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Economie

Incendies, risques naturels: la poudrière de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:3124 Le 08/10/2009 | Partager

. Les ports et les zones industrielles… les sites à risques. Là se trouvent des dépôts d’hydrocarbures, de gaz, etc.. Tremblements de terre, feux, inondations… les autres dangersUne épée de Damoclès pèse sur la capitale économique et sa région! Un risque qui met sur le qui-vive tous les agents de la Protection civile, communément appelés pompiers. Car la catastrophe, quelle qu’elle soit, ne prévient pas. Et les zones à risques sont multiples à Casablanca, où se concentre l’essentiel de l’activité économique du pays et une importante population. Mais il y a des dangers que l’on peut prévenir, notamment les accidents industriels, incendies et autres… Une prévention qui nécessite un dispositif matériel et humain important. Selon la Protection civile de Casablanca (cartographies et statistiques dévoilées lors du 1er salon ProtExpo fin septembre), l’essentiel du risque est concentré sur les deux ports de la région (Casa Port et le port de Mohammedia) et les zones industrielles, sur une superficie de 10,6 millions de m2. Plus de 7.000 unités industrielles y sont recensées. C’est dans cette zone également que l’on retrouve les dépôts d’hydrocarbures, de réserve GPL, pipeline et gazoduc (voir carte), d’une capacité de stockage de 3 millions de m3. C’est pourquoi 3.482 bouches et poteaux d’incendie sont répartis entre Sidi Belyout, Roches Noires, Ain Sebaâ, Maârif, Anfa, Hay Hassani, Al Fida…Les sites touristiques accueillant plus de 1 million de visiteurs par an sont particulièrement surveillés. Il s’agit de la mosquée Hassan II, les tours jumelles des Twin Center, la Place Mohammed V et des Habous. Cette attention particulière porte aussi sur les abattoirs, les souks traditionnels, le marché de gros, les kissariats, les hypermarchés et grands centres commerciaux. La circulation routière, sur 2.603 km de voies (autoroute urbaine, nationale et échangeurs et routes urbaines et rurales), les 157 km de rails dont 43 urbains et 11 gares, l’aéroport Mohammed V (80 ha pour un trafic de 70.000 vols/an, 16,4 millions de passagers et 150.000 tonnes de fret) sont également codifiés parmi les sites à surveiller. Mais le gros du danger pourrait venir de toutes ces lignes à haute et à très haute tension au-dessus de nos têtes. Certains n’hésitent pas à parler de poudrière, tant le danger est partout présent.Les risques naturels donc latents sont légion. Parmi les plus fréquents, les feux de forêts sont considérés comme «un risque spécifique grave, vu le nombre insignifiant des départs de feux enregistrés chaque année, 5 feux de forêt signalé en 2008». L’espace forestier de la région couvre 4.415 ha: Dar Bouazza (200 ha), Oued Maleh (340 ha), Oued Nfifikh (540 ha), commune de Chellalate (235 ha), commune de Mejjatia (1.500 ha). Suivent les inondations dont le risque est également grand. Il concerne 14 zones dont une forte concentration dans la zone industrielle et portuaire de la région. Le risque dit lié à l’eau (tsunami) est sérieusement pris en compte. Le dernier en date remonte au 18e siècle, suite à un tremblement de terre à Lisbonne (Portugal). Le risque sismique concerne l’ensemble de la région classé moyen, aggravé par «l’implantation d’habitations menaçant ruine ou insalubres, notamment l’ancienne Médina, Derb Ghallef, Bourgogne, Hay Boujdour. A cela s’ajoute le non-respect du règlement parasismique par les nouvelles constructions. Sur les 6.000 pompiers que compte le Royaume, Casablanca est dotée de 501 officiers, sous-officiers, hommes de troupe, agents civils et médecins (au nombre de 7). Le tout sous les ordres du commandant Abdelilah Cherkaoui et qui veille sur les 3.625.827 habitants de la région, répartis sur un territoire d’une superficie de 1.199 km2. Toutefois, à l’instar de nombreux citoyens marocains, très peu de Casablancais connaissent le contenu de leur mission, fixée par le ministère de l’Intérieur. Secours du citoyen, extinction des feux et maîtrise des inondations, surveillance des regroupements publics, risques sismiques, chimiques et radiologiques, sauvetage nautique… la liste est longue. Aussi, dès lors qu’une mission de protection n’échoit pas à un des corps publics légalement constitués, elle revient par défaut à ces «hommes à tout faire», comme aiment à les qualifier certains. A Casablanca, les PC de la Protection civile sont connectés aux 9 préfectures et aux 2 provinces de la région. Selon le commandant Cherkaoui, leurs actions sont coordonnées en fonction de l’importance du sinistre, de la densité de la population qui varie d’un quartier à un autre. Au niveau de la région, celle-ci s’élève à 3.023 habitants au km2. Pour le quartier Mers Sultan, de loin le plus peuplé, elle y est de 40.841 habitants au km2.Toujours selon le commandement de la Protection civile du Grand Casablanca, l’urgence des besoins porte sur la construction de secours déjà retenus dans le cadre du schéma départemental et de couverture des risques (SDACR). L’acquisition de nouveaux moyens d’intervention spécifiques aux risques ou encore la création d’une salle opérationnelle régionale pour la gestion des crises et de catastrophes, entre autres, figureraient au cahier des doléances des pompiers de Casablanca.Face aux dangers et aux risques liés à l’incendie – près de 2.188 départs de feu en 2008- les pompiers casablancais sont également confrontés au manque de coordination entre les acteurs de la gestion du risque, à l’insuffisance de normes de sécurité dans les différentes unités industrielles et au manque de coopération et de coordination avec les partenaires socioéconomiques dans le domaine de la sécurité. L’absence des plans d’opérations internes et de procédures d’urgence au niveau de la majorité des établissements à risques est également déplorée.


Renforcer les moyens

Les pompiers casablancais s’appuient sur 101 engins dont 35 pour la lutte contre l’incendie et 30 pour les secours aux personnes. Ces moyens matériels sont dispatchés à travers 9 commandements préfectoraux de la Protection civile, 6 centres et 1 poste de secours de la Protection civile. Une répartition qui leur donnerait des délais d’intervention compris entre 5 minutes au minimum et 55 minutes au maximum avec un délai moyen de 25 à 30 minutes. Mais, une récente étude commanditée par les services de la Protection civile de Casablanca avait fait dire au prédécesseur du commandant Cherkaoui que «pour se rapprocher des normes internationales en matière de délais d’intervention, il va falloir construire et répartir sur l’ensemble du périmètre casablancais 16 autres centres de secours principaux». C’est-à-dire, le double. Sommes-nous alors exposés à plus de danger qu’il n’y paraît? «Il ne faut pas être alarmiste», affirme le commandant Cherkaoui pour qui, «la situation reste bien maîtrisée, exception faite du risque imprévisible». N’empêche que les chiffres sont têtus: l’on compte un agent de la Protection civile pour 7.238 habitants, une ambulance pour 120.861 et un camion de secours pour un rayon de 34,26 km2. Par ailleurs, selon les normes internationales, le délai entre l’appel aux secours et leur arrivée ne doit pas dépasser dix minutes. Dans certains pays de l’Union européenne, ce délai est ramené à sept minutes.Bachir THIAM

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