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    Economie

    La Fédération des BTP dénonce l'absence de contrôle

    Par L'Economiste | Edition N°:666 Le 23/12/1999 | Partager

    · Une réglementation plus sévère s'impose
    · Trois conditions doivent être exigées, un bureau d'études, un laboratoire de contrôle et une entreprise agréée par l'Etat

    LA Fédération Nationale des Bâtiments et Travaux Publics (FNBTP) monte au créneau pour dénoncer le laisser-aller dont font preuve les pouvoirs publics en matière de contrôle des constructions suite à l'effondrement de l'immeuble de Hay Hassani à Fès. "Nous avons du mal à comprendre comment un immeuble de cinq étages puisse sortir de terre sans que les autorités publiques ne le sachent", s'étonne M. Bouchaïb Benhamida, président de la FNBTP.
    "Ce qui est aussi difficile à admettre, c'est l'acharnement des uns et des autres contre l'entrepreneur seulement, alors que beaucoup de gens doivent être incriminés", ajoute-t-il.
    Ce n'est nullement pour le défendre, mais selon lui les gens ont tendance dans des cas pareils à aller vers le lynchage de cibles faciles et épargner les autres responsables.
    La catastrophe de Hay Hassani remet ainsi sur le tapis le rôle de l'Etat dans la tolérance de l'informel. "Si les autorités acceptent que des constructeurs travaillent dans l'informel, il faut s'attendre à de tel drame", fait-il remarquer.
    L'Etat doit être plus sévère dans l'application de cette réglementation pour que ces agissements ne puissent pas exposer les vies humaines au danger.
    "Mais dire que les gens construisent la nuit pour échapper au contrôle est un faux prétexte", renchérit un entrepreneur.
    "Depuis que la Fédération a été créée, nous demandons l'organisation du secteur. Que celui qui entreprend l'acte de bâtir soit qualifié pour le faire", souligne M. Benhamida.
    Le contrôle doit être également des plus rigoureux et ne pas s'astreindre à la réglementation. "L'aspect technique au sens structure, qualité des constructions, n'est pas pris en compte lors des contrôles de chantiers, Les contrôleurs se limitent à la réglementation municipale", note M. Benhamida. Selon lui, trois conditions sont nécessaires pour éviter les hécatombes, un bureau technique agréé, qui ait pignon sur rue et dont les compétences sont vérifiées, un bureau de contrôle pour veiller au bon déroulement des chantiers et enfin confier les travaux à une entreprise qualifiée et certifiée par le Ministère de l'Habitat. "Il y a une circulaire datant de six mois qui impose aux ministères comme celui de l'Habitat, de l'Equipement, de l'Agri- culture, d'avoir recours à des entreprises agréées, pourquoi ne pas étendre cette disposition aussi aux promoteurs privés?", s'indigne M. Benhamida. Ce certificat de qualification et certification est renouvelé tous les trois ans.


    La garantie décennale


    SI le propriétaire d'un appartement en copropriété a un problème quelconque de construction dans son habitation, est-ce l'entrepreneur ou le promoteur qui en est tenu responsable?
    L'entreprise certifiée est tenue par la loi à la garantie décennale. C'est-à-dire que si un problème survient pendant cette durée (10 ans), c'est l'entreprise qui en est tenue responsable et c'est à elle de procéder aux réparations nécessaires. Elle prend, par conséquence, les précautions qui s'imposent en souscrivant à des assurances. Malheureusement, dans 90% des cas, les propriétaires n'ont aucun recours.
    "Quand on vous impose la visite technique de votre véhicule, on vous défend contre vous-même. Pourquoi ne pas en faire de même pour le bâtiment, c'est le rôle de l'Etat de mettre en place des garde-fous pour éviter que ce genre de drame ne survienne à l'avenir", estime M. Benhamida.

    Fadwa TOUNASSI

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