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    Entreprises

    La CGEM balaie devant sa porte

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Deux ans après le lancement des enquêtes sur la compétitivité, la CGEM a organisé une journée nationale sur le management. Objectif: élever le niveau du management dans les entreprises.


    La journée nationale de management organisée par la CGEM vendredi 11 décembre à Casablanca sous le thème «Profil du management de l'entreprise marocaine» survient deux ans après le lancement des enquêtes de «la commission de compétitivité et du progrès de l'entreprise» qui a planché sur cinq leviers: la qualité, les ressources humaines, le marketing, la technologie et le système d'information.
    La CGEM veut ainsi se donner les moyens de traduire ses ambitions en réalisations. D'abord, en diagnostiquant les forces et faiblesses de l'entreprise et les menaces et opportunités de l'environnement; ensuite, en mettant en place des instruments méthodologiques simples, applicables à tous les secteurs d'activités et toute taille d'entre-prises, et permettant d'entreprendre le processus de mise à niveau. Et c'est sous forme de chartes, mettant en exergue des «concepts novateurs» en management, selon le rapport de la commission, que ces «instru-ments» ont été rédigés (voir tableau).

    La CGEM a changé de ton et tranche avec un langage qui accusait souvent l'Administration de ne pas favoriser la bonne marche des affaires. «Nous devons être responsables et balayer devant notre porte avant de vouloir balayer devant celles des autres», a rappelé M. Abderrahim Lahjouji. «Cette fois-ci, cette journée est consacrée à la CGEM, la prochaine fois, nous la consacrerons aux autres», a martelé le patron des patrons d'un ton à la fois ferme et réconciliant. En tout cas, si la «crème de la crème» des entreprises marocaines, selon la formule consacrée par un intervenant, souffre d'un déficit des méthodes et outils managériaux, le président de la CGEM a voulu donner un signal fort aux entreprises pour provoquer le changement.
    La situation est-elle si sombre? a lancé un intervenant en fin de cette journée nationale sur le management. Car, si l'enquête n'a concerné que «la crème de la crème» des entreprises marocaines, les résultats sont bien en deçà des attentes.
    En effet, alors que la conclusion de l'enquête réalisée par la CGEM relève «le décalage entre les ambitions affichées par les dirigeants et la réalité de leur pratique managériale», certains intervenants semblaient dénoncer le gap entre des pratiques frileuses et rétrogrades et les discours avant-gardistes sur le management moderne. Quelques interventions ont du reste invité les managers et cadres dirigeants à accepter à se remettre en cause, à prendre conscience de leur style de management.
    Le débat suscité par les intervenants lors de la conférence n'a pas manqué de relever la méconnaissance de ces outils par les managers marocains, et encore, de mettre en relief un référentiel qui constitue le «background culturel» pour une grande partie des entreprises marocaines. Une anecdote significative a été racontée par un auditeur attentif: «Après avoir passé une dizaine d'années à l'étranger pour l'obtention d'un doctorat, un lauréat se présente devant un chef d'entreprise pour être recruté. Mais à sa grande déception, le patron lui a rétorqué qu'il aurait pu ajouter deux ans à sa formation et devenir gendarme». Une anecdote qui a le mérite d'illustrer un état d'esprit omniprésent.

    La journée nationale sur le management a vu également défiler un nombre important d'interven-tions de bonne teneur.
    «L'Administration est une vielle dame», a dit M. Abderrahmane Saaidi, ministre de l'Incitation de l'Economie et de la Privatisation, comme pour s'excuser, auprès de l'assistance constituée principale-ment de chefs d'entreprise, de quelque goulot d'étranglement au niveau de l'Administration. Et d'ajouter, cette fois-ci en direction du patronat «On ne peut pas faire des mises à niveau ponctuelles, elles doivent s'inscrire dans le cadre d'une politique permanente», avant de conclure sur une note optimiste, «il faut toutefois créer une complicité entre l'Administration et le privé». Les interventions se suivaient mais ne se ressemblaient pas. Et c'est incontestablement l'intervention de M. Abdelkebir Mezouar sur le thème du «management marocain à l'épreuve: permanence et changement» qui a capté l'attention de l'assistance.

    Hassan BOUCHACHIA & Radia LAHLOU


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