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Les besoins fondamentaux d'abord, moins d'Etat ensuite

Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

Le modèle allemand pourrait constituer une piste à explorer en matière d'épargne-logement. M. Heinz Wilderer(1), président de la Fédération Européenne d'Epargne et de Crédit pour le Logement, FEECL, en dévoile quelques atouts.


- L'Economiste: Les programmes sociaux dans les pays de l'Europe de l'Ouest sont en perte de vitesse. Quelle leçon peut-on retenir pour un pays comme le Maroc?
- Heinz Wilderer: Je tiens à apporter quelques précisions. L'Etat ne peut commencer graduellement à se retirer qu'à partir du moment où les besoins fondamentaux en logements sont couverts. En Al-lemagne, pour pallier les besoins en logements, le lendemain de la seconde guerre mondiale, une série de programmes sociaux ont été entamés. Les besoins, il est vrai, étaient importants.
En revanche, la situation budgétaire des Lander ne pouvait permettre à ceux-ci de rester indéfiniment le seul pourvoyeur. L'épargne a commencé petit à petit à prendre la relève. La responsabilité de l'épargne repose sur chaque citoyen individuellement. C'est là
où commence le système d'épargne logement allemand. Je pourrais le préconiser à n'importe quel pays. Pour schématiser, je rappelle que l'objectif est d'arriver au logement ou habitat en propriété. Cette épargne est encouragée par un système de subventions. Celles-ci restent toutefois assez limitées. Chaque fois que l'épargnant met de côté 1.000 Marks, l'Etat en apporte 100. Il faut aussi tenir compte de paramètres culturels: le citoyen allemand consacre de 25 à 45% de son budget au financement du logement. A la limite, c'est un effort surhumain d'épargne.

Succès


- Pensez-vous que le modèle allemand soit calquable?
- Il m'est difficile de juger en ce qui concerne votre pays, bien que j'aie pu avoir quelques éléments d'ap-préciation grâce à mon séjour à Marrakech. S'agissant des autres pays européens, je pense que oui. En Europe centrale en particulier. Au lendemain de la chute du communisme, la situation était catastrophique dans des pays comme la Slovaquie ou la Pologne. Je parle en termes de parcs immobiliers et de logements. Le système d'épargne-logement allemand y a été introduit avec énormément de succès. Les Etats respectifs lui ont bien évidemment préparé le terrain en lui consacrant le cadre juridique nécessaire.

Tensions sociales


- Comment éviter, selon vous, que l'accès au logement ne génère une certaine ségrégation?
- Des disparités existeront toujours. Il s'agit d'une loi universelle. Le modèle allemand n'y échappe pas non plus. Il ne faut pas croire que nos citoyens sont tous logés dans des trois-pièces haut standing. La taille et la qualité des logements restent toujours déterminées par les ressources qui leur sont allouées. Ce qui n'est pas à l'origine de tensions sociales. C'est le fait de ne pas avoir accès du tout au logement qui peut générer des mouvements d'insatisfaction. Reste la question des classes qui n'auront pas accès au logement du tout. C'est là où commence le logement social dans le cadre de programmes initiés par l'Etat.

- Pour répondre aux critères de Maastricht, des pays européens ont dû se soumettre à des mesures de restriction budgétaires. Quel a été l'impact sur les politiques de logement dans ces pays?
- Je pense que les critères de convergence n'ont pas eu d'effets délétères sur l'accès au logement. Pour preuve, les taux d'habitat en propriété sont aujourd'hui plus élevés dans les autres pays qu'en Allemagne.

Propos recueillis par Mohamed Benabid

(1) M. Wilderer était présent à Marrakech, du 11 au 13 mars derniers, à l'occasion d'un congrès sur le logement oragnisé conjointement avec le CIH.


Le Maroc au FEECL


LA Fédération Européenne d'Epargne et de Crédit pour le Logement est une association d'établissements de crédit et d'institutions qui soutiennent et encouragent le financement des logements à utilisation personnelle. La Fédération regroupe des organismes tant publics que privés. Le siège se trouve à Bruxelles. Elle compte des membres participants et des membres correspondants. La Maroc a formulé à travers le CIH une demande d'adhésion en tant que membre correspondant. Avant Marrakech, la FEECL avait organisé son dernier congrès, le 11ème, à Istambul le 24 octobre 1994.

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