×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Internet: Les providers résistent à l'ONPT

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Les providers montent au créneau. Ils craignent pour leur survie face à la décision de l'ONPT (unique fournisseur) de supprimer le numéro national.


    PLUS que 15 jours avant le jour J pour les providers. Dès le 4 janvier prochain, l'ONPT supprimera le numéro national aux sociétés de commercialisation des services d'Internet (SCSI). Il s'agit du numéro de téléphone à six chiffres affecté à chaque provider autorisant tout utilisateur, quel que soit son lieu de résidence, de se connecter au réseau contre un tarif unique.
    L'Office avait annoncé cette suppression il y a 6 mois déjà en contrepartie d'une baisse du coût de redevance. Pour lui, cette décision est un moyen de décentraliser l'Internet et de le développer hors des grandes villes.
    Les providers ne l'entendent pas de cette oreille. La suppression du numéro national est doublement pénalisante. D'une part, les utilisateurs d'Internet dans les petites villes seront pénalisés par l'absence de providers. D'autre part, les SCSI ne pourront plus opérer dans d'autres villes que celles où elles sont déjà installées. En effet, le lourd investissement (1,5 million de DH) auquel s'ajoute le montant de la redevance (240.000 DH/an) les découragera.
    Les providers craignent que cette suppression n'ouvre les portes à un groupe puissant pour s'installer à travers tout le Maroc et détenir ainsi un monopole de fait. Simple fait de hasard ou coïncidence: alors que l'Office annonçait sa décision, une banque de la place (Crédit du Maroc) s'est associée avec un provider (Atlas Net) pour commercialiser la connexion.

    Face à l'échéance du 4 janvier, les providers montent au créneau. Ils viennent de créer une association pour défendre les intérêts de la profession. «Nous subissons les décisions de l'ONPT puisqu'il est notre seul fournisseur», souligne M. Chakib Lahrichi, président de l'Association de l'Internet. «Loin de développer l'Internet, cette suppression menace la survie de certains providers», tient-il à préciser. Du reste, ajoute M. Lahrichi en substance, les numéros national et local ne sont pas contradictoires. Ils peuvent parfaitement coexister ou être souscrits séparément par les providers intéressés.
    En réalité, c'est la relation même entre providers et l'ONPT qui demeure mal définie. L'ONPT, qui dit déléguer la commercia-lisation de l'Internet aux SCSI, s'estime en droit d'exiger les noms et adresses et e mail de leurs abonnés. «C'est une interprétation propre à l'ONPT. Nous sommes des clients de l'Office et non ses administrés», s'indigne M. Lahrichi.
    Les providers se positionnent donc en sociétés commerciales dont le fournisseur est l'ONPT. En conséquence, ils doivent préserver l'intimité de leurs clients (abonnés). «En outre, les exigences administratives et techniques de l'Office restent non conformes aux règles d'éthique. On ne peut nous deman-der de prendre en filature nos abonnés».
    Pour l'ONPT, cette liste des abonnés servirait à chiffrer le marché en vue de préparer le développement du réseau.

    Aujourd'hui, les 30 providers opérant sur le Maroc se partagent quelque 3.500 abonnés. Après plus d'une année d'exercice, ce chiffre est en dessous des prévisions, de l'avis de tous les intervenants. Le coût élevé pour l'utilisateur final explique en grande partie ce manque d'intérêt, estiment les providers. Il est aussi imputé à l'absence de campagne de sensibilisation des enjeux de l'outil.
    A ce niveau, l'Association a défini 10 priorités pour le développement de l'Internet. En premier lieu, il s'agit «d'affirmer la volonté politique pour bâtir une société d'information et lancer une campagne de sensibilisation.»
    Pour préparer les futures générations, l'Association préconise de renforcer le programme de formation des réseaux informatiques avec le principe: un étudiant=une adresse e-mail. Elle est aussi pour la multiplication des points d'accès publics à l'Internet. L'Association propose également d'aider les entreprises à profiter de l'Internet en redéployant une partie des fonds de la Formation Professionnelle vers les formations au réseau des réseaux.
    Les autres recommandations concernent aussi bien le développement de l'équipement, la protection du consommateur et de la propriété intellectuelle que la suppression des incertitudes juridiques.

    Badra BERRISSOULE

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc