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Economie

La transition expliquée par des chercheurs

Par L'Economiste | Edition N°:643 Le 22/11/1999 | Partager



· La baisse de la fécondité et de la mortalité a touché essentiellement le milieu urbain

A l'image de plusieurs pays, la tendance démographique au Maroc va vers une baisse soutenue de la fécondité et de la mortalité. Si le constat n'est pas nouveau, les participants du séminaire(1) organisé il y a deux jours à Rabat sur "La population et le développement'' ont essayé d'expliquer cette transition. Ils se sont basés sur les travaux d'une enquête récente réalisée par le chercheur M. Mohamed Maghari du CERED (Centre de Recherches et d'Etudes Démographiques). Cette étude s'est fixée comme objectif de faire le point sur la transition démographique au Maroc. Son auteur a voulu d'une part analyser les facteurs qui expliquent l'évolution démographique antérieure et, d'autre part, proposer les caractéristiques d'une nouvelle politique de population.
Alors qu'elle était de 7 enfants par femme dans les années 60, la fécondité est descendue à 3 en 1998. En l'espace de 33 ans, la fécondité a donc baissé de plus de la moitié. L'écart existant entre les milieux urbain et rural est inférieur à deux enfants. Cette transition dans la fécondité cache pourtant des disparités profondes. D'abord, entre les régions, ensuite entre les catégories sociales. Les villes restent plus touchées que les campagnes. A titre d'exemple, les femmes qui habitent dans les quartiers les plus aisés de Casablanca ont cinq fois moins d'enfants que dans la Province de Chefchouen. Le niveau d'instruction des femmes joue également un rôle déterminant dans le recul de la fécondité. Entre 1980 et 1995, la baisse de la fécondité chez les femmes sans instruction a été de 47% contre 53% pour des femmes ayant le niveau primaire, secondaire ou plus. En fait, non seulement la baisse de la fécondité est soutenue mais elle est durable. Cette tendance est attribuée en grande partie à l'utilisation croissante de la contraception, du recul de l'âge de mariage, la disparition de la polygamie et une tendance vers le célibat définitif. D'autres facteurs expliquent également la baisse de la fécondité. Il s'agit notamment de la pratique de l'avortement (dont les chiffres font encore défaut). D'après des estimations, l'avortement a induit une baisse de la fécondité de 3% en 1987 et de 14% en 1992.
Si aujourd'hui la fécondité est descendue au-dessous de trois enfants, la situation reste pourtant hétérogène. En 1995, c'est la région du Centre-Nord qui enregistre le taux le plus élevé de fécondité (4,21 enfants par femme). Viennent ensuite les régions du Sud (4,08), du Tensift (3,87), du Nord-Ouest (3,45), de l'Oriental (3,32), du Centre (2,61), et du Centre Sud (2,48). Pour l'heure, il est difficile de réfléchir à un régime démographique marocain dans la mesure où une large catégorie de la population reste en marge du processus de transition.
A en juger par les conclusions du travail du CERED, "si la fécondité est revue à la baisse, elle n'a pas en revanche été accompagnée par des progrès dans la lutte contre la mortalité''. A ce titre, le niveau enregistré dans la mortalité infantile particulièrement chez les filles de moins de 5 ans, reste encore anormalement élevé.
Toujours est-il que les taux de mortalité dans l'ensemble ont connu une baisse significative. Le recul dans la mortalité a commencé dès le début des années soixante. De 1962 à 1997, le gain en espérance de vie est aujourd'hui de plus de 20 ans. Pour la même période, la mortalité infantile a reculé de trois quarts. La mortalité infantile est deux fois plus forte dans les zones rurales que dans les régions urbaines. De son côté, la mortalité maternelle a baissé de plus d'un tiers. Elle est passée de 359 décès par 100.000 naissances entre 1978 et 1984 à 228 entre 1992 et 1997. Comme pour la fécondité, les disparités restent flagrantes entre les milieux urbains et ruraux. Dans les villes, la durée de vie est de six ans plus élevée que dans les campagnes. Le déphasage existe également au niveau régional. Dans la région de l'Oriental ou du Centre-Sud, la probabilité qu'un enfant décède avant son premier anniversaire est deux fois supérieure que s'il naisse au Centre-Nord.
Si la fécondité reste élevée dans certaines catégories de population et la moralité enregistre des retards, les projections démographiques du CERED prévoient un rythme de croissance soutenu de 1,4% annuellement sur les quinze prochaines années.

Mohamed DOUYAB

(1) Cf notre édition n° 642 du 18 novembre 1999.

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