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    Enquête

    Industrie-formation: L'OFPPT s'accroche, l'université traîne le pas

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    Pour éviter la "production" de chômeurs d'un côté et un déficit d'une main-d'oeuvre adaptée aux besoins d'autre part, le partenariat entre l'industrie et les sphères de la formation s'impose. L'OFPPT a déjà initié plusieurs opérations de partenariat, mais un retard est constaté au niveau de l'université.

    Entre l'entreprise et les organismes de formation, un partenariat devient indispensable pour sortir du dilemme de l'emploi. C'est une évidence que reconnaissent tous les opérateurs. Mais dans le fait, le partenariat demeure difficile à conclure. L'objet de la journée de réflexion organisée par le CNJA le 25 avril dernier était de réunir le secteur privé et les opérateurs en matière d'enseignement et de formation pour se pencher sur la question.
    Le nouveau contexte de l'internationalisation du commerce impose à l'entreprise de suivre l'évolution de la technologie et de veiller sur sa compétitivité.
    "L'entreprise moderne, innovante et réactive est celle qui s'investit de manière permanente dans la formation de ses hommes, en devenant elle-même un centre de formation et en tissant des relations avec les centres et instituts spécialisés", note M. Abdellatif Laraki, président de session du CNJA.
    M. Laraki a appelé les opérateurs économiques et les responsables de l'enseignement et de la formation professionnelle à étudier les moyens pour mettre en place des passerelles "indispensables" entre l'entreprise, l'université et la formation professionnelle.
    "N'attendons pas l'Etat, dont on connaît les procédures, les contraintes et les délais, pour mettre en place les structures et le cadre légal nécessaires à un réel partenariat entre les entreprises, l'université et les centres de formation", ajoute-t-il.

    Formation contractuelle

    De son côté, l'OFPPT, qui a déjà une expérience dans le domaine, mène une stratégie pour renforcer le partenariat avec les industriels. La formation contractuelle est initiée et mise en place conjointement par l'OFPPT et une association ou une entreprise.
    Dans ce cadre, plusieurs opérations ont vu le jour. En collaboration avec les professionnels du textile, l'office a pu définir un programme de formation qui correspond aux besoins de la profession. En effet, l'AMITH (Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement) s'est montrée très dynamique quant à l'expression de ses besoins et la participation au comité de suivi des établissements sectoriels.
    Par ailleurs, l'OFPPT, et conjointement avec l'association des minotiers, a mis en place un centre de formation de gestionnaires de moulins. L'association des minotiers a pour rôle de financer le projet. L'OFPPT apporte, quant à lui, une assistance technique et pédagogique.
    L'effectif des stagiaires admis dans le cadre de la formation contractuelle s'élève à plus de 7.000, soit 16% des effectifs en formation.
    Cette formation contractuelle concerne, durant l'année 1995, près de 34% de l'ensemble des filières de formation, et elle fait l'objet de partenariat avec plus de 12 groupements et associations professionnelles.

    Taux d'insertion: 100%

    Outre la formation contractuelle, l'Office de la formation professionnelle a lancé en partenariat avec l'organisme allemand GTZ et la FIMME (Fédération des Industries Métalliques, Métallurgiques et Electriques) une opération de formation duale.
    Celle-ci a pour objectif d'intégrer les stagiaires directement au sein des entreprises qui bénéficient en parallèle d'une formation théorique au sein du centre de formation, CIE (Centre Inter-Entreprise).
    Les résultats escomptés par cette méthode sont encourageants: 100% des stagiaires de la première promotion ont été embauchés.
    Au niveau du partenariat universitaire, l'industrie pharmaceutique a élaboré avec la Faculté de Médecine et de Pharmacie un programme de formation de visiteurs médicaux. Ce programme est destiné aux licenciés en biologie et en physique-chimie. Il a permis, au total, une formation-insertion de 1.000 universitaires.

    Toutefois, les difficultés posées par le partenariat entreprise-établissement de formation résident dans le fait que les entreprises se disent rapidement saturées, est-il noté.
    L'insuffisance de la démarche de l'entreprise pour définir ses besoins en formation figure aussi parmi les facteurs limitatifs du partenariat. La raison avancée est que l'entreprise n'intègre pas l'élément humain dans sa stratégie globale.
    Par ailleurs, il est relevé que les industriels ne perçoivent pas encore les avantages qu'ils pourraient retirer d'une collaboration ou d'un partenariat avec le domaine de l'enseignement.
    Enfin, les unités de recherche existant actuellement au Maroc, rattachées à des établissements universitaires ou à des écoles d'ingénieurs, souffrent d'une absence de coordination, souligne un intervenant. Souvent, ajoute-t-il, elles sont plus en rapport avec des centres de recherche étrangers qu'avec des unités similaires nationales.

    Hicham RAÏQ.

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