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Culture

JO d'AthènesL'envers du décor des podiums olympiques

Par L'Economiste | Edition N°:1833 Le 16/08/2004 | Partager

. Les grandes marques d'articles de sport sur la sellette . Elles ferment les yeux sur les conditions de travail chez leurs sous-traitants. Résultats d'une enquête explosive d'un collectif d'ONGUn réseau d'organisations internationales, dont Oxfam(1), a choisi le moment où le monde braque ses yeux sur Athènes pour attirer l'attention sur la situation des travailleurs dans le secteur des articles de sport. Après le scandale des enfants qui travaillent pour la firme Nike, les ONG dénoncent aujourd'hui les mauvaises conditions de travail dans les usines de fabrication d'articles de sport. Tenues, ballons, chaussures de sport… l'attirail des athlètes est généralement fabriqué dans des pays comme l'Indonésie, le Pakistan, en passant par l'Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh ou la Thaïlande. Les Jeux olympiques, qui ont démarré le 13 août, sont “une aubaine pour les entreprises de sport, mais un cauchemar pour les travailleurs”, selon un collectif d'associations. En effet, alors que les firmes affûtent leurs armes marketing pour renforcer leur image de marque, des ouvriers aux quatre coins du monde, travaillent d'arrache-pied pour répondre aux exigences des donneurs d'ordre. Produire plus vite et moins cher. Telle est la hantise de ces industriels qui accélèrent la cadence à l'approche des Jeux. Les donneurs d'ordre confient la production à des sous-traitants, profitant de leur position dominante sur le marché, pour faire endosser les coûts et les risques par les échelons les plus bas de leurs chaînes d'approvisionnement. Les équipes d'acheteurs des grandes sociétés ont le pouvoir d'obliger les fournisseurs à livrer le produit “juste à temps” à un coût réduit. Un réseau d'organisations a donc décidé de réagir en lançant une campagne internationale intitulée: “Play fair at the olympics” (Jouez le jeu pour les JO). Celle-ci exige du Comité olympique, le Comité international olympique (CIO) et des sociétés comme Fila, Puma, Nike, Adidas, Lotto, Kappa, Umbro, Asics, Mizuno et bien d'autres, de jouer franc-jeu. La campagne, menée depuis quelques mois à l'échelle mondiale, se base sur les témoignages de 186 travailleurs de Bulgarie, du Cambodge, Thaïlande, Chine, Indonésie et Turquie. Neuf dirigeants d'usine et dix représentants d'entreprise de marque ont également été interrogés. L'enquête, menée entre mai 2003 et janvier 2004, a révélé des faits effarants. Précarité, bas salaires, heures supplémentaires forcées, humiliation… sont le lot quotidien des travailleurs dans ce secteur, selon les témoignages recueillis. Le Maroc, où sans doute de pareilles pratiques existent dans les usines de confection, ne figure pas parmi les six pays incriminés dans l'enquête.“Des horaires de travail d'enfer” viennent en tête des plaintes récurrentes parmi les ouvriers interrogés dans les six pays, selon les résultats de l'enquête qui regorge de témoignages et de récits recueillis directement auprès des travailleurs. Une journée de travail peut durer de 10 à 18 heures sans pause. “Je travaille comme une machine et non comme un être humain”, témoigne une employée dans une usine de confection à Bangkok.Les travailleurs d'une usine indonésienne, fournisseur d'Acics, Fila, Lotto, Puma et Nike, ont affirmé devoir travailler jusqu'à 24 heures d'affilée pendant les périodes d'exportation. Et le temps de travail s'accroît à mesure que le délai de livraison se rapproche. En cas de refus de suivre ce rythme infernal, les travailleurs disent être exposés à “des menaces de licenciement, des sanctions ou des insultes”. Conséquence: maux de tête, crampes, diarrhées, problèmes de dos, varices… sont monnaie courante parmi ces populations. Quant aux salaires, ils sont dérisoires, même en comptant les heures supplémentaires. “Nous avons besoin des heures sup, car notre salaire de base ne suffit pas à assurer tous nos frais de subsistance,” selon les termes d'un travailleur. Evidemment, des prestations prévues par la loi comme l'assurance-maladie ou les congés maladie et maternité sont souvent inexistantes. Et comme si tout cela ne suffisait pas, dans nombre d'usines, la direction n'hésite pas à recourir aux harcèlements, aux humiliations et aux injures. Toute tentative d'adhérer à un syndicat ou d'en créer est, bien entendu, sévèrement punie. Les femmes, on le devine, sont les plus touchées par ces dépassements. D'ailleurs, dans les neuf usines indonésiennes d'articles de sport, concernées par l'enquête, la proportion moyenne était de sept femmes pour un homme. Elles sont moins rémunérées sous prétexte que leurs revenus sont supplétifs à ceux de l'homme. -------------------------------------------(1) Ainsi que le réseau Clean Clothes Campaign (campagne vêtements propres) et le groupement “Global Unions”.


Des délais toujours plus courts

L'obsession des grandes firmes, avides de gain, est derrière cette surexploitation des ouvriers, souligne le rapport d'Oxfam. Plutôt que de commander de grosses quantités auprès des fournisseurs, avec les contraintes de stockage que cela induit, celles-ci préfèrent donner l'ordre de livrer les marchandises par petites quantités. Le suivi précis des achats, grâce au système du code à barres, permet au détaillant de passer commande automatiquement dès que son stick arrive à épuisement. De mensuelles, les commandes deviennent parfois hebdomadaires, réduisant sans cesse les délais de livraison. Les fournisseurs qui ne respectent pas le timing sont exposés aux amendes. Résultat: ce sont les travailleurs qui en font les frais. Et pour réduire le prix unitaire, les menaces de délocalisation sont récurrentes. Aziza EL AFFAS

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