: il n'y a pas de risque de changes.

Il faut souligner que le refinancement à l'étranger bute sur la question du risque de changes. Car si les taux pratiqués sur les marchés financiers peuvent être attractifs, le gain risque d'être annulé par des pertes de changes.

"Les opérateurs qui ont une position longue en devises, c'est-à-dire dont les activités génèrent habituellement des rentrées de devises, courent moins de risques".

L'opération ONA, par exemple est adossée au pôle mines, qui est exportateur et donc générateur de devises.

Les importateurs, ceux à "position courte ", pour reprendre le jargon des professionnels, courent un risque plus grand.

Mais ce risque peut être atténué par des techniques usitées. La plupart de ces techniques exigent l'implication des autorités monétaires, les opérateurs économiques n'ayant ni la vocation, ni les outils pour maîtriser la gestion des risques de changes.

La maîtrise du risque de changes

LE risque de changes peut constituer un frein à la recherche de financements extérieurs. Des techniques existent pour atténuer ce risque en l'absence d'un marché de changes.

L'une des techniques proposées par le directeur général de Citibank Maghreb serait de "reconstituer la valeur synthétique " du Dirham. Ceci veut dire que l'importateur contracterait le crédit dans un panier de monnaies "copié" sur celui qui sert à la cotation du Dirham. Ceci étalerait le risque de changes, mais ne l'éliminerait pas, puisqu'il pourrait y avoir glissement par rapport à l'ensemble des monnaies.

Les autres solutions, plus efficaces, dépendent des autorités monétaires. En l'absence de véritable marché des changes, ces dernières pourraient permettre aux banques de vendre des devises entre elles, ce qui prendrait la forme d'opérations croisées : achat et vente à terme de devises. Un tel procédé entraînerait rarement un échange physique des devises, les opérations se succédant. Par contre, elle permettrait aux opérateurs d'acheter ou vendre des devises à un cours fixé au préalable... et permettrait aux banques de réaliser de confortables bénéfices à même de couvrir un éventuel frémissement sur une monnaie.

Mais la solution consiste en l'instauration des swaps, c'est-à-dire une technique qui impliquerait directement la Banque Centrale. L'emprunteur placerait le montant du prêt en devises auprès de la Banque Centrale à un taux d'intérêt convenu. Celle-ci lui "emprunterait" l'équivalent en DH.

A l'échéance, l'emprunteur remboursé en devises pourra faire face aux engagements contractés. Si cette méthode renchérit le crédit initial, elle a l'avantage d'avoir un coût connu d'avance.

En outre. elle permet aux autorités monétaires de garder un outil de réglementation : les taux appliqués à ce genre d'opérations.

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