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    Industrie du vêtement : Prix de revient: L'étau se resserre

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager


    L'Institut des Métiers du Vêtement (OFPPT) a organisé, en collaboration avec le centre spécialisé de la mode du Québec, une série de séminaires à l'intention des agents de méthode des entreprises du vêtement. Animés par M. Michel Beaudet, expert canadien, les séminaires ont porté sur le prix de revient industriel, le juste à temps et la fabrication modulaire et la gestion de la qualité. Le premier séminaire devait permettre aux participants de se familiariser avec les principes de base de la mesure des temps et l'analyse des méthodes.



    La dure loi de la compétitivité commande de traquer les coûts inutiles là où ils se trouvent. On les cherchera dans les moindres détails, c'est-à-dire, en ce qui concerne l'industrie, jusqu'aux gestes effectués de manière répétitive par la main-d'oeuvre directe. Placer un col de chemise, coudre une manche ou placer une fermeture à glissière sont des opérations simples, paraît-il, mais de la plus grande importance car elles consomment du temps et, cela on le sait, le temps c'est de l'argent.
    Comment donc arriver à maîtriser le temps et pouvoir ainsi maîtriser les coûts? Simple, le temps cela se chronomètre et c'est bien de chronométrage qu'il s'agit. Or, ce n'est que le principe général. Pour pouvoir le mettre en pratique, une entreprise qui produit des vêtements (c'est vrai aussi pour les autres types d'industries) doit s'organiser en mettant en place les structures adéquates. Et pour commencer, instituer la fonction méthode. Le responsable de cette fonction aura la charge d'observer à la loupe tout le procédé de fabrication pour déceler les gestes inutiles et, partant, ne retenir que le strict nécessaire. Il devra ainsi identifier les éléments pertinents à l'établissement du prix de revient industriel et effectuer l'analyse des renseignements reliés aux rapports des coûts ainsi que des orientations pour la prise de décision. Il y va de la productivité de la main-d'oeuvre car il existe une différence nette entre les heures travaillées et les heures produites. Le rapport des premières aux deuxièmes mesure justement cette productivité qui devient actuellement un objectif stratégique pour les entreprises.

    La loi de la rentabilité

    Si techniquement une chemise exige une heure pour sa confection, et si l'heure de travail est payée 8 DH par exemple, son prix de revient industriel sera de 8 DH. Or, si on lui consacre plus de temps, disons une heure et demie, son prix de revient montera à 12 DH (8DH + 4 DH). L'industriel aura alors une chemise qui coûte plus qu'elle ne devrait, étant donné la technologie employée. Le produit arrivera sur le marché avec déjà le handicap de son prix élevé. Si l'on considère maintenant que le marché retient les prix des produits les plus compétitifs comme référence, l'entreprise aura certainement des problèmes pour convaincre. Ceci veut dire qu'elle doit veiller à la maîtrise de ses coûts, d'autant plus que quand il s'agit de sous-traitance, le donneur d'ordre ayant déjà lui-même des contraintes de marché impose un prix dès le départ. Aussi l'industriel doit-il concevoir le prix de revient, non pas comme une simple résultante de l'ensemble de ses charges, mais comme une contrainte avec laquelle il doit compter.
    Considérons une usine de vêtements qui emploie 40 ouvriers au taux horaire de 10 DH l'heure. Supposons qu'une unité du produit nécessite 20 mn de travail. Les ouvriers travaillent 48 heures par semaine, soit 115.200 minutes travaillées avec un coût de 0,166 DH/mn. La masse salariale est donc de 19.200 DH. Supposons également que la production a été de 5.000 unités, ce qui donnera 100.000 minutes produites. Or, puisque l'industriel charge son client des heures produites et non des heures travaillées, il ne retiendra que les premières pour le calcul de son prix de revient, soit 0,192 DH/min. Ainsi, le coût de l'heure produite dépasse celui de l'heure travaillée. Bien que le temps travaillé soit en fait supérieur à 20 mn, c'est le temps réel consacré à la production qui doit être pris en considération.
    Au Maroc, il a été constaté durant le séminaire que les entreprises qui opèrent dans le secteur du textile ne sont pas toutes outillées pour élaborer des études de rentabilité en général et de mesure du temps en particulier. La raison invoquée pour cela est la faiblesse de l'encadrement dans les entreprises, en majorité des PMI, de ce secteur. Quoi qu'il en soit, les entreprises marocaines ne peuvent plus ignorer aujourd'hui que la maîtrise du prix de revient est la condition première pour être compétitives.

    Hakim.ARIF.

    L'exemple du taxi


    Pour mieux illustrer la relation qui existe entre le temps et le coût, on peut prendre l'exemple du taxi. Le taximètre fonctionne suivant deux paramètres, l'un étant la distance et l'autre le temps à l'arrêt. Si le taxi poursuit sa course sans marquer le moindre arrêt, le prix à payer devrait en principe correspondre à un certain prix théorique relatif au trajet entre un point A et un point B. Ce prix demeure inchangé quelle que soit la vitesse. Par contre, le taxi étant obligé de s'arrêter de temps en temps, soit aux feux rouges, soit pour prendre un autre passager, le taximètre passe du marquage par la distance au marquage par minute. Chaque minute "arrêtée" coûtera au passager 0,20 DH de plus, ce qui va augmenter le prix du kilomètre. Par conséquent, on s'éloigne du prix théorique, ce qui constitue un coût supplémentaire que devra supporter le client et non pas le taxi. C'est seulement à ce niveau que se situe la différence avec l'industrie puisque finalement c'est l'industriel qui supportera les surcoûts dans la mesure où le prix est déjà limité, soit par la concurrence, soit par son donneur d'ordre.

    H.A.

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