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    La double diplômation érigée en «norme»

    Par L'Economiste | Edition N°:2364 Le 19/09/2006 | Partager

    . La pratique interdite officiellement mais tolérée en pratique. Certaines universités françaises en font un fonds de commerceDouble, voire triple diplomation! C’est ce que proposent, aujourd’hui, certaines écoles privées à une clientèle de plus en plus sensible à l’argument de l’origine du diplôme. Leur cible principale: les familles aisées qui préfèrent inscrire leur progéniture, souvent des bacheliers, dans une école partenaire d’un établissement étranger reconnu, voire prestigieux, au lieu de les envoyer sur place. Les cadres sont également de plus en plus nombreux à plébisciter ce genre de formations. Il est vrai que, abstraction faite de la qualité de la formation, la double diplomâtion présente un avantage certain au moment de mettre la main à la poche. Mais suffit-il d’un diplôme octroyé ou cosigné par un établissement étranger pour le mettre à l’abri de toute critique? La réalité du terrain, en tout cas, n’est pas de nature à rassurer. D’abord, quantité d’écoles se sont mises à la mode de la double «diplômation». Si on rapporte cette frénésie aux prérequis de la réussite de cette opération, le résultat n’est décidément pas à l’avantage d’un grand nombre d’écoles. En effet, la majorité d’entre elles sont de petites écoles qui ne sont pas en mesure de satisfaire aux exigences pédagogiques d’un partenariat. Pour des établissements tels que HEM, Esig ou Imade, la mise en place d’une formation doublement diplômante ne s’improvise pas. « L’élaboration concertée des programmes, le contrôle pédagogique assurée par le partenaire étranger, l’échange de professeurs et d’étudiants sont autant de garanties d’une bonne qualité de la formation», précise Abderrahmane Lahlou, président du groupe Segepec. Il est évident que la majorité des écoles, qui tournent avec un petit budget et un faible personnel enseignant, ne peuvent prétendre à honorer un cahier de charges aussi lourd. Et pourtant ceux qui ont choisi la voie de la double diplômation ne semblent pas se soucier de ce détail pas plus d’ailleurs que leurs partenaires. Certains établissements vont même plus loin en nouant des partenariats avec sept ou 8 établissements, ce qui ne fait pas du tout sérieux. «La multiplication des partenaires décrédibilise totalement l’établissement. Ce dernier subit une lourde perte à vouloir rapidement gagner en image», explique Gilles Lesca, directeur général du groupe Reso Education (Esig, Efet..). Et d’ajouter que «quantité d’universités françaises ont consenti des partenariats vides de sens uniquement à des fins lucratifs». Beaucoup font les frais de ce commerce juteux par manque d’information. Peu d’entre eux prennent la précaution de vérifier qu’ils sont effectivement inscrits sur la liste des étudiants de l’établissement partenaire.Les patrons des groupes structurés qui défendent la double diplômation en tant que canal de transfert du know how, récusent la dérive que connaît la pratique. «La stratégie de certaines écoles qui font de la double diplômation un simple fonds de commerce est hautement nuisible au secteur», déplore Azzedine Bennani, président du groupe Reso Education. Ils mettent, par ailleurs, en cause la responsabilité de l’Etat dans le développement de cette pratique. «Si les pouvoirs publics nous avaient donné la possibilité de mettre en place des licences et des masters, aucune école ne se serait aventurée dans cette voie », précise Abderrahmane Lahlou. Les opérateurs se résignent à rester dans l’illégalité, la pratique est interdite par la loi, en attendant l’accréditation par l’Etat de leurs formations. Le ministère de tutelle se limite, pour sa part, à de timides mises en garde afin de dégager sa responsabilité, ce qui ne résout aucunement le problème. «On a envoyé une copie de la circulaire qui interdit la double diplomation aux chefs d’établissements», se borne à souligner Latifa Tricha, secrétaire générale du département de l’Enseignement supérieur. Ce laxisme des pouvoirs publics s’explique par leur incapacité à trouver jusqu’à maintenant un palliatif à cette pratique à travers notamment l’accréditation des diplômes du privé.


    Le marché est le meilleur accréditant

    «Je ne suis pas intéressé par l’accréditation. Elle ne me rapporte rien ». c’est de cette manière que le président du groupe Reso Education, Azzedine Bennani, a réagi à la nouvelle de la prochaine adoption du décret sur l’accréditation des diplômes du privé. Pour lui, l’accréditation des diplômes du privé par un organisme étatique est un alignement vers le bas car cela revient à assimiler les écoles privées aux universités. «Nos écoles ne sont pas des universités et nous ne faisons pas de la recherche», affirme Bennani. Les critères d’évaluation du public et du privé ne sont pas les mêmes. Dans le deuxième cas, c’est le marché qui permet de trancher en faveur de la formation de qualité. Morad EL KHEZZARI

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