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Economie

Investissements: «Privilégier les relais extérieurs»

Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

Politique d'investissement, réformes de l'Administration, cohérences des actions... Regard de M. Berrada sur les chantiers du nouveau gouvernement qui livre également sa vision des relais extérieurs que sont les missions diplomatiques.


- L'Economiste: Un gouverne-ment vient d'être formé. Quels sont les signaux qu'attendent les investisseurs potentiels français?
- M. Mohamed Berrada: Les mêmes que ceux attendus par les investisseurs marocains! Des déclarations et des mesures qui renforcent la confiance. Evidemment, sur le plan des finances publiques, la poursuite de la maîtrise des déficits. Nous n'avons pas les moyens pour financer un déficit comme celui exigé par le Traité de Maastricht. Ce sera au détriment de l'investissement privé et de l'emploi.
L'annonce d'un plan de réduction serait favorablement accueillie par les marchés. Quant aux dépenses, les mêmes marchés seraient heureux si ce gouvernement cherche à dépenser «mieux». Personnel-lement, à écouter les premières déclarations, je pense qu'il existe une réelle prise de conscience des réalités économiques et des contraintes financières du pays et que tout sera fait pour éviter tout dérapage.

L'Administration en question


-Et sur le plan des réformes?
- Les opérateurs économiques sont aussi impatients de voir ce gouvernement accélérer le rythme des réformes engagées. En premier lieu, au niveau de l'Administration et de ses procédures. Le premier contact de l'investisseur, c'est avec l'Administration. C'est pour cela qu'il faut veiller à ce que ses règles soient claires et transparentes pour éviter des interventions coûteuses pour tout le monde. En particulier, et c'est là un élément de notre faiblesse, il faut revoir le processus de décision. Dans un monde qui se globalise, où un concurrent nouveau peut survenir à tout moment ou à tout endroit, la capacité de survie des entreprises dépendra de la rapidité de leur réaction. L'Admi-nistration étant un partenaire permanent de l'entreprise, la rapidité de la prise de décision des admi-nistrations devient aujourd'hui un facteur de survie et de croissance des entreprises.

-Quels sont, selon les opéra-teurs français, les secteurs prioritaires pour ces réformes?
- Encore une fois, je ne fais pas de distinction entres les opérateurs marocains et étrangers. Il y a simplement une politique favorable aux investisseurs et une autre qui ne l'est pas. Quant aux secteurs priori-taires, j'ai une vision plus globale et intégrée du développement. Les opérateurs économiques sont très sensibles à la cohérence des actions du gouvernement et à la solidarité de ses membres. La France, ces jours-ci, nous a donné un exemple significatif. Quel que soit l'objectif défini par ce gouvernement, l'essentiel pour l'entrepreneur est de trouver auprès de tous les ministres et de toutes les administrations, que ce soit à l'échelle nationale ou locale, le même objectif et donc la mise en oeuvre de moyens cohérents pour l'atteindre. Une économie ou un gouvernement fonctionne comme un système où les relations entre les parties sont plus importantes que les parties. Et là le travail du Premier ministre sera fondamental, comme ce dernier l'a d'ailleurs si bien souligné dans la lettre adressée aux membres de son équipe.

-Quelles sont les actions de promotion que vous engagez pour attirer les investisseurs français au Maroc?
-Le service économique que dirige M. Rajaâ Amrani comprend trois agents de qualité qui sont là pour donner des informations, animer des débats, rédiger la page économique de notre bulletin diffusé à plus de 1.000 dirigeants d'entre-prise... Au niveau des ressources humaines, je privilégie la qualité à la quantité. Mais pour que notre action soit plus efficace, il faut qu'on soit ou qu'elle soit «une partie» du système dont j'ai parlé tout à l'heure. Les missions diplomatiques constituent les «relais» de l'action gouvernementale. Leur efficacité réside dans la capacité du système à faire circuler l'information et à communiquer. Notre matière première, c'est l'information. Je pense qu'il est essentiel, dans ce contexte de mondialisation, à ce que les réformes administratives à entreprendre -qui exigent à mon sens un choc psychologique et le moment s'y prête - doivent privilégier les relais extérieurs que sont les missions diplomatiques. En les intégrant dans le système, cela permettra de réduire les gaspillages et de créer des synergies qui en améliorent le rendement.

-Est-ce que le mécanisme de reconversion de la dette mis en place avec la France a eu un écho auprès des opérateurs français?
- Certainement, la première ligne de 600 millions de FF a été totale-ment épuisée par les investisseurs français. Le signal de départ pour une nouvelle ligne de 1,4 milliard de FF vient d'être donné (1). Un premier appel d'offres de 700 millions de FF a été lancé. Comme vous le savez, tous les secteurs sont éligibles à cette opération à condition que l'offre porte sur un investissement en capital. L'appel d'offres est ouvert à toute entreprise, à condition qu'elle soit européenne. Vous trouverez tous les renseignements dans une note circulaire diffusée par le Ministère des Finances fin janvier dernier.

Centre culturel


- L'Année du Maroc en France est à nos portes. Que préparez-vous pour cette manifestation d'envergure?
- La préparation de cette manifestation a été confiée à MM. Ahmed Snoussi et Tajeddine Baddou. Le programme est bien avancé, les projets sont nombreux et concernent divers domaines: l'art, la musique, le théâtre, la peinture... Une caravane du partenariat économique est prévue pour sillonner les villes françaises. Nous ferons tout pour que ces manifestations, qui débuteront en novembre prochain, permettent de communiquer aux millions de Français nos valeurs et notre culture. Mais il serait souhaitable aussi de capitaliser les efforts d'investis-sements matériels et humains effectués au cours de la préparation de l'Année du Maroc pour en étaler les bénéfices sur la longue période.

-Que voulez-vous dire exactement?
- Le Maroc, comme vous le savez, n'a pas de centre culturel à Paris, contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne, l'Algérie ou la Tunisie. Et pourtant, nous avons deux éléments de force: la présence de la deuxième plus grande communauté étrangère (800.000 personnes) et un patrimoine culturel parmi les plus riches de la région. Je pense que cette lacune culturelle a pesé sur notre stratégie extérieure. Les Marocains des 2ème et 3ème générations sont avides de leur culture d'origine et les Français veulent également la découvrir. Ce que je souhaite, c'est de profiter de l'Année du Maroc en France pour créer un centre culturel, qui serait susceptible d'étaler sur le long terme les dividendes de l'investissement lié à sa préparation.

Propos recueillis
par Mohamed CHAOUI

(1) Cf L'Economiste du 26 mars 1998 (Rubrique De Bonnes Sources).


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