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Economie

La formation déconnectée du marché

Par L'Economiste | Edition N°:711 Le 24/02/2000 | Partager


· La croissance des activités liées aux télécoms et à l'Internet aggrave la pénurie en ressources qualifiées
· Les besoins sont estimés en milliers d'emplois
· L'OFPPT compte créer un établissement spécialisé d'ici 2002


Une activité en forte croissance en face d'un système éducatif qui n'arrive pas à suivre. Les nouvelles technologies sont dans ce paradoxe où les sociétés courent derrière les offreurs de services, les personnes qualifiées étant une denrée rare sur le marché. Pas plus de 2.000 informaticiens, toutes formations confondues, dont moins de 200 ingénieurs sont formés annuellement pour intégrer le marché de nouvelles technologies. Cette inadéquation décriée par les professionnels met à nu l'incapacité d'accompagner la forte demande sur des profils spécialisés dans les domaines des réseaux, de la maintenance, du développement des applications multimédia et l'intégration des applications. Le phénomène ne touche pas seulement le Maroc.
Actuellement, trois structures se partagent la formation: les écoles d'ingénieurs, les facultés des sciences et techniques (FST) et l'Office de Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT).
Les grandes écoles d'ingénieurs dispensent une formation qui s'entend généralement sur trois ans. L'accès se fait principalement parmi les lauréats de Math-Sup. Il s'agit de l'Ecole Mohammadia d'Ingénieurs (EMI), l'Institut National des Postes et Télécommunications (INPT), l'Ecole Nationale Supérieure d'Informatique et d'Analyse des Systèmes (ENSIAS), l'Institut National des Statistiques et d'Economie Appliquée (INSEA).
Accusée d'être déconnectée du marché de l'emploi, l'Université essaie tant bien que mal de se rattraper. Les facultés des sciences ont intégré des licences appliquées en informatique dans leurs cursus.
Par ailleurs, les facultés des sciences et techniques (Mohammédia, Settat et Tanger, Béni-Mellal, Rachidia, Marrakech ) dispensent des études sanctionnées par un diplôme d'Etudes Universitaires Techniques (DEUT) équivalent au diplôme d'ingénieurs d'application en informatique. L'accès est ouvert aux titulaires de DEUG (MP/PC) après sélection de dossiers. Quant aux télécommunications, cette branche est quasiment absente des cursus des universités.
Le troisième intervenant dans la formation est l'OFPPT. Trente-sept établissements relevant de l'Office forment annuellement environ 180 techniciens spécialisés en informatique, système d'information et développement multimédia. L'Office compte introduire dans les trois années prochaines un module de formation sur les TI dans toutes les filières, ainsi que l'ouverture d'un site de formation par visioconférence. Un EuroMaster Télécom/GSM a été créé également en partenariat avec Citcom, société filiale de France Telecom. D'une durée de 7 mois, ce diplôme s'adresse aux ingénieurs et techniciens télécom. Le coût est 30.000 DH remboursables dans le cadre des contrats spéciaux de formation. La première promotion comptera 25 lauréats.
L'OFPPT a également un projet de création d'un établissement de formation dédié aux NTIC pour la rentrée universitaire 2002-2003. Avec une capacité de 400 stagiaires et un budget de 40 millions de DH, l'Office va assurer des formations dans des filières des réseaux et télécoms, des développeurs et du GSM.
Malgré cette multiplicité des intervenants, le déficit s'accroît au fur et à mesure de la croissance du marché. En attendant, certaines multinationales basées au Maroc essaient de gérer la pénurie. Microsoft vient d'investir 70.000 Dollars (700.000 DH) dans un programme de reconversion de 50 jeunes diplômés.
Cet état déficitaire en ressources humaines est accentué par le départ "massif" de cadres à l'étranger attirés par de meilleurs conditions de travail. L'effet bug, la mise à niveau des systèmes d'information pour assurer le passage à la monnaie unique (l'Euro) et l'effervescence dans la branche Internet, sont autant de facteurs qui ont accéléré ce mouvement de départs de cadres vers l'Europe et le Canada.


Paradoxe

Le système éducatif a toujours été décrié pour son inadaptation par rapport à l'environnement. Pour beaucoup, l'enseignement supérieur est une machine à produire "des chômeurs". Or, les attentes des professionnels des technologies de l'information dépassent de loin le rythme des lauréats des grandes écoles, des universités et de l'OFPPT. Cette niche est susceptible d'offrir plus de débouchés à nos futurs diplômés, ne cessent de marteler les opérateurs aussi bien nationaux qu'internationaux.
L'OFPPT semble avoir des capacités limitées pour accompagner la forte croissance de la demande. Son projet de création d'un institut dédié à la formation en NTIC est un jalon révélateur de son positionnement sur un créneau à forte valeur ajoutée et pourvoyeur d'emplois.
Un malheur ne vient jamais seul. Au déficit, se greffe le phénomène de migration des cadres de l'Administration vers le secteur privé. Pis encore, comme la pénurie en matière grise spécialisée en high-tech est un phénomène transfrontalier, plusieurs cabinets étrangers s'activent pour débaucher des jeunes ingénieurs pour des SSII en Europe et au Canada.
L'Association des Professionnels des Technologies de l'Information (APEBI) prend à coeur la problématique. Un contrat-programme est en cours de préparation pour faire entendre les requêtes du secteur sur la question des ressources humaines. Ce projet aura-t-il un meilleur sort que celui réservé aux propositions du Comité de Suivi des Technologies de l'Information (CSTI) pour relancer la formation en nouvelles technologies?
Mais les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne paraissent. Il faudra aussi que nos entreprises, autres que les SSII, perçoivent l'intérêt d'intégrer les nouvelles technologies dans leur organisation et leur process. Et c'est cela aussi qui libérera les possibilités de l'emploi.

Rachid JANKARI

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